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Printemps de Bourges - mercredi 26 avril

2006

Yann Tiersen et ses invités, Calexico, Iron and Wine

Bourges (France)

du : 26 avril
au : 1er mai
C’est à Iron and Wine, Calexico, Yann Tiersen et ses invités que reviennent l’honneur de donner le premier concert du Printemps de Bourges trentième du nom. Le Palais d’Auron est quasi complet pour l’occasion, dommage que cette salle soit d’assez mauvaise qualité (le son y est souvent médiocre). Cela ne nous empêche pas d’être ravis de commencer une nouvelle semaine de concerts en territoire berruyer...



Iron and Wine :

Ce sont les excellents pensionnaires du mythique label Sub Pop, Iron And Wine, qui débutent la soirée dans un style folk, montant peu à peu en puissance vers un rock atmosphérique sur la fin du set. Le chanteur/guitariste/leader de ce groupe ne courant pas après le succès de manière effrénée est un taciturne barbu aussi économe de ses mots sur scène que prolixe quand il s’agit d’écrire des morceaux originaux, rustiques et tortueux… Sa présence massive et néanmoins discrète vaut surtout pas sa voix aussi émouvante qu’insaisissable ; notre homme peut tout aussi bien marmonner dans sa barbe, à la Bonnie Prince Billy, que chanter plus clairement. Tout dépend du contexte. Les compositions d’Iron and Wine sont en effet très différentes les unes des autres, elles peuvent être très calmes et très simples, ou renfermer une violence sourde qui éclate en fin de morceau. Ce n’est pas une musique facile, accessible immédiatement, il faut un peu de concentration pour l'appréhender correctement. Mais, après, le bonheur n’est jamais très loin. Surtout quand Joey Burns vient en ami (Calexico et Iron and Wine ont sorti récemment un joli disque commun) jouer de la guitare électrique et pousser la chansonnette. Puis les membres de Calexico rejoignent ceux d’Iron and Wine sur scène pour former un grand orchestre de folk pop rock, le temps de quelques morceaux réussis, dont un superbe éssai avec un tonitruant chanteur mexicain. Qui exécutera d’ailleurs un morceau en solo (avec guitare, harmonica et voix) aussi surprenant que bienvenu.



Calexico :

Joey Burns, John Convertino et leurs excellents musiciens finissent par se retrouver seuls sur scène pour présenter leur controversé nouveau disque, Garden ruin, que les fans de la première heure jugent trop propre, trop commercial. Des écoutes répétées et attentives permettent pourtant de constater qu’il s’agit d’un très bon disque, le concert à Bourges le prouvant encore un peu plus, s’il était besoin… Si les morceaux plus anciens (Crytal frontier, The black light etc.), qui ont fait le succès de la Tucson Touch, ont réjouit l’assistance vers la fin du spectacle, la belle série de nouvelles commpositions n’a pas eu à souffrir de la comparaison, dans l’ensemble. Car si sur ces titres, Joey Burns change un peu de registre vocal, utilise plus la distorsion sur sa guitare (comme sur le virulent Letter to Bowie Knife) et si John Convertino tape plus fort sur sa batterie, il reste des morceaux bien écrits, interprétés par des musiciens ayant une indéfectible classe. Le contrebassiste, les trompettistes et le guitariste en slide et pedal steel guitar méritent une citation particulière, pour leur apport dans l’édification de la cathédrale sonore folk rock américano mexicaine. Calexico change en restant le même… c'est-à-dire un groupe marquant sur scène et sur disque.



Yann Tiersen et ses invités :

Malgré un son trop agressif et quelques morceaux ne supportant pas le parti pris « rock bruitsite » de la tournée, Yann Tiersen, son groupe et ses invités ont délivré une prestation de nature à rassurer, après le ratage du concert à la Coopérative de Mai. Désormais rodée, la troupe sait se faire extrêmement bruyante et superbement discrète suivant la tonalité du morceau. Le chant est souvent exécuté en duo avec certains des nombreux invités (le très en forme Dominique A, pour trois titres superbes, le prometteur David Delabrosse, la jeune chanteuse Katel etc), ce qui évite à Tiersen de pousser sa voix dans ses derniers retranchements, lui permet de se concentrer sur ses multiples instruments (guitare, violon, accordéon, mini piano... ) et engendre des instants qui fôlent le magique pour le public.



Autre invité, quasi permanent lors de ce concert, quant à lui, Grégoire Simon des Têtes Raides apporte sa touche personnelle à l’aide de son saxophone baryton et de ses flûtes. Il s’intègre parfaitement au sein du groupe formé pour effectuer la tournée Les retrouvailles : le guitariste Marc Sens (le roi du solo de perceuse, de tournevis et de ballon), le batteur Ludovic Morillon, le bassiste Stéphane Bouvier (très sobres tous les deux) et l’excellente Christine Ott aux ondes Martenot. L’alternance de morceaux furieux où le groupe au complet créé un magma sonore prenant et de passages intimistes où Tiersen est seul permet d’éviter à la prestation scénique d’avoir un côté monocorde. Les interventions aériennes de Dominique A provoquant, elles, un décollage du public vers une autre dimension. Peu après, Diam’s se charge de faire retomber tout le monde les pieds sur Terre, avec un joli et corrosif pamphlet contre une certaine France, celle des nauséabonds Le Pen, Sarkozy, Chirac. Si l’on peut regretter l’absence de Liz Frazer (pourtant annoncée) et celle du génial Stuart Staples, ce concert d’ouverture du Printemps de Bourges 2006 a comporté un quota de réussites très satisfaisant…



Sites Internet : www.yanntiersen.com, www.myspace.com/yanntiersen, www.myspace.com/yannbandtour, www.casadecalexico.com, www.ironandwine.com, www.printemps-bourges.com.

Photo Steward Ravel (Yann Tiersen) et François Mellet (Calexico et Iron And Wine)


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 08/05/2006

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