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Rock In Rio Lisboa - samedi 27 mai

2006

Guns N'Roses, Living Things, Wraygunn, Pitty...

Lisbonne (Portugal)
Méga-manifestation à vocation sociale, commerciale et musicale, Rock In Rio existe depuis 1985. Créé au Brésil comme son nom originel le laisse deviner, ce festival (doté d'un budget de 25 millions d'euros) a migré vers Lisbonne depuis 2004. Il devrait d'ailleurs s'implanter également en 2008 en Espagne et se dupliquer ensuite en Australie et en Afrique du Sud...
Organisé dans l'immense parc Bela Vista (réquisitionné pendant près de deux mois), hyper-sécurisé (une présence policière digne des plus belles émeutes urbaines) et très sophistiqué (accréditations journalistes à lecture optique par exemple), le Rock In Rio était surtout attendu par les fans hardcore de Guns N' Roses. Certains étaient déjà aux abords des entrées du site, dès l'aube. Pour mémoire, Axl Rose avait annulé -au dernier moment- sa venue, pour une date unique européenne lors de l'édition 2004 du RIR, créant mécontentement et panique. Les Foo Fighters avaient alors servi de roue de secours !

Le volet social du festival :
Hormis quelques messages philanthropes diffusés entre chaque prestation sur les écrans géants de l'immense scène principale Palco Mundo (respecter, partager, éduquer...) et la présence d'un mini-stand Amnesty International, on ne devine pas au premier abord le côté humaniste du RIR.
Il faut se pencher sur les interviews de Roberto Medina, inventeur du concept RIR, pour apprendre que 660 000 dollars seront consacrés à des projets sociaux (soit environ 1/40ème du coût total des festivités) et qu'une fondation Viva Rio a été inaugurée en 2001, avec l'aval de l'Unesco.
On peut toutefois considérer que chaque festival devrait s'inspirer du RIR en terme de redistribution financière...

Le volet sponsoring du festival :
A certains moments, les allées du RIR ressemblent davantage à une quelconque foire internationale ou encore à un Disneyland, drôle et dépourvu d'agressivité commerciale. Car une différence de taille est à mettre au crédit de chaque sponsor : à force de brainstorming, chaque stand est une agréable attraction, à lui seul. Les sondages l'indiquaient d'ailleurs, 50% des spectateurs qui s'étaient déplacés venaient pour la musique et l'autre moitié pour toutes les activités proposées. Par exemple : du ludique (une descente de ski malgré une température de plus de 30°), de l'agilité (un concours d'air guitar sur un plongeoir de piscine avec en cas de défaite un rafraîchissement garanti), du courage (un filin métallique surplombait le Palco Mundo et il était possible d'effectuer une traversée de 400 mètres suspendu dans les airs), du fantasme (se faire prendre en photo avec une femme-flic blonde et court vêtue)...

Le volet musical du festival :
Wraygunn devait essuyer les plâtres sur la colorée Hot Stage. Même si ses disques sont introuvables en son propre pays, Paulo et ses fidèles prêcheurs se donneront comme à chaque concert, face à une audience rare, avec leur blues électrique teinté de gospel (ils jouaient à 16h30). L'enfant du pays Furtado sera d'ailleurs plus loquace qu'à l'accoutumée.
Jeune formation US, The Living Things allaient casser la baraque en quelques secondes. Lookés comme des corbeaux (seules des bottines de couleur les distinguent réellement), le groupe visiblement très politisé -le majeur levé au ciel régulièrement contre W Bush- distille un rock fusionnant le Blues Explosion, AC/DC et les Ramones. Leur mentor s'avère déjà être une bête de scène et n'hésite pas à se mélanger à la foule, pour être entendu. Une révélation. Une.
Kill The Young enchaînait et ne donnait qu'une envie, prendre le large. Seul leur logo est relativement intéressant et gentiment agressif (une grand-mère maniant la hache telle une serial-killeuse).
Le Palco Mundo accueillait pendant ce temps Pitty, un combo gothique-pop brésilien ! Avec une jeune chanteuse brune et sombre (dans la lignée Evanescence) mais avec davantage de personnalité. L'ensemble n'est pas désagréable et le bassiste, à la coupe Jackson 5, assure le spectacle.
L'équivalent de Noir Désir (sur le papier malheureusement) au Portugal, Xutos & Pontapés créait ensuite quasiment le délire. Stars parmi les stars, ces quadras, au sourire figé, s'avèrent finalement pathétiques ! Du larsen, de la pédale wah-wah et du solo indigeste pendant plus d'une heure. L'horreur avait un nom ce soir-là : Xutos & Pontapés.
Toutefois, un sérieux concurrent allait prendre la suite de X&P, The Darkness : absence totale de second degré, fringues zébrées ou panthère, moule-burnes, cheveux permanentés et voix crillarde et saoûlante. Comment une telle formation peut être jugée intéressante, lorsqu'elle se prend autant au sérieux et qu'elle ne véhicule que des clichés ?

Et les Guns arrivèrent.
Ou plutôt Axl Rose et les autres.
Avec près de 45 minutes de retard, on est une star ou ne l'est pas.
D'ailleurs, les 50 000 spectateurs présents commençaient à réellement s'impatienter.
Première bonne nouvelle : Axl a laissé tomber le bermuda cycliste aux couleurs de la bannière étoilée, ainsi que les pénibles choeurs féminins.
Seconde bonne nouvelle : son penchant pour les "eltonjohneries" s'est considérablement estompé et sa voix ne tremblote plus !
Il possède désormais un timbre qui sonne juste, porte barbichette et dreadlocks et a retrouvé sa sveltesse d'antan.
Il court toujours autant sur scène (il piquera plusieurs 100 mètres durant le set) et ondule comme au bon vieux temps !
La folie s'empara de la foule avec les premiers accords de Welcome to the jungle, pour ne plus retomber.
Jouant une vingtaine de morceaux, pendant environ 2 heures, Axl glissera au passage quelques nouveaux titres intimes (extraits de l'album le plus cher de l'histoire du rock Chinese democracy et jamais publié - 15 millions de dollars), qui ne s'avèreront pas assez dynamiques et peu propices au contexte.
Moultes fumigènes exploseront - ce n'était pas fatalement utile - et chacun des musiciens (des requins de studio triés sur le volet obéissant au doigt et l'oeil d'Axl) bénéficiera de 3 minutes de gloire (on aura droit au solo de batterie, à un solo de 6 cordes héroïque, à un slap de basse...).
C'est à ces moments précis que l'on pouvait regretter l'absence des anciens... La prestation, remarquable en définitive, rappellait qu'Appetite for destruction est une véritable tuerie, intemporelle.
Compte-tenu du succès rencontré par le come-back d'Axl Rose, Slash and co vont peut-être refrapper à sa porte, plus tôt que prévu...

Playlist de Guns N'Roses :
Welcome to the jungle
So easy
Mr brownstone
Sweet child o' mine
Knockin' on heaven's door
Live and let die
nouveau titre
Ziggy stardust (joué au piano)
nouveau titre
I feel good
Rocket queen
Out ta get me
November rain
Don't cry
nouveau titre
Patience
Nightrain
Rappel :
Paradise city

Rendez-vous est déjà pris en 2008, Rock In Rio !


www.rockinrio-lisboa.sapo.pt
partenaires.aol.fr/contenu/dossiers/100041248/index.html

auteur : Samuel Charon -
chronique publiée le 03/06/2006

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