16/11/2018  |  5077 chroniques, 166 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 15/11/2018 à 19:40:36
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique festival
Primavera Sound

2007

Sonic Youth, Slint, Modest Mouse, Wilco, The Fall, The White Stripes, Smashing Pumpkins, The Rakes...

Barcelone (Catalogne)

du : Du 31 mai
au : au 2 juin 2007
Fallait pas y aller !

Pour ce Primavera 2007, beaucoup d’amis décident de ne pas faire le déplacement. Je trouve un plan de dernière minute pour aller à la capitale catalane. Mais voilà que la veille du départ, le coordinateur de l’excursion nous plante. À partir de là, les petits malheurs s’enchaînent : à la frontière, le téléphone de mon collègue de route s’arrête de fonctionner, en arrivant sur Barcelone on se retrouve finalement sans appartement, je me fais forcer la voiture, je perds mes papiers, je tombe malade… Toutes ces mésaventures sans chronologie me font arriver trè"http://i74.s tard sur le site du Parc del Forum. Alors que, normalement, je dois récupérer rapidement mon accréditation presse, je tombe sur un emmerdeur qui essaye de faire croire qu’il est accrédité. Encore 30 minutes de perdues. À ce moment, dans ma tête, je me dis que c’est l’année de trop, qu’il ne fallait pas y aller !

Malheureusement je rate les Dirty Three, un groupe d’un des membres des Bad Seeds (Warren Ellis). J’arrive sur le site pour la fin du concert des Melvins qui jouent leur album Houdini de façon très lourde et carrée (2 batteries). Je ne reste pas trop longtemps pour partir du côté de la scène ATP où j’apprécie la fin du concert d’Elvis Perkins et sa folk rock sympathique. Mais mon esprit n’est pas encore rentré dans le festival.

J’attends donc avec impatience la venue de Slint, les papes du Post-Rock. Ils sont venus jouer la pierre angulaire du genre, l’album Spiderland. Prestation réussie, avec une relecture moderne, avec un gros son lourd.

Autre rencontre attendue, celle du fantasque Mike Patton avec le sérieux Fennesz. Je trouve dommage que le concert n’aie pas lieu à l’auditorium où le son est très bon. A la scène ATP, le son est horriblement fort. Je décide de rester tout de même car il faut du temps à cette musique pour vous imprégner l’esprit. On y décèle quelques bons passages, notamment le mélange de rythmes tribaux avec la voie dantesque de Mike Patton. Cette dernière est parfois trafiquée par plusieurs pédales d’effets. Le concert nous laisse à la fois sous le choc mais aussi avec une sensation d’inachevé.

Sur la grande scène, les Smashing Pumpkins ont déjà commencé. Le son est horriblement mauvais et a un côté hard rock. Ils sont habillés tout de blanc. Derrière eux, un gros drapeau américain avec des bombes à la place des étoiles nous fait étrangement penser à celui de la Bretagne. Le temps de reconnaître quelques classiques (Today, Zero…) qui me font sourire, je préfère ne pas rester dans ce grand rassemblement nostalgique mais insignifiant.

L’autre tête d’affiche de la soirée ne déçoit pas. Les White Stripes donnent un concert de grande classe avec rappel à l’appui. Le son est bon, la voix de Jack puissante, le jeu de batterie de Meg toujours aussi désinvolte et sexy. Les nouveaux morceaux sont plus blues avec un esprit boogie. Très heureux d’être sur scène, ils régalent le public barcelonais en terminant par le tube Seven Nation Army.

Le temps de voir le mix Rigolo de Bola et de faire un coucou à la sensation frenchie du moment, Justice, je pars me coucher après une journée forte en émotions, mais pas forcément musicales.

Mark E.Smith sauve ma soirée

Frustré d’être arrivé en retard la veille, je décide d’arriver très tôt sur le site pour assister au concert des Asturiens de Mus. Le public de l’auditorium n’est pas encore très nombreux, mais très attentif à la musique atmosphérique teintée de folk-rock des Espagnols qui nous fait parfois penser à Cocteau Twins, Tarnation ou Mazzy Star notamment grâce à la très belle voix vaporeuse de Monica Vacas.

Photo Sharing and Video Hosting at Photobucket

Mus


Le temps de s’aérer un peu et de profiter du beau temps, je croise les loufoques Ginferno qui ont dû assister il n’y a pas longtemps à un concert d’Animal Collective car leur musique improvisée me fait penser à celle des New-yorkais.

Ginferno

Ginferno


Retour à l’auditorium, où j’assiste au show (il mérite cette dénomination) de Davis Thomas Broughton. Il délivre une folk délurée et intense, à l’aide de sa guitare, de boucles et d’une voix haut perché proche de celle d’Antony. Pour la rythmique, il s’amuse à frapper sur sa guitare soit avec sa tête ou avec ses genoux. On le voit aussi balancer ses chaussures violemment sur le sol et sampler le tout. Il chante à genoux sur sa guitare, la gueule dans les cordes, s’en va en courant en haut de l’auditorium pour chanter. Une véritable performance solo qui en fera l'une des révélations du festival.

J’assiste à la prestation sympathique et fraîche de Plastic D’amour. Encore un groupe espagnol qui rend hommage à la pop française des années 60 (avec Souvenir, Les Très bien ensemble...)
PA

Blanca (Plastic D'amour)


Au concert de Black Mountain, le froid me prend et je commence à ne pas me sentir bien. Choix crucial à 20h15, d’un côté les Blonde Redhead à la scène Rockdelux et de l’autre Barry Adamson à l’auditorium. Je choisis ce dernier pour me réchauffer, me reposer mais aussi parce que le bonhomme est rare. Ancien bassiste de Magazine, Birthday Party et autres Bad Seeds, Barry Adamson livre aujourd’hui une pop-soul jazzy très classe. Entouré d’un mini big-band, le monsieur nous la joue charmeur, parfois trop d’ailleurs. Mais ce Marvin Gaye du XXIe siècle sait bien faire les choses. Ils nous crédite de quelques chansons en français et remercie on ne sait trop pourquoi le public dans la langue de Molière. Cela doit être son côté romantique. Sacré Barry !
BM

Black Mountain


Mon mal au ventre se fait plus insistant, le froid aussi. Je suis presque prêt à rentrer à l’hôtel. Cependant, mon chemin croise celui de la grande scène où a déjà commencé la prestation de The Fall. Je suis happé par le regard froid de Mark E.Smith qui ressemble de plus en plus physiquement à Johnny Cash (habillé tout de noir ce soir). Hypnotisé aussi par cette voix aussi singulière. Le son est rond avec un grosse basse appuyée par les sons électroniques d’Elena Poulou, la plus ancienne (2002) d’un groupe qui change tout le temps de line-up. Je me mets à danser frénétiquement sur des titres comme Reformation qui rendrait jaloux des groupes comme Primal Scream ou les Rakes qui ont donné juste avant une prestation très pâle sur la même scène. Rentrez chez-vous les jeunes ! Un Mark E.Smith et cela repart!

L’auditorium est plein à craquer pour le retour de Jason Pierce (Spiritualized) entouré d’un quatuor à cordes, d’un clavier et de chanteuses de gospel. Un beau mélange de genres, pour un concert émouvant à l’ambiance élégiaque appuyé par un très beau jeu de lumière.

La petite scène ATP a aussi fait le plein pour le concert des Américains de Modest Mouse. Est-ce la nouvelle recrue Johnny Marr qui entraîne cet effet ? Au vu du concert, on a l’impression que l’arrivée de l'ex-guitariste des Smiths déséquilibre le son du groupe. Ce dernier ne sachant pas comment utiliser une recrue aussi prestigieuse. Quand ils se sentent obligés de le laisser chanter, cela frôle la catastrophe. Au bout du compte quelques bons moments et d’autres assez boursouflés et insignifiants. Modest Mouse, un bon groupe moyen avec un énorme single, Float On.

La fatigue se fait de nouveau sentir. La lenteur des morceaux de Low finit par m’achever.

La Jeunesse éternelle

Pour ce 3ème jour, le soleil brille encore. Je ne suis plus malade. Le public est toujours aussi beau et sympa. La bière et le Red Bull coulent à flots. Les ennuis sont derrière. Je compte bien profiter de cette dernière soirée barcelonaise.

Cela commence avec la prestation à l’auditorium de Shannon Wright. Un concert intense où l’on voit l’Américaine se débattre avec sa guitare, sortant quelques déflagrations sonores de cette dernière. Par moments inquiétante et névrosée, la musique de Shannon n’est pas toujours facile à digérer. En tout cas elle est sans aucune concession et pudeur. Elle se met à nu, à l’image des derniers morceaux, où, seule au piano, elle fait chavirer nos cœurs.

C’est maintenant l’heure de la pop optimiste avec The Apples in Stereo et surtout le très sympathique Jonathan Richman. Le sable encore sur les pieds, le Bostonien nous chante en anglais, espagnol, italien, français. Un concert comme à la maison qui rend hilare le public acquis à sa cause.
JR

Jonathan Richman


Les Long Blondes ne s’en sortent pas mal sur la grande scène tandis que les Australiens d’Architecture in Helsinki nous font danser avec leur pop disco à tendance psyché.
AIH

Architecture In Helsinki


Je rentre totalement dans la musique répétitive et lourde de Pelican. Je suis dans un état de transe ; mon cou fait des avant/arrière sans s’arrêter.
PA

Pelican


Sur la grande scène, Patti Smith a l’air d’avoir toujours la grande forme. J’assiste à sa bonne reprise de Smells like teen spirit et à son tube Gloria.

The Good, The Bad and The Queen arrive sur la scène Rockdelux. Je pourrai dire j’y étais : j’ai vu Damon Albarn, Tony Allen et Paul Simonon. Mais tout cela sonne creux et sans âme. On se demande ce que fait l’orchestre de cordes ici à part servir de décor. The Bad, The Bad & The Bof.
Thegood

Damon Albarn (The Good, The Bad and The Queen)


Plus intéressant d’aller écouter la musique hypnotique d’Isis. À la fin du concert, le chanteur demande au public de venir lui fournir de l’herbe à fumer.

J’ai rendez-vous avec mon collègue d’Indietronica qui n’arrête pas de dire depuis le début de la journée que Daydream Nation est le meilleur album de Sonic Youth. Cela tombe bien puisque le groupe fête les 20 ans de ce LP en le jouant intégralement sur la grande scène. Connaissant très peu l’album, je ne ressens pas une ferveur particulière avant le concert. J’ai même une appréhension puisque le son a été assez catastrophique sur cette scène depuis le début du festival. Et puis comme chaque fois je me fais bluffer. Comme chaque fois, ils signent le meilleur concert. Avec un son impeccable, le groupe joue de façon très détendue. Thurston Moore s’amuse du temps passé en sortant des grosses lunettes à la Jacques Chirac. Le groupe cherche moins le côté expérimental mais plutôt le côté punk et abrasif de sa musique. Lee Ronaldo sort de gros riffs de guitares et Steve Shelley s’en donne à cœur joie derrière ses fûts pour notre plus grand plaisir. Cerise sur le gâteau, les New-yorkais reviennent pour un rappel, accompagnés du bassiste de Pavement. Au programme, quatre titres de leur dernier essai, Rather Ripped (Reena, Incinerate…) et du bonheur plein la tête.
SY

Daydream Nation (Sonic Youth)


Le sourire en coin, j’ai le temps de voir et d’apprécier deux chansons de Grizzly Bear. De retour de nouveau sur la grande scène pour écouter Wilco, un groupe qui a sorti l'un des meilleurs live de ces dernières années. Les Américains sortent un concert très carré, présentant leur dernier album, Sky Blue Sky et sa perle Impossible Germany. Un déjà classique du rock qui vous colle à l’oreille. Le public espagnol est totalement fan de cette musique qui fait croiserlLes Beatles et Neil Young. Jeff Tweedy est un bon chanteur au charisme certain. Quand il exécute des morceaux comme Shot in the arm, At Least that’s what you said… il n’y a rien à redire. Pour terminer le groupe nous propose une version dantesque de Spiders (kidsmoke) : claviers disco, basse hypnotique, gros riffs de guitares…du rock, du vrai.

Préférant terminer sur cette bonne note, je quitte l’enceinte du festival. L’année de trop ? Pour moi peut-être, pour le festival non ! Adios Primavera y gracias por todo.
el mar

El mar de Primavera


Top 5 :

1. Sonic Youth
2. The Fall
3. Wilco
4. Slint
5. David Thomas Broughton
    Top 5 d’Arnaud (London Must Fall) :

    1. Jonathan Richman
    2.The Fall
    3.Slint
    4.Sonic Youth
    5.Mum


    www.primaverasound.com
    www.myspace.com/primaverasound

    auteur : Nicovara -
    chronique publiée le 18/06/2007

    Partager


        foutraque
          
          
    l'association  |  devenir partenaire