21/05/2018  |  5001 chroniques, 164 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 21/05/2018 à 11:16:14
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique festival
Festival Factory (Nuit Electro) - samedi 16 octobre

2004

Carl Craig + Château Flight + DJ Miss'Ill

Paris, Le Trabendo (Parc de la Villette) (France)
Le cadre agréable du Trabendo accueillait ce samedi soir la dernière affiche du festival Factory, dédié au jazz et à ses dérivés. Il y avait de quoi fantasmer, puisque Carl Craig était annoncé en formation live, sous le nom de « Tres Demented », énième pseudonyme – déjà utilisé en 2003 pour un maxi d’anthologie co-produit par Laurent Garnier – d’un artiste schizophrène et génial. L’affaire avait de quoi intriguer ; car était également programmée, pour son tout premier concert, la formation française Château Flight, duo composé de Gilb’r et I:Cube

Chargée de (p)réparer les consciences, Miss’Ill dégainait les galettes devant un public détendu : reggae, ragga, dub, hip hop, breaks… Une sélection éclectique mixée avec talent et entrain. Malgré son jeune âge, ce DJ (le terme djette me semblant trop réducteur) possède une solide culture musicale. Doublée d’une technique somme toute très correcte… Bref, un warm-up tout à fait sympathique.

Vers 21h30 débarquaient enfin les deux compères du label Versatile, accompagnés pour l’occasion de… Bertrand Burgalat aux claviers et Marie Daulne (Zap Mama) au chant. Puis, un peu plus tard, des deux rappeurs de La Caution, avec qui ils ont collaboré l’espace d’un album. De sacrés guests, n’est-ce pas ? L’occasion pour nous d’écouter une version live et remixée de Camping Jazz, extrait de leur premier LP Puzzle, de découvrir des titres inédits du prochain The Meal, et de se délecter de quelques pièces d’électronique atmosphérique, superbement mises en valeur par la voix puissante de la belgo-zaïroise et le jeu délicat du boss de Tricatel. Mention spéciale aux beatboxes communicatifs de la talentueuse Marie Daulne, qui fêtait ce soir-là ses 2 x 20 ans. Happy Birthday !

Miss’Ill à nouveau dans le mix pour assurer la transition (avec un zeste d’électro, cette fois : l’incontournable Monsterbaze de Steve Bug et DJ T. pour ne pas le citer), et débarquait sur la scène l’un des maîtres de la techno de Detroit, 2ème génération, probablement son meilleur représentant : Carl Craig, alias 69, Paperclip People ou encore Innerzone Orchestra. Pas seul, lui non plus, car aidé dans sa démarche par deux batteries, un clavier et une flûte traversière. Pour un résultat surprenant… et explosif.
Loin des plages évanescentes du chef d’œuvre More Songs About Food and Revolutionary Art, des délires de Throw ou de la beauté sombre de Desire, C2 et ses compères allaient délivrer, contre toute attente, un festival de beats, jouissifs et compulsifs. On eut beau reconnaître un moment la rythmique si particulière de Throw, c’est à 60 minutes de transe vaudoue, dédiée aux esprits positifs du jazz, de la soul et de la techno, que devaient nous convier les américains. Carl Craig demandant lui-même à la foule d’accompagner ces esprits… Le flûtiste et le claviériste, très cools, en faisaient de même, nageant admirablement dans l’espace de liberté offert par la programmation.
Il faut dire que Tres Demented est une véritable machine à danser, une créature hybride héritée d’une simple équation musicale afro-américaine, qui veut que le corps soit toujours lié à l’esprit. Tels ces cris primaux, lâchés maladroitement mais salutairement par notre protagoniste…
Big Up, Mr. Craig ! Et mille mercis d’avoir laissé cette bête de studio s’exprimer.

Plus d'infos :


www.planet-e.net
www.versatilerecords.com
www.festival-ile-de-france.com

auteur : Geoff -
chronique publiée le 22/10/2004

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire