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Printemps de Bourges - 19 avril

2008

The Hives, Justice, Blood Red Shoes, Vitalic, Gogol Bordello

Bourges (France)

du : 15
au : 20 avril
Enfin une soirée chaude et réussie au Phénix pour le Printemps de Bourges 2008 ! Avec une programmation infernale réunissant le meilleur du punk rock et des musiques électroniques hype, ce samedi soir de feu fera date pour les 6000 fans de télescopages jouissifs entre les styles réunis sous l'immense chapiteau. A force de danser, hurler, pogoter, boire et fumer, le public a réussi à transformer le phénix en véritable sauna et à provoquer une condensation tombant sur les festivaliers à intervalles réguliers. C'était chaud, on vous disait...

Blood Red Shoes :

Malgré l'horaire (20h) et un public encore en train d'arriver, les Blood Red Shoes ont impressionné par la puissance de feu de leur répertoire basique. Une guitariste/chanteuse et un batteur/chanteur suffisent à entrainer les premières scènes d'hystérie de la soirée (malgré un son mauvais à souhait)... Il faut dire que les morceaux sont percutants et que la guitare électrique se fracasse admirablement sur la batterie et les voix : c'est remuant, sacrément rock 'n roll (voire punk) et accrocheur. On pense à une fusion ingénieuse et brillante des Kills, des White Stripes et des Yeah Yeah Yeahs en un seul groupe formé de deux musiciens inspirés. Blood Red Shoes, le premier triomphe de le soirée...

Gogol Bordello :

Dans un style radicalement différent, le groupe américain Gogol Bordello a lieu aussi cartonné avec sa musique ultra festive entre punk rock, folklore des Balkans et chanson à boire. La troupe bariolée en fait des kilos pour satisfaire le public, qui se lance dans des danses russes hilarantes. C'est la fête ! On oublierait presque le côté répétitif et lourdingue pour apprécier l'ambiance vraiment réjouissante. Au bout de 6 ou 7 morceaux, le Gogol Bordello show devient un peu too much pour nous... Il faut toutefois reconnaitre l'incroyable potentiel festif de ce combo prenant joliment la relève des Pogues et de la Mano Negra.

The Hives :

Comme prévu, les super vedettes de la soirée sont venues du froid (plus précisément de Suède) pour rafler la mise auprès d'un public mis en transe par un tel déploiement de classe rock' n roll. The Hives, puisque c'est d'eux dont il s'agit, ont offert au public de Bourges un concert d'anthologie dont ils ont le secret... Une rafale ininterrompue de tubes extraits de leurs foisonnante discographie (Walk idiot walk, Die all right, Tick tick Boom, Hate to say I told you so, Main Offender, Diabolic Scheme, Bigger Hole to Fill, Two Timing Touch and Broken Bone, Return the Favour etc etc), un son garage punk 'n pop cataclysmique, des lights vrillantes, un groupe impeccable emmené par un chanteur en grande forme, n'en jetez plus, vous tenez là l'un des meilleurs groupes de scène en activité... The Hives, c'est de la dynamite, on le sait depuis longtemps mais à chaque fois on se laisse surprendre par leur show millimétré et archi pro mais pourtant foutrement bordélique : ça hurle, ça couine, ça sature, ça provoque gentiment, ça fanfaronne à tout va... Le résultat est là pour attester de la qualité du show : sous le Phénix, toute le monde hurle sa joie, danse façon petits agités en attendant avec impatience le prochain hit garage et les prochaines facéties de Howlin Pelle Almqvist. Chapeau bas messieurs, et revenez quand vous voulez mettre une mémorable branlée scénique à la plupart des groupes qui se disent rock 'n roll en France...

Justice :

L'essentiel du travail étant fait, il ne reste plus qu'à danser tous ensemble et à communier avec le duo phénomène dont on nous rebat les oreilles depuis 2 ans : j'ai nommé Justice. Même s'ils n'ont rien inventé à proprement parlé, il faut avouer que le show furieux de Justice à Bourges valait le détour : sorte de choc frontal entre les Chemical Brothers, Daft Punk, et les saturations du rock, la musique du duo ultra hype donne envie de se mettre sur la tête en live. Beaucoup moins varié que sur disque, leur univers à la fois sombre et archi dansant est une invitation claire et nette à la fête. Le décorum limite métal gothique (des murs d'amplis encadrent les deux machinistes suvoltés) et le light show positivement impressionnant contribuent à la réussite du set de Justice, qui s'attache à remixer ses propres tubes en y rajoutant des bruitages vrillants, des basses vrombissantes et des distorsions sidérantes. Le public, aux anges, finit littéralement à genoux...

Vitalic :

C'est à un autre français - Vitalic - de clôturer cette soirée de rêve avec un set montant doucement (mais surement) en puissance jusqu'à l'explosion finale avec des titres imparablement dansants. En alternant des passages ambient avec des déluges de beats, Vitalic sait comment provoquer la montée du désir : en frustrant légèrement son public, qui veut tout lâcher immédiatement sur le dance floor géant du Phénix. Mais cette tactique maline, très connue des strip teaseuses et autres stars du porno, a un énorme avantage : on jouit encore plus fort à la fin. Et c'est ce qui se passe dans le dernier quart d'heure avec My Friend Dario et consorts joués juste après une citation dispensable de Photonovella par le groupe variétoche Ivan (pour agacer tout le monde avant le grand final ?). Cette fin réellement démoniaque permet à Vitalic de provoquer un joyeux bordel dansant, et de quitter ses platines en héros. Jolie conclusion pour ce Printemps de Bourges 2008 de fort belle tenue...

Photos : © Cécile Ossieux sauf Blood Red Shoes et Gogol Bordello : © François Mellet

Bientôt, d'autres chroniques sur le Printemps de Bourges 2008 (Alela Diane, Soko, The Do, St Augustine, The Delano orchestra... )

Site internet : www.printemps-bourges.com.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 20/04/2008

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