18/08/2019  |  5222 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 16/08/2019 à 16:02:00
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique festival
Festival Les Siestes Electroniques - vendredi 30 juin

2006

Kevin Blechdom & The Spankings

Toulouse (France)

du : 30 juin
au : 9 juillet 2006

Le festival des Siestes Electroniques prend ses aises à Toulouse du 30 juin au 9 juillet 2006. Pour ce festival installé depuis 5 ans et dédié aux musiques aventureusement électroniques, les programmateurs de l’association Rotation font maintenant appel chaque année à un artiste du label Chicks On Speed. L’année dernière, ils ont accueilli Dat Politics. Cette année, c’est la fantasque Kevin Blechdom qui partage la première soirée avec The Spankings. The Spankings est un duo guitare batterie mené par le non moins célèbre Taylor Savvy, artiste signé chez la maison Kitty-Yo.

Pour ce premier concert du festival, je me retrouve à la chapelle des Carmélites, en compagnie d’une grande partie de la clique myspace locale, oui, car aujourd’hui qui n’a pas son myspace.com pour se faire plus d’amis que la normale et se sentir cool et dans le coup. Si ce festival réussi a brasser tous les publics, ce soir, le public est plutôt jeune, mais sans adolescents tout de même.

Un peu d’histoire même si ça vous gonfle : la chapelle des Carmélites est restée miraculeusement intacte au milieu des décombres du couvent des Carmélites qui fut édifié à Toulouse au XVIIe siècle et détruit pendant la Révolution. Sa beauté et sa singularité lui a valu un surnom : la petite Sixtine toulousaine. L'histoire retiendra que c'est Anne d'Autriche et Louis XIII qui posèrent la première pierre de l'édifice le 1er juillet 1622… j’arrête ?

Dans ce lieu chargé d’histoires qui dégage un certain froid, Kevin Blechdom, vêtue simplement d’une robe désuète et d’une paire de claquettes s’installe derrière son clavier. Son concert est découpé en deux parties, c'est-à-dire qu’elle revient jouer après le premier set de The Spankings. Elle commence par un morceau en adéquation avec le lieu, plutôt cérémonieux, pour enfin retomber une composition binaire qui est agrémentée en plus de sa voix et de sa boite à rythmes et à rires. D’ailleurs, tout le long du spectacle, elle ne fait pas abstraction de cet endroit qui n’a pas l’habitude de recevoir des concerts de rock’n’roll. Devant un auditoire assis mais fasciné, elle présente un spectacle lyrique, jouant du piano et du clavier et chantant a l’aide d’un micro casque. Mais le meilleur n’est pas encore arrivé.

The Spankings, présentés comme groupe anti stéréotype rock, reste une excellente découverte ce soir pour moi. Taylor Savvy fait partie de ces canadiens qui ont migré et ou ont tissé de nombreux contacts avec l’Allemagne et particulièrement Berlin. D’ailleurs, il a collaboré avec Peaches sur le morceau Stuff Me Up de l’album Fatherfucker, ainsi qu’avec Mocky et Gonzales. Armé d’une guitare, et d’un micro, il est rejoint par un batteur en jogging pyjama rose armé lui de très fines baguettes tout aussi utiles pour manger des sushis. Les morceaux sont courts et les boucles assez répétitives. L’ensemble me fait penser à un mariage entre John Spencer et le crooner Elvis Presley. C’est surement du déjà vu, mais ça fonctionne et surtout ça donne envie à tout un chacun de monter un groupe, tant ils dégainent une certaine facilité.

Kevin Blechdom les rejoint le temps d’un morceau au clavier. L’ensemble est concluant. Dans sa deuxième partie, la fille au nom de garçon mais au grand coeur se repose sur des instruments déjà enregistrés, afin de s’attacher à donner une performance physique avec sa voix et ses mouvements. Elle fait peur aux photographes lorsqu’elle martèle de ses poings fermés le caisson à basse et surprend par ses agitations spontanées.

The Spankings clôture la soirée. Ils invitent l’auditoire à enfin se lever et à se rapprocher afin de se retrouver dans un contexte de concert de rock.

L’acoustique de la salle était difficile à maîtriser toute la soirée. Ici, l’ingénieur son s’est littéralement fait dominer par la chapelle. Bourdonnements, problèmes de niveaux, larsens, l’ont amené à couper les façades à certains moments. Toutefois, des expériences, comme celles-ci devraient se reproduire le long de l’année, surtout ici où la municipalité n’a pas accordé de salle pour la musique contemporaine.

Cette soirée ne peut laisser présager que du bon pour la suite du festival.

 

(merci à Peggy pour la photo prise sur place)




www.les-siestes-electroniques.com
www.kevyb.com
www.kitty-yo.net/index2.php?show=artist&id=7

auteur : Sylvain Silver - sylvainsilver ate hotmail.fr
chronique publiée le 04/07/2006

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire