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Festival Les Inrocks - jeudi 4 novembre

2004

Franz Ferdinand, The Kills, The Zutons, The Killers

Paris, Zénith (France)
Et la bonne surprise de la soirée fût… The Zutons !!! Qui l’eût annoncé gagnant au quarté avec de si grosses machines sur-médiatisées : les lourdingues et ringards Killers (Une et six pages dans Magic en octobre), les hermétiques et claustrophobes Kills (chouchous de Libé) dont le rock inaudible au Zénith nous détruisit les tympans, pas pour la bonne cause, et les suracclamés Franz Ferdinand (par tout le monde), groupe sympathique mais juste efficace, avec des tubes repris en cœur, et de la sueur dépensée, mais un rouleau compresseur manquant singulièrement de finesse, d’originalité, et surtout de prise de risque. Je n’aime définitivement pas les groupes majoritaires, consensuels, où rien ne dépasse.

Commençons par les premiers, et les pires, les autoproclamés « nouveaux U2 » (quelle ambition, vous auriez pas pu trouver plus craignos ?) et qui ne sont que du sous-Interpol (déjà en chute libre, ceux-là). Pas grand chose à signaler dans leur soupe rock 80’s d’autoroute. Ni sur scène. Un chanteur-sosie de Paul Banks, le blanc minet d’Interpol (promis, c’est la dernière fois que j’évoque ces médiocres copieurs), en plus dark. Un batteur sûrement recalé au casting de Radio 4, un bassiste jeune barbu ridicule, et un guitariste qui se la pête grave, s’imaginant dans Led Zep avec sa guitare-étoile et sa tignasse frisée. Hop, on passe aux suivants.

Les suivants, c’étaient les fameux Zutons. De la superbe Deuxième Division Britannique, psyché-pop fin des sixties, guitare, batterie et saxophone, meilleurs que The Coral, des Dirtbombs pop acceptables. Purement de Liverpool, comme leurs plus glorieux ancêtres, les Beatles, qu’ils singent parfois sur certaines balades, leur pop est super fraîche, intelligente synthèse de northern soul, de Coral avec les champignons de Magic and Medecine et d’autres délices coupables. Un groupe de pub, sincère dans leur débauche (d’énergie), et dans leur folie tourbillonante. Le saxo est pour beaucoup dans notre enthousiasme, surtout que la petite joueuse et mimi comme tout et continue longtemps de focaliser notre attention. Un groupe instantanément populaire, immédiatement adoptés, qui nous font partager leurs délires avec bonheur.

The Kills, rien à signaler. Encore pire qu’à St-Malo, inaudible et profondément hermétique, leur rock autarcique, vrai-faux simulacre sexuel, me laisse maintenant de marbre. Même Peaches a l’air plus franc du cul.

Quant aux Franz Ferdinand, ils se contentent de surfer sur leurs lauriers de vainqueurs. Deux millions d'albums vendus, peu d'indie peuvent prétendre à la même gloire. C’est dansant, ok, mais un peu trop carré. C’est rock, ok, mais rien ne dépasse. C’est surtout millimétré, calculé, fabriqué pour plaire. Et tout le monde suit, reprend en cœur les tubes JacquelineMatinee et Darts of pleasure, et même Take me out procure moins de frissons que prévus. Les quatre de Glasgow forment un mur de guitares, chemise rose, rouge, noire, y en a pour tout les goûts, normal, ça ratisse large. Un peu l'impression d'écouter le Best Of des Dexy's Midnight Runners quand même.

Les gamins et les gamines des premiers rangs sont aux anges, moi, je me sens floué. Serais-je autant que ça à côté de la plaque ? Et The National, Sons and Daughters ou The Fiery Furnaces ? Pas assez consensuels, sans doute. Et pourquoi pas La Rumeur, en hip-hop, vrais poètes subversifs sombres au lieu des omniprésents TTC, because potes de Clouddead.

Eh oui, le festival des Inrocks reste une vitrine ma-jo-ri-taire. Ami(e)s mélomanes, continuez donc à errer du côté de Vendôme (les Rockomotives, c'est déjà fini pour 2004), de Rennes (les Transmusicales, fin novembre) et de St-Malo (la Route du Rock en août).


www.lesinrocks.com
www.franzferdinand.co.uk
www.thezutons.co.uk

auteur : Stanislas de Guillebon - stan@foutraque.com
chronique publiée le 05/11/2004

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