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Sonic Nurse

Sonic Youth
Geffen - 2004

Le problème avec les groupes mythiques, c’est qu’on est toujours un peu fébriles quand un nouvel album arrive. On ne veut surtout pas être déçus et pourtant on ne se fait guère d’illusions : les riches années sont bel et bien derrière nous. Pour Sonic Youth, c’est un peu différent. Depuis Murray Street en 2002, on est rassuré : les new-yorkais ne sont certes plus aussi radicaux qu’auparavant mais ils sont tout aussi intègres. Le glissement est faible : les déflagrations soniques sont juste plus audibles, les larsens sont juste plus clairs.

Dès le premier titre, Pattern Recognition, on comprend que même après une première maternité, Kim Gordon préfère toujours l’urgence à l’assurance. Le climat est sombre, la voix est faussement hurlante et tout ça se finit dans un déluge de décibels dissonants. Comme à la grande époque. Mais le plus franc emportement de la new-yorkaise est sans nul doute ce Kim Gordon and the Arthur Doyle hand cream qui offre 4 secondes de comptine avant 4 minutes de défoulement rock. Du lourd.

Sonic Youth n’aime définitivement pas la compromission. Les titres sont ici à géométrie variable, dépassant à l’occasion les 7 minutes. L’expérimentation reste de mise sans que l’aspect mélodique soit délaissé. C’est ainsi que l’on découvre des petits bijoux de compositions apparaître ici ou là. A l’image du refrain de l’envoûtant I Love Golden BlueKim Gordon ose la tendresse et la fragilité au milieu des larsens. Sonic Youth, au fond, c’est un peu comme une edelweiss. La grâce y pousse même en milieu hostile, en plein mur du son.

Si Kim Gordon est en grande forme sur cet album, il ne faudrait pas pour autant oublier le maître d’œuvre, le grand Thurston Moore qui lui non plus n’a pas rendu son tablier de terroriste sonore. Ce Sonic Nurse est en majeure partie composé par le papy new-yorkais himself. Certains des titres devaient constituer son premier album solo. Finalement enregistrés avec le groupe, ils font une nouvelle fois l’unanimité. Du haut de sa majesté rock, Thurston doit se dire qu’après tout, on n’est jamais aussi bien qu’en famille.


www.sonicyouth.com/

chronique publiée le 29/07/2004


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