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Kensington square

Vincent Delerm
tôt Ou tard / Warner - 6 avril 2004

Pour donner une suite à un premier album éponyme - toujours agréable à écouter en faisant des miettes de savane sur un canapé en velours - et à un dvd live enthousiasmant - Un soir boulevard Voltaire -, Vincent Delerm fait paraître aujourd’hui son deuxième opus enregistré au studio Gang à Paris avec Cyrille Wambergue aux arrangements et à la réalisation, voilà…
Si Les filles de 1973 ont trente ans, Vincent Delerm - né à Evreux le 31 août 1976 - est entré cet été dans sa 29ème année. Comme toutes les personnes qui approchent de la trentaine, il est donc toujours un peu nostalgique de ses années collège/lycée/fac et cela transparaît dans ses textes, c’est normal… mais un peu convenu. Fan de The Divine Comedy, The Cure et Michel Berger (!) à cette époque là, Delerm fils n’oublie pas de porter un regard amusé - et souvent amusant - sur sa jeunesse, heureusement !
Dans ses nouvelles chansons, le jeune songwriter made in France continue à raconter dans le détail ses histoires entre rires et larmes, avec une voix parfois discutable. Il n’a toujours pas pris de cours de chant avec Armande Altaï, tant mieux. Bien sûr, on grince bien un peu des dents devant cette redite maladroite : la voix à la Brigitte Bardot/grand-père Simpsons (Les filles de 1973… , Natation synchronisée) et les musiques « piano bar » peu inspirées (Quatrième de couverture, Evreux)… Le « problème », c’est que l’auteur des excellents Fanny Ardant et moi, Châtenay Malabry et Tes parents a également écrit des chansons marquantes portées par des arrangements désuets… et parfaits (Kensington square). On tombe d’abord sur Le baiser Modiano, une admirable ballade au piano qui rappelle quelques souvenirs d’escapades amoureuses à Paris. Juste après, on reste bouche bée devant le trio Delerm/Dominique A/Keren Ann sur Veruca Salt et Frank Black ; 1 minute et 53 secondes bouleversantes qui tirent des larmes à chaque écoute et se terminent par de déchirants La la la la la la la la susurrés en chœur… On en vient presque à se demander si ce jeune homme n'écrit pas mieux pour les autres ! Un album de Vincent Delerm sans un duo avec Irène Jacob, n’en est pas vraiment un ; comme Cosmopolitan, Deutsche Grammophon séduit par son côté décalé et ses deux voix qui s’accordent parfaitement dans l’approximatif, bon.
Au final, avec de vrais morceaux de Vincent Delerm (et de nous tous) dedans, Kensington Square est une preuve supplémentaire d’un talent à part pour composer (pour lui-même et ses invités) des chansons qui resteront.

A lire également : un entretien avec Vincent Delerm, et un compte-rendu du concert du 24 avril 2003 au Printemps de Bourges, voilà.


www.vincentdelerm.com
www.totoutard.com


chronique publiée le 05/04/2004


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