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Uh Huh Her

PJ Harvey
Island Records / Universal - 1er juin 2004

Tout le monde la connaît mais personne ne sait qui elle est. Polly, née un 9 octobre (comme John Lennon), est à l’image de son signe astrologique. Insaisissable.
Les puissants ont cru la domestiquer en attribuant un Mercury Prize à l’apaisé Stories From The City, Stories From The Sea, mais c’était sans compter sur l’agilité de l’anglaise... Insaisissable, j’vous dis !

De son cottage du Dorset, la diva du rock met tout le monde d’accord avec ce message d’amour et de haine enregistré sur 8 pistes, qu’on pourrait résumer à une claque suivie d’une caresse. A côté, la musique des White Stripes paraît si juvénile ! Pourtant, elle n’est pas maman (No Child of Mine), juste une enfant sauvage qui refuse de grandir (The Pocket Knife). Et qui préfère s’amuser avec ses fidèles amis et musiciens Rob Ellis et Head.

Bien sûr, il faut lire entre les lignes, et les paroles de Uh Huh Her ne sont pas autobiographiques. La belle, en tout cas, s’en défend, même si l’on croit trouver ici ou là des allusions à Nick Cave et Vincent Gallo (l’instrumental The End est dédicacé à ce dernier). Seul le décès de sa grand-mère Mary Jane l’an dernier semble marquer l’œuvre de cette amoureuse du blues (It’s You). Et qu’on n’essaye pas de l’attraper, ou de la dompter. Presque scorpion, qui s’y frotte s’y pique (Who The Fuck?) !

PJ Harvey a la foi, cela se sent. En elle et en la vie, malgré ses désillusions (The Desperate Kingdom of Love, The Darker Days of Me & Him). Si elle regrette d’avoir trop aimé (Shame), rien ne peut remplacer pour la femme fatale qu’elle incarne, les moments passés à deux (The Slow Drug) et le sentiment amoureux (Cat on the Wall).

Uh Huh Her n’est pas un album facile. S’articulant autour de l’imparable premier single The Letter, à la beauté farouche, le septième opus de la brune ténébreuse mêle pensées troubles et rage contenue. Il s’appréhende comme un film de David Lynch ou Stanley Kubrick. Libre et adulte.


www.pjharvey.net


chronique publiée le 02/06/2004


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