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Eurockéennes de Belfort - dimanche 2 juillet

2006

Sigur Ros, Art Brut, Dominique A, Islands, Aberfeldy, My Baby Wants To Eat Your Pussy

Belfort (France)

du : 30 juin
au : 2 juillet 2006

Dimanche 2 juillet, troisiéme jour des Eurockéennes de Belfort 2006 toujours aussi ensoleillées et agréables, après deux belles journées de musiques et de chaleur. Compte rendu...

My Baby Wants To eat Your Pussy :

Malgré un nom aussi alléchant qu’évocateur pour tout homme ayant un jour dans sa vie fréquenté une femme bisexuelle, et une choriste bougeant joliment son derrière (bien ferme !), le groupe My Baby Wants To eat Your Pussy nous a laissé complètement froid. Un comble avec un nom pareil ! Cette troupe bigarrée se présente comme suit : un chanteur de hard rock couine à l’envi, un guitariste habillé en femme en fait des kilos sur ses six cordes et le reste du groupe essaie de se montrer le plus possible… Le gros problème, c’est que dans tout ça, il manque cruellement de morceaux percutants ; cet assemblage disparate de pop FM, de heavy metal à cheveux permanentés et de funk est assez dispensable. Reste le nom, dont le groupe semble très fier, puisqu’il le répète continuellement. Un nom excitant donc, pour un groupe peu bandant.

Islands :

Toute de blanc vêtue, cette secte musicale canadienne se fait fort de distiller des ambiances psyché pop/rock à la Arcade Fire. Les ex Unicorns ont fait étalage de leur talent si particulier pour trousser des pop songs bizarroïdes aux vertus euphorisantes. Voix continuellement à la limite (c’est ce qui fait sa beauté), constructions de morceaux alambiquées (ruptures de rythme, changements d’atmosphère dans la même composition), cordes partant en vrille, Islands réussit à emmener le chapiteau dans son univers bien barré, malgré une présence un peu timide et une communication limitée…



Dominique A :

« Désolé, je ne parle pas beaucoup, vous me tétanisez ! » déclare Dominique A au bout de quelques chansons ; mais personne ne semble lui en tenir rigueur, vu la qualité du set proposé. Accompagné par les excellents musiciens de la tournée précédente (qui jouent également sur son très beau dernier opus, L’horizon) et par le fidèle guitariste Olivier Mellano, monsieur Ané - pour l’état civil - donne un concert de très haute tenue. Morceaux envoûtants, interprétations habitées, orchestrations soignées : rien ne manque à l’appel… Le chapiteau - ouvert aux quatre vents - n’est pourtant pas l’endroit idéal : on entend le satané sound system au loin, mais la mayonnaise prend immédiatement. Et puis comme le dit ironiquement, l’ex chanteur nantais : « Il y a deux musiques en même temps, c’est bien, ça fait gagner du temps ! » Malgré ce « petit détail », on retiendra des versions magistrales de Pour la peau, Le commerce de l’eau, L’horizon (avec un solo sidérant) et du Courage des oiseaux, pour conclure cette prestation de fort bon aloi…

Art Brut :

Malgré un cadre inhabituel pour lui (la grande scène, en plein après-midi), le groupe Art Brut a encore une fois fait très bonne impression (après la Route du Rock 2005 et le Printemps de Bourges 2006) avec son mélange très relevé entre la pop anglaise, le punk et le hard rock…. L’intro sur Back in black d’AC/DC donne le ton : le combo n’est pas là pour faire dans la dentelle ; son but ultime est plutôt de provoquer des étincelles entre les points de frottement des différents genres abordés. Et ça marche ! Grâce à un enthousiasme communicatif, à une belle série de discours débiles d’Eddie Argos, à ses textes tous plus savoureux les uns que les autres et à une belle série de hit singles joués à l’arrache, avec une conviction rafraîchissante. C’est un peu comme si ces petits garnements venaient de découvrir le rock ‘n roll : ils n’en reviennent pas de faire du bruit avec leurs instruments respectifs et d’être applaudis, en plus.

Aberfeldy :

Le groupe Aberfeldy se fait fort de délivrer une pop fleur bleue et sautillante avec violon émouvant, claviers cheap, voix douces et choeurs bucoliques… Cela a déjà été fait avant, et cela sera encore fait après eux, mais ces jeunes gens bien sous tous rapports semblent sincères et très contents d’être ensemble sur une scène. Petit détail qui pourrait éventuellement avoir son importance au moment du jugement : Aberfeldy écrit de jolis morceaux qui rendent heureux ou joyeusement mélancoliques. Et c’est déjà beaucoup, non ?

Sigur Ros :

Toujours très impressionnants en live, les Islandais de Sigur Ros confirment juste après leurs excellentes dispositions scéniques. Mise en scène captivante, musiciens ultra concentrés, morceaux propices au décollage vers d’autres sphères, public de fans attentifs, le mega show façon Sigur Ros réussit l’exploit d’être à la fois intimiste et grandiose, puissant et délicat. On se sent un petit peu comme dans du liquide amniotique, tranquillement bercé par la fureur du monde extérieur, sans que rien ne puisse nous atteindre et altérer ce sentiment de bien être. Après une sorte de best of post rock versus pop, le set se termine sur une ode au bruit proprement renversante. A la fin, on se sent comme orphelin, seul au monde… D’autant plus qu’en sortant de la foule massée devant la scène, on se rend compte que la moitié des spectateurs est allée se presser aux abords de la grande scène pour assister à l’horrible démonstration technique de Muse. Qu’on évitera soigneusement, préférant avoir un sommeil bercé par le souvenir du concert magique de Sigur Ros… A l'année prochaine !

A lire également, les chroniques des journées du samedi 1er juillet et du vendredi 30 juin.

Site Internet : www.eurockeennes.fr.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 12/07/2006

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