19/05/2019  |  5192 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 15/05/2019 à 14:30:18
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Rock en Seine

2008

R.E.M., Dirty Pretty Things, Hot Chip, Kaiser Chiefs, Jon Spencer Blues Explosion, Justice, Black Kids, The Streets, Kate Nash...

Domaine National de Saint-Cloud, Paris (France)
Sixième édition du festival francilien, réjouissant rendez-vous permettant à chaque fin d’été de se retrouver dans un grand festival rock à deux pas de Paris. Une édition pourtant un rien morose cette année : la faute à une programmation un peu plus faiblarde que les années précédentes, et à l’annulation de dernière minute d’Amy Winehouse.

Le premier jour du festival se déroule sous un ciel gris d’automne : il y a heureusement l’electro-pop d’Hot Chip, dont la mélancolie grisante contribue à réchauffer l’ambiance. Excellent sur scène, le groupe nous livre à la chaîne ses compositions béates et hypnotiques, qui agissent comme autant de pilules colorées discrètement euphorisantes. Le temps de s’embêter devant The Do (pourtant charmants il y a un an dans le cadre intimiste de la Flèche d’Or) et on retrouve les Dirty Pretty Things de Carl Bârat, qui se dissimule sous d’épaisses lunettes noires : pas énormément de secrets de fabrication à cacher pourtant dans ce rock rempli de déclarations d’intentions, dont l’enthousiasme nostalgique est touchant, mais qui ne retrouve que rarement la vivacité des Libertines. Sur la grande scène, les Kaiser Chiefs plastronnent, débitant une brit-pop au qualités mélodiques indéniables, mais assez creuse sur le plan de l’impact émotionnel. Après que nous soient parvenues quelques effluves enivrantes du concert de Tricky au loin, on assiste à l’arrivée sur scène des mythiques R.E.M. Michael Stipe, toujours aussi cool, présente son groupe comme « les Daft Punk américains » alors qu’il enfile des lunettes de soleil. La setlist est un saisissant condensé de l’impressionnante carrière du groupe, dont la générosité n’est jamais prise en défaut, et pourtant il manque un petit quelque chose pour enflammer complètement (comme ce fut le cas à Bercy en 2005) la prestation de R.E.M., qui paraît ce soir un peu fatigué et sonne assez routinier.

Le lendemain le soleil est de retour. Dans le métro ça parle salaires, CDI et plans de carrière. On commence la soirée devant le Jon Spencer Blues Explosion, dont le blues-rock peine à se faire une place en plein soleil. La sympathique anglaise Kate Nash fait agréablement passer le temps, avant le concert des attendus Black Kids. Les cinq Américains n’inventent pas grand chose avec leur pop synthétique truffée de gimmicks années 80, mais se rattrapent par un enthousiasme naïf jamais démenti, des paroles astucieuses et une capacité innée à délivrer des mélodies touchantes sans pour autant verser dans l’emphase.. Après cela le show de Justice déçoit un peu. L’attente de l’arrivée du groupe est pourtant parfaitement mise en scène, à coup d’effets lumineux frimeurs et de musique hard-rock débitée par la sono d’une scène où ont pris place deux énormes murs d’amplis. Mais Justice ne concrétise les fantasmes nés de cette attente que par intermittence, livrant un set inégal où le jouissif côtoie l’ennuyeux. La nouvelle de l’annulation du concert d’Amy Winehouse tombe juste après le concert, et provoque un gros silence sur le site du festival durant quelques minutes. Ce sera finalement The Streets qui sera reprogrammé à sa place sur la grande scène, mais s’en plaindra-t-on vraiment ? Le rap version UK de la formation du bondissant Mike Skinner gagnera vite à sa cause les festivaliers, alternant morceaux explosifs montés sur ressorts et chansons plus intimistes où flottent des nappes de synthés mélancoliques et apaisantes. Un concert bienveillant et revitalisant, et un beau point d’orgue inattendu au festival.


www.rockenseine.com
www.myspace.com/rockenseine

auteur : Guillaume - guillaume@foutraque.com
chronique publiée le 11/09/2008

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