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Buck 65 + The Willowz + The Sweet Vandals + Radio Moscow (Les Nuits de L'Alligator)

samedi 16 février 2008



La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand (France)
L'étape clermontoise de la troisième édition des Nuits de L'alligator a parfaitement tenu ses promesses, malgré un public un peu mou et une ambiance légèrement morose. La grande salle de la Coopérative de Mai (moins bien décorée que l'année dernière) était en effet loin d'afficher complet pour ce concert réunissant à l'affiche Radio Moscow, The Sweet Vandals, Buck 65 et The Willowz...

Radio Moscow : Aïe, aïe, aïe !

Les hostilités sont lancées par les Américains de Radio Moscow, un ignoble combo de blues rock hendrixien qui n'a à proposer que des riffs de blues éculés et des solos de guitares chiantissimes... Avec un peu plus de sobriété et de l'inspiration cela pourrait éventuellement passer mais là, avec chaque titre étiré au maximum, c'est de nature à faire fuir n'importe quel fan de musique un tant soit peu avisé... Deux ou trois blousons noirs à cheveux longs croient utile de soutenir le groupe dans sa quête du graal de saint Jimi ; ce comportement irresponsable entraîne le pire : un rappel ! Aïe, aïe, aïe !

The Sweet Vandals : un travail au corps payant sur la durée...

Fort heureusement, juste après The Sweet Vandals - un groupe espagnol de soul funk music – se charge de relever le niveau. Malgré un début poussif (la chanteuse se faisant prier pour venir chanter, avant de peiner à se lâcher vraiment une fois arrivée sur scène) , le travail au corps des Sweet Vandals s'avère payant sur la durée. La voix gorgée de soul de la vocaliste, son enthousiasme communicatif, et la qualité du groupe qui l'accompagne pour jouer des morceaux aussi enlevés qu'ultra référencés provoquent irrémédiablement des fourmis dans les jambes et l'apparition d'un sourire sur les lèvres de la majorité des membres du public. Avec un éclairage digne de ce nom (et non pas des lumières chirurgicales), une programmation en toute fin de soirée et dans un lieu plus intime, le bon show des Sweet Vandals aurait eu un impact beaucoup plus important.

Buck 65 : un show virevoltant, drôle, virtuose et incroyablement varié.

La vedette de la soirée (beaucoup de gens sont venus uniquement pour le voir en chair et en os, ils ont eu raison... ), le Canadien francophile Buck 65 a une fois de plus donné le tournis à son auditoire avec un show virevoltant, drôle, virtuose et incroyablement varié. Emportant tout sur son passage avec une voix (magistrale) et des platines pour seules armes, Buck 65 excelle toujours autant dans son rôle d'équilibriste - à la Charlie Chaplin - entre hip hop, rock, country folk et musiques électroniques. Chaque mot est admirablement mimé par le corps toujours en mouvement de cet artiste aussi doué pour interpréter et composer que pour présenter ses morceaux sur les planches. Pas une seule faute de goût lors du set enthousiasmant de Buck 65 ! Un répertoire en acier trempé, quelques clins d'œil drolatiques à Carla Bruni et Johnny Hallyday et le tour est joué : tout le monde est ravi...

The Willowz : country blues punk rock versatile en diable.

Après une telle démonstration de classe, les Californiens de The Willowz ont peiné à convaincre malgré la qualité de leur répertoire sur disque. Il faut dire que le son n'est pas excellent, que certains morceaux passent moins bien sur scène que sur disque, que les lumières sont horribles et que le groupe ne se soucie pas de son aspect vestimentaire, un effort est donc nécessaire pour rentrer dans le show simple et carré de ces Américains pas rock stars pour un sou. Après un temps d'adaptation, le quatuor - visiblement ravi de se produire en France - réussit à emporter l'adhésion avec son country blues punk rock versatile en diable. De nombreux morceaux furieusement punk n' blues, chantés avec une belle voix éraillée à la Robert Plant font taper du pied et remuer les chevelures. Signe de talent, les tempos et les ambiances changent, permettant de découvrir le très beau versant country folk pop des Willowz. Si l'on excepte l'épuisant solo de batterie (en 2008, il faut oser !), la fin du set des Willowz et le rappel prouve que ce combo tient la route... et a de l'avenir.

Rendez-vous l'année prochaine pour Les Nuits de L'Alligator 2009, en espérant une affluence plus conséquente...

Sites Internet : www.lesnuitsdelalligator.com, www.myspace.com/buck65, www.myspace.com/thewillowz, www.myspace.com/thesweetvandals, www.myspace.com/radiomoscow, www.lacoope.org.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 18/02/2008

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