16/06/2019  |  5204 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 12/06/2019 à 15:01:49
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Primavera Sound

2006

Mogwai, Motörhead, Yo la tengo, José Gonzalez, Shellac, Dinosaur Jr, Sleater Kinney, 12Twelve, Stereolab, Lambchop, The Brian Jonestown Massacre...

Barcelone (Espagne)

du : 1er juin
au : 3 juin
Faites plus de bruit !

Apparemment, pour cette édition 2006 du Primavera Sound, les « papys » du rock s’étaient donné le mot : qui allait jouer le plus fort ? En effet, cette année, les bouchons étaient d’indispensables alliés pour les oreilles du festivalier normalement constitué. D’entrée, après un début peu passionnant (The Drones), Motörhead mettait les choses au clair : « We’re Motörhead and we play fucking rock’n’roll ». On avait bien envie de croire ce bon vieux Lemmy (surtout qu’il est assez costaud) en voyant l’armada d’amplis et en écoutant les premières mesures de leur concert au final fort réjouissant. Même si parfois cela frôlait la caricature du rock couillu (certaines poses du batteur), la sincérité de leur musique et de leur propos était agréable à écouter. De plus, la basse de Lemmy qui mitraille le public restera dans les images marquantes du festival.

La sincérité était totalement absente du court concert des mercenaires de Dinosaur Jr, qui avaient également poussé les volumes au maximum. Avec Lou Barlow et Jay Mascis distants de plusieurs mètres sur scène et ne se croisant jamais le regard, leur musique ne dégagea aucune émotion, à part sur l’enchaînement Just Like Heaven (The Cure) et Freak Scene. La nostalgie me fit rester un peu trop longtemps sur la scène Estrella Damm (non, je ne suis pas sponsorisé par cette bière !) et je ne vis malheureusement que la fin du concert des enthousiastes new-yorkaises d’ESG. Ce court moment fut pour moi un des rares du festival où je dansai de façon frénétique. Côté danse, on peut rajouter les très bons classiques disco-pop de Stereolab, Ping-Pong et Miss Modular.


The Drones

Révélations et confirmations

Côté concerts tranquilles, les bons points sont à distribuer à l’Espagnol Remate et son folk-rock, à José Gonzalez et sa façon particulière de pincer les cordes de sa guitare, puis à la pop orchestrée des Canadiens de P:ano.
Avec un nom pareil (I’m From Barcelona) et un tel tube (We’re from Barcelona), la plus grosse chorale pop du monde (29 sur scène !) se mit rapidement le public dans sa poche. En les voyant sur scène, une envie forte de monter rejoindre le collectif (et ses Suédoises !) sur les planches me traversa l'esprit, afin de chantonner à tue-tête ces hymnes naïfs et légers. Mais malheureusement, je dus partir avant la fin du concert pour aller écouter 12Twelve, auteur d’un excellent dernier album que je vous conseille (L’univers chez Acuarela). Leur musique teintée de jazz, de rock, de funk et de musique de films rappelant des poursuites dans des vieux polars était assez envoûtante à travers les sons incroyables qui sortaient de la guitare de Jaime L.Pantaleon ou de la contrebasse vrombissante.
Autre bonne surprise avec les Américains de Deerhoof emmenés par la chanteuse Satomi Matsuzaki et sa voix très japonaise. Leur pop iconoclaste à la fois barrée et légère pourrait se résumer par la rencontre de Blonde Redhead avec Pizzicato Five.
Mais la palme du barré reviendra aux Animal Collective. Leurs expérimentations collèrent bien pour terminer la soirée après avoir regardé et écouté un concert psychédélique et grandiloquent des Flaming Lips.


Remate

Mon Top 5

Yo la tengo a un nom espagnol et le public ibérique le lui rend bien : normal, après une performance aussi sonique et dense de la part des Américains, alternant chansons pop (dont Beanbag Chair, extrait du futur album qui sort en septembre), plages atmosphériques et surtout rock noisy à la Neil Young. Impressionnant à écouter mais aussi étonnamment visuel avec un Ira Kaplan se débattant avec ses nombreuses guitares.
Je ne connaissais pas bien les filles de Sleater Kinney, mais leur concert me donna l’envie de me plonger à nouveau dans leur discographie. Elles délivraient un concert tendu et énergique. Ces filles, pas forcément des plus sexy, sont pourtant belles à voir sur scène, avec leurs instruments qu’elles maîtrisent à la perfection. La dualité voix-guitares (Corin Tucker et Carrie Brownstein) est accompagnée parfaitement par la batteuse Janet L. Weiss pour donner des mélodies énergiques et accrocheuses.
Shellac était un peu la bête curieuse du festival. Voir Steve Albini sur scène ! Le producteur des chefs d’œuvre des Pixies, PJ Harvey, Breeders, Nirvana…Pas de nouvelles du combo depuis 6 ans et la sortie de 1000 hurts, je ne savais pas à quoi m’attendre. Je ne fus pas déçu du voyage. Steve Albini appela le public de l’auditorium à se lever et à se mettre devant, au plus grand malheur de la sécurité du lieu. Son parfait, guitares tranchantes, basse rugissante, grosse rythmique à coup de caisse claire, notre tête dandina d’avant en arrière de façon répétitive sur le rock abrasif et intelligent de Shellac. On eut droit, en plus du concert, à une conférence de presse improvisée avec le public.


Shellac

Toujours dans ce bel auditorium, les Américains de Lambchop donnèrent une prestation étonnamment plus énergique qu’a l’accoutumée. Autour de l’extraordinaire voix profonde du leader Kurt Wagner, 3 guitares, 1 basse, 1 batterie et 1 piano. Très heureux d’être là et sans pression, ils se lâchèrent sur certains morceaux pour se rapprocher d’un rock à la Wilco.
Pour finir notre séjour barcelonais, la prestation de Mogwai fut parfaite. On sortit de là un peu estomaqué, un peu groggy et choqué. Les musiciens habillés en survêtements verts arrivèrent sur scène avec la musique de la ligue des champions de foot (un hommage au Barça ?). Après avoir commencé en douceur avec principalement des titres de leur dernier album, Mr Beast, leur concert ne cessa de monter en puissance pour arriver à un chaos sonore appuyé par d’excellents jeux de lumière.

Au final une édition 2006 placée sous le signe de la nostalgie, plus réussie musicalement que celle de 2005.

Top 5 (et autres remises de prix) de l’équipe foutraque à Barcelone : 

Manu
Mogwai
Yo la tengo
Shellac
Animal Collective
Motörhead

Joan
Shellac
Mogwai
Dinosaur jr
Motörhead
Isobel Campbell
Mention spéciale : Flaming Lips
Coup de coeur : I'm from barcelona

Guilhem
Yo la tengo
I'm from Barcelona
Brian Jonestown Massacre
Dinosaur Jr
Shellac
Surprise du chef : Jens Lenkman
Et comme dessert : Ellen Allien + Apparat

Damien
Deerhoof
The Brian Jonestown Massacre
Animal Collective
Mogwai
Flaming Lips

(Photos de Manu et Nicovara).


www.primaverasound.com

auteur : Nicovara -
chronique publiée le 08/06/2006

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