16/11/2018  |  5077 chroniques, 166 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 15/11/2018 à 19:40:36
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Volcaniques de Mars

2007

John Cale, Klaxons, Twisted Charm, Cocoon, Vale Poher, Frustration, De Kift, 17 Hippies

Clermont-Ferrand et Riom (France)

du : 10
au : 18 mars

Retour sur les Volcaniques de Mars 2007, qui avaient lieu du 10 au 18 mars à Clermont-Ferrand et dans ses alentours… Avec de bons moments (Klaxons, Cocoon, Vale Poher, De Kift), des déceptions (John Cale) et de jolies découvertes (Twisted Charm, Frustration), comme chaque année depuis les débuts du festival, il y a neuf ans déjà. Compte rendu non exhaustif d’une neuvième éruption qui a rendu Godzilla assez fou pour se prendre pour Elvis (voir l’affiche du festival… ).

Ayant fait l’impasse sur la soirée électronique (comme sur les soirées métal et hip hop/dub d’ailleurs, on ne peut pas tout aimer… ) du 10 mars, les Volcaniques 2007 commencent pour nous au cinéma Le Rio avec les projections (entre autres) des très bons films Awesome : I fucking shot that ! des Beastie Boys et Block Party de Michel Gondry, une excellente entrée en matière avec deux concerts filmés qui donnent envie d’en voir en live, dans une salle de concert.


John Cale & Band :

Ça tombe bien : mardi 13 mars, l’immense John Cale est programmé à la Coopérative de Mai. Cela devrait donner lieu à un concert d’anthologie de l’ex Velvet Underground. Et bien non. C’est dans un salle pas très remplie (il faut dire que notre homme fait une tournée pour promouvoir un disque live pas exactement passionnant) que John Cale et son groupe ont alterné le bon et le moins bon pendant deux heures… Toujours impressionnant physiquement – il ressemble à un vieux chef sioux avec ses cheveux teints et son visage taillé à coups de serpe – et vocalement – cette inimitable voix grave de stentor rock –, John Cale est malheureusement accompagné par un groupe très moyen, pour ne pas dire méchant. On pense en particulier au guitariste se complaisant dans les solos hard rock/jazz, qui plus est avec un horrible son compressé. Après un début expérimental un peu ardu mais intéressant, le concert se perd dans les méandres d’un funk jazz indus assez peu original, avant de retrouver fort heureusement une certaine vigueur sur des titres acoustiques et sobres joués un peu plus tard. Le groupe semble s’ennuyer, le public aussi, ce n’est pas vraiment une soirée mémorable… Pour finir sur une bonne note nostalgique, l’ex acolyte de Lou Reed consent à interpréter le génial titre du Velvet Underground, Venus in Furs, vers la fin du « show ». La version est de bonne facture, mais le violon se met en grève suite à un problème technique. Ce qui fait dire à un John Cale un peu dépité : « Sorry about that ! ». C’est la phrase qui résumera cette soirée décevante, avec quelques éclairs de génie.

Klaxons + Twisted Charm :

Changement radical d’ambiance quelques jours plus tard avec le concerts des très branchés et surmédiatisés Klaxons, avec Twisted Charm en première partie. Si le concert de John Cale sentait franchement la fin de règne, le public de ce vendredi soir à la Coopérative de Mai est très nombreux, très jeune et positivement surexcité. Ça fait plaisir à voir… Un peu de fraîcheur et d’enthousiasme juvénile, c’est réconfortant.


Twisted Charm, le « support act » est assuré par un excellent et prometteur combo anglais, qui fait partie de la même mouvance que les Klaxons. Des fluo kids déchaînés qui montent sur scène pour faire danser leur public au son de leur dance rock funcky en diable, pour le surprendre avec un cocktail basé sur une rythmique ultra groovy à laquelle se greffe un saxophone et finalement emporter la mise, grâce à leur fraîcheur et à la qualité de leurs morceaux.


Un bon échauffement des guibolles, juste avant l’entrée en scène tonitruante des Klaxons, qui se pointent avec des mini bibendums dans les mains, ne se doutant pas que la majorité du public se contrefiche royalement (voire plus) du manufacturier clermontois. Passons… Car pour le reste, les Anglais ont donné un concert en forme de boulet de canon : tout à fond pendant à peine 40 minutes. Tous leurs tubes ultra remuants et dansants (présents sur leur remarquable disque Myths of the near future) sont servis chauds et puissants, et l’on passe un moment délicieux et groovy. Sans doute à cause de son jeune âge, le groupe est appliqué, même si le bassiste essaie de parler un peu, mais tout le monde met en commun son savoir faire musical pour faire monter un énorme groove dance funk punk. Un truc de dingue, qui rend complètement fou… La preuve, un spectateur rendu hystérique monte sur scène pour s’emparer l’espace de quelques secondes du micro pour hurler, avant d’être délogé manu militari par la sécu. Seul petit hic au cours de ce set des Klaxons : le groupe sort de scène très (trop !) rapidement, et ne revient pas… Il a filé à l’anglaise ! Mais après tout, la messe était déjà dite. Sur les prochaines dates, attention à ne pas louper l’entrée en scène, sinon vous risqueriez de ne pas voir grand-chose !

Cocoon + Vale Poher + Frustration :

C’est à Riom que la soirée du lendemain permet de passer des instants tout à tour folk pop, rock et punk, avec respectivement, Cocoon, Vale Poher et Frustration. Une programmation un peu bizarre et pas très cohérente occasionnant un affluence pas aussi nombreuse que prévu et une ambiance un peu éteinte sur la fin. Ce sont les aléas des festivals…


En ouverture, Cocoon, le régional de l’étape, fait une très bonne impression avec les excellents morceaux qui figurent sur ses premiers EP, I Hate birds et From Panda mountains : les deux voix de Morgane Imbeaud et Mark Daumail s’entendent à merveille, les mélodies sont captivantes, l’instrumentation est dépouillée à l’extrême. Tout cela est dans la veine du grand Sufjan Stevens, que le duo clermontois reprend joliment t d’ailleurs… Cerise sur le gâteau, les nouveaux morceaux sont très prometteurs, dans un style folk ‘n soul très prenant. Deux petits bémols malgré tout : les violons aux claviers sonnent trop cheap et la façon qu’à Mark d’annoncer que le groupe est le vainqueur du concours CQFD est un peu too much. Un peu d’humilité ne ferait pas de mal, même si le talent est indéniable…


Peu après Vale Poher a proposé un set en solo assez réussi. S’il est un peu difficile de rentrer dans l’univers lacéré de distorsion de la jeune lyonnaise, petit à petit le charme de la voix, la puissance de la guitare et le qualité des titres font leur petit effet sur le public réuni à l’Espace Couriat. Les morceaux interprétés par Vale Poher Tour à tour violents et tétanisants ou plus caressants, évoquent parfois Cat Power, Pj Harvey et Shannon Wright, d’illustres aînés passées maîtres dans l’art de trousser une chanson rock. Après une jolie reprise électrique du mythique Hey HeyM y My de Neil Young, Vale Poher termine son set, laissant impatient d’écouter cet artiste sur disque.


C’est malheureusement devant un public clairsemé et peu motivé que les Parisiens de Frustration ont donné leur concert, qui méritait un meilleur accueil, si l’on considère l’intensité des morceaux et la ferveur de leur interprétation… Chant dramatique à la Ian Curtis, basse imparable jouée à la Peter Hook, guitare acide à la Warsaw, batterie martiale à la Joy Division, claviers cheap et joliment kitsh façon cold wave : Frustration est fasciné par le punk des années 80, ça s’entend très bien… Mais, si les influences sont claires et nettes, les morceaux écrits par le combo de trentenaires baroudeurs sont originaux, marquants, puissants et donnent des frissons. C’est un signe qui ne trompe pas. Cet excellent groupe est à revoir au plus vite dans une salle avec un public plus énervé et rock ‘n roll.

De Kift + 17 Hippies :

Soirée de clôture le dimanche soir, avec les Hollandais de De Kift et les Allemands de 17 Hippies. Déjà vu au printemps de Bourges il y a quelques temps, la famille De Kift est toujours aussi ravie de jouer sur scène ses morceaux entre punk rock à la The Ex et fanfare des pays de L’est. Le mélange, saupoudré de chanson française avec l’accent hollandais est rafraîchissant, festif dans le bon sens du terme et percutant. Un groupe drôle, engagé et inspiré, qui donne une énorme pêche dès qu’il apparaît sur scène. A voir donc.

Malgré une bonne volonté manifeste et quelques morceaux remuants, les 17 Hippies n’ont pas fait la même bonne impression, le redoutable effet « dimanche soir », le passage après De Kift et des compositions pas toujours originales y sont sans doute pour quelque chose…

Malgré les annulations de 2Many Dj’s, The Blood Arm et Nelson (pour des raisons indépendantes de la volonté des organisateurs), les Volcaniques de Mars 2007 ont permis de faire bouger une fois de plus Clermont-Fd et les villes avoisinantes. Un peu moins réussie que l’édition 2006 – qui avait permis d’assister à des prestations d’anthologie de The Elektrocution, Mansfield Tya, Queen Adreena, Louis XIV et Alec Empire –, la cuvée 2007 aura néanmoins permis d’avoir son quota d’émois musicaux. Rendez-vous est donc pris pour mars 2008.

Sites internet : www.volcaniquesdemars.com, www.because.tv/artistes/klaxons, www.myspace.com/klaxons, www.myspace.com/twistedcharm, www.myspace.com/listentococoon, www.myspace.com/valepoher, www.myspace.com/_frustration, www.john-cale.com, www.myspace.com/johncaleofficialsite, www.dekift.nl, www.17hippies.de.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 11/04/2007

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