20/11/2019  |  5268 chroniques, 170 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 19/11/2019 à 15:31:33
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XIème Festival Internacional de Benicàssim - jeudi 4 août

2005 (Fibstart)

Dorian, Deluxe, The Posies, The Polyphonic Spree, The Tears, Underworld...

Benicàssim (Costa Azahar) (Espagne)
A l’heure où les grands festivals d’été se contentent d’aligner des grosses têtes d’affiches, sans la moindre logique, juste histoire de remplir le tiroir-caisse (au hasard le Paléo Festival en Suisse ou Les Vieilles Charrues), le FIB affirme une nouvelle fois sa singularité, en proposant une affiche cohérente et courageuse. Cohérente car les organisateurs n’ont pas oublié que le FIB à ses débuts était un petit festival, défendant vaille que vaille les musiques indépendantes, et que cet esprit continue à prévaloir 11 ans après… Courageuse, car une grande partie de la programmation de cette année n’est pas susceptible d’attirer les foules en masse (Kings of Convenience, Mouse on Mars, The Zephyrs, Four Tet…), mais elle permet à ces artistes de s’exprimer devant une audience conséquente.
Si on ajoute à cela la présence des plus belles filles de la planète (!), une hygiène quasi-irréprochable sur les campings et sur le site, ainsi qu’une ambiance générale zen et décontractée, il n’y avait pas une seule bonne raison cette année pour rater cette onzième édition !
Commençons ce compte-rendu tout naturellement par la soirée d’ouverture du jeudi soir (la Fibstart, uniquement sur la grande scène Escenario Verde), qui, de par sa diversité, nous donnait un bon aperçu de ce qui allait nous attendre les jours suivants…


Sur le site...

Dorian 20h30 Escenario Verde
Pour commencer, on peut dire sans se tromper que les barcelonais de Dorian préfèrent le rouge à toute autre couleur… En effet, et selon toute vraisemblance, ils n’enlèveraient pour rien au monde leurs ridicules «marcels» et pantalons rouges ! Les quatre écrevisses ainsi vêtues auraient l’ambition (du moins si l’on s’en réfère à la courte biographie fournie par le programme du FIB) de moderniser la musique pop, en lui définissant de nouvelles limites…rien de plus, rien de moins ! Cette année, la barre étant placée très haut, avec la venue de Yo La Tengo, Oasis et The Cure sur la grande scène, les Dorian paraissent tout petits en comparaison… De plus, le public ne s’est pas déplacé en masse, et eux-même paraissent pâtir du peu de temps qui leur est imparti… C’est pourquoi je ne m’attarde pas trop, et m’en vais d’un pas décidé boire «mon» litre de bière, le litre étant, c’est bien connu, l’unité du festival de Benicàssim…(!)


Dorian

Deluxe 21h25 Escenario Verde
Tout comme leurs camarades de Dorian, les Deluxe s’apprêtent à hisser le pavillon «sang et or» sur la grande scène, et à défendre fièrement leur pop-mélodique, influencée de toute évidence par les Smiths et Radiohead… Difficiles à cerner malgré tout, on peut dire cependant qu’ils représentent assez bien le rock espagnol actuel, celui-ci sonnant encore très 90’s (…). Ce qui est sûr, c’est que leurs compatriotes apprécient fortement, et n’hésitent pas à se lâcher... ! On se gardera cependant de dire qu’ils jouent de la «musique festive»... Dès que le leader (voix/guitare) Xoel Lopez entonne le single Que No !, le public ne cache plus son bonheur, et va boire ses paroles jusqu’aux derniers instants du concert, alimenté par les chansons du dernier album Los jóvenes mueren antes de tiempo (2005).

The Posies 22h40 Escenario Verde
On ne peut pas dire que j’attendais la prestation des Posies avec une impatience démesurée, mais c’est tout de même avec une certaine curiosité que je m’avançais vers la grande scène Escenario Verde pour le début de leur prestation. Issus de la scène «grunge» de Seattle du début des «nineties», les Posies continuent leur «bonhomme de chemin» tant bien que mal, dans une certaine indifférence des médias et du public… Et malheureusement, ce n’est pas la performance de ce soir qui va arranger les choses… Avec une absence totale de charisme, le groupe se démène dans une power-pop qui tourne à vide, qui évoquerait presque dans les pires moments un «Foo-Fighters à la ramasse»… Le «Rock’n’Roll Hall Of Fame», ce n’est pas pour demain…


The Posies

The Polyphonic Spree 0h05 Escenario Verde
Dans notre société bassement consumériste, où l’insécurité du lendemain est devenue la norme, où les utopies du mouvement «hippie» ne sont plus que douces chimères, voir une bande de joyeux «illuminés» en toges bleus à éclairs rouges croire en quelque-chose, même si on ne sais pas exactement en quoi (!), a quelque-chose de vraiment réconfortant… ! A mi-chemin entre la chorale et un groupe de pop-psychédélique, The Polyphonic Spree est le genre de concept improbable dont on aurait presque du mal à croire en l’existence ! Et pourtant, ils sont bien là, ces 23 texans les mains tendus vers le ciel, emmenés par leur «mentor/songwriter» Tim DeLaughter. L’impression de «mouvement» qui se dégage de la scène est absolument sidérante, entraînant le public dans une douce transe hypnotique dans laquelle il se complait avec bonheur. Un des grands moments du festival, sans l’ombre d’un doute.


The Polyphonic Spree

The Tears 1h40 Escenario Verde
Au FIB, certaines «règles sacrées» ne peuvent être transgressées, de peur qu’une foudre céleste s’abatte sur le festival… La première d’entre-elle, que nul organisateur n’oserait contourner, est : «Brett Anderson, chaque année tu inviteras !». Parce que franchement, une édition du FIB sans le beau Brett, c’est pas concevable… Qui pourrait faire hurler aussi bien les japonaises du premier rang ? Qui pourrait se «trémousser» de manière si suave, si languide ? J’ai beau chercher, je ne vois pas… Mais, me direz-vous, Suede n’existe plus !? So what ? Juste de temps de monter un nouveau groupe, The Tears, avec son ancien complice Bernard Butler, et hop, l’affaire est dans le sac ! Seul petit problème, 3 fois rien en fait, c’est juste que musicalement, c’est un peu le néant… On a beau chercher quelque-chose qui pourrait ressembler de près ou de loin à une chanson, on ne trouve pas… Rendez-vous l’année prochaine, même heure, même endroit, avec peut-être, qui sait, des compos plus présentables… !

Underworld 3h15 Escenario Verde
Quand les premières notes de Dark & Long retentissent aux alentours de 03h00 du mat’, un frisson de plaisir parcourt l’échine du public… Sans doute sommes nous nombreux au même moment à nous rappeler que ce titre illustre l’une des scènes emblématiques du film Trainspotting, quand Ewan McGregor en pleine crise de manque et allongé sur son lit, délire en imaginant un bébé rampant au plafond… Underworld, l’une des meilleures formations «techno» des années 90/00, le groupe qui m’a permis de poser un autre regard sur la musique électronique…enfin au FIB ! Karl Hyde et Rick Smith, accompagnés d’un 3ème acolyte (en remplacement de Darren Emerson) transforment l’Escenario Verde en «dance-floor» géant, tout en ayant l’intelligence de proposer des versions remaniées de chacun de leurs tubes. Ainsi, les sublimes Moaner, King of Snake, Two Months Off et l’incontournable Born Slippy s’offrent un “lifting live” des plus appréciables, rendant le plaisir de danser encore plus accru… Un grand moment de transe collective !

(Chronique écrite en compagnie de Brian Flysave)


www.fiberfib.com

auteur : Olivier Marin - olivier.marin@foutraque.com
chronique publiée le 19/08/2005

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