13/12/2017  |  4925 chroniques, 162 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 12/12/2017 à 20:21:37
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Les Transmusicales de Rennes, vendredi 4 décembre

2009

FM Belfast, The Phantom Band, Chocolate Donuts, Fever Ray, Slow Joe & The Ginger Accident, Detroit Social Club, Major Lazer

Rennes (France)

du : 2
au : 5 décembre
Retour sur la soirée du vendredi 4 décembre au Parc des Expos de Rennes où de nombreux groupes se produisaient à l’occasion des Transmusicales de Rennes, parmi lesquels Fever Ray, Chocolate Donuts, FM Belfast, Slow Joe & The Ginger Accident, The Phantom Band, Detroit Social Club et Major Lazer… Après une belle série de découvertes au Liberté le jeudi 3 décembre (The Whitest Boy Alive, VV Brown, Abraham Inc, Hook & The Twin, An Experiment On A Bird In The Air Pump) et juste avant le feu d’artifice final prévu pour le samedi 5 (Mr Oizo, Rodriguez, BLK JKS, The Japanese Popstars, The Carps), le très nombreux public avait décidé de ne pas manquer non plus le rendez-vous fixé par les Trans en périphérie de l’agglomération bretonne en ce pluvieux vendredi…

Chocolate Donuts

La soirée commence gentiment avec les très jeunes Normands de Chocolate Donuts, qui, avec leur pop ‘n folk ‘n disco rock, font étalage de leur volonté de signer dans une maison de disques et de cartonner partout en France… Si l’ensemble est frais, prometteur et très accrocheur, tout cela reste super juvénile et trop consensuel à notre goût. Les Chocolate Donuts font en effet une sorte de mix entre tout ce qui marche pour créer des pop songs voulant devenir des tubes : un peu de folk avec ukulélé (maintenant y’en a marre de cet instrument !), un peu de disco rock, un peu de pop catchy et, hop, le tour est joué. Le groupe en étant au début de ses activités musicales, il faut sans doute lui laisser le temps de mûrir et de se trouver un style...

FM Belfast

Juste après dans un autre hall situé à deux pas, les Islandais débridés, joyeux, décalés et euphoriques de FM Belfast font un véritable carton, vraiment mérité… Complètement hystérique et fofolle, la troupe bigarrée habillée en total look débile - avec collants fluos oranges pour tout le monde - se fait fort de faire danser, sourire et oublier tous les éventuels problèmes avec une électro pop drolatique, captivante et franchement jouissive.

Avec leurs improbables gueules et accoutrements – il y a la chanteuse furie évoquant un accouplement entre Catherine Ringer et Björk, le Napoléon faisant du smurf, la pile électrique chantant comme un Bee Gees, le viking avec son pull rayé mettant en valeur son ventre à bières etc etc – et leurs chansons euphorisantes, les FM Belfast pourraient être une version 100% électronique de I’m From Barcelona, voire une version gay friendly, sans guitares et inspirée de Guns ‘n fucking Roses (leur reprise de Welcome to The Jungle est à hurler de rire !) ou une tentative pour rendre ridicule la révolution de pacotille des millionnaires de Rage Against The Machine (cf leur version hilarante et très synthétique du fameux Fuck you I ‘won’t you what you tell me… ).

Conseillée à tous les dépressifs de la Terre entière, aux personnes désireuses de s’éclater comme des petits agités ou à ceux voulant retourner en enfance pour rire aux éclats comme devant le Club Dorothée avec Jacky et Corbier, la musique de FM Belfast est une jubilatoire et surréaliste expérience à vivre en live (le groupe tournera en février 2010)… ou sur disque (cf le tube Underwear).

Slow Joe & The Ginger Accident

Toujours pimpants, touchants et habités par leur rhythm and blues soul, Slow Joe & The Ginger Accident ont envoûté le public du Parc des Expos, comme celui de l’Ubu mercredi 2 décembre… Un groupe à découvrir absolument !

The Phantom Band

Encore une belle découverte peu de temps après FM Belfast : les Ecossais de The Phantom Band, un gang de rockers sombres et puissants écrivant des morceaux racés, intenses et percutants. Emmené par une sorte de prêcheur avec voix grave (travaillée au Jack Daniels sur scène) remettant en mémoire les parties vocales de Ian Curtis, Nick Cave, Dave Gahan et The National, le groupe pas du tout fantôme délivre un set carré, bien foutu et marquant. L’effet "montagnes russes émotionnelle" est garanti : le baromètre des sentiments de l’auditeur oscille entre la joie échevelée, la mélancolie poignante et un désir fou de vivre sa vie à fond les ballons. En clair, The Phantom Band fait joliment battre le cœur, tout en provoquant la sensation d’être vivant et d’assister à un moment d’exception en live… Entre blues tellurique, pop torturée et rock ‘n roll insidieux, ce combo-là s’y entend pour maintenir l’attention pendant la durée de sa présence sur scène. Cerise sur le gâteau, ces musiciens font forte impression tout en ne se la pétant pas, restant simples et normaux entre les morceaux. Signalons également que The Phantom Band pourrait être une publicité vivante pour l’alcool : le taux d’alcoolémie élevé du chanteur ne l’ayant pas empêché d’assurer comme une bête au micro…

Detroit Social Club

Après un début prometteur de concert (façon Primal Scream), le groupe Detroit Social Club dérape très vite dans une sorte de soupe pseudo rock rappelant l’emphase de U2 et de son leader souvent très fatigant, Bono… Le chanteur de ce groupe anglais en fait des kilos dans le style "je suis un être sensible et je veux laisser entrevoir mon mal être intérieur à toi mon public chéri"…

Ce type est un véritable boulet artistique et l’on n’a qu’une seule envie en l’écoutant : lui débrancher son micro ou se casser à toute vitesse de l’endroit où il exerce ses méfaits vocaux. On choisit - fort intelligemment - la deuxième option…

Fever Ray

Le concert de Fever Ray, LE grand moment de cette soirée est chroniqué ici, en suivant ce lien.

Major Lazer

Après la grand messe magistrale et macabre de la chanteuse de The Knife avec son projet Fever Ray, le choc est sans doute trop dur pour passer directement au show putassier, grossier et lourdingue de Major Lazer, qui nous a prodigieusement emmerdé, il faut bien l’avouer. Non content de produire un mélange potentiellement explosif (mais pas exactement finaud en live) entre R&B, reggae, rock et Hip Hop le projet), Major Lazer - assez intéressant dans le style virevoltant sur disque… - se présente avec un chanteur vociférant et vraiment très énervant, un autre vocaliste faisant de la figuration, un DJ et deux danseuses court vêtues se faisant peloter, baiser pour de faux et tout le toutim. Le spectacle est affligeant, le son est aussi répétitif que formaté et l’on se dit en soi que le temps de regagner son couchage est venu…

Sites internet : www.lestrans.com, www.myspace.com/chocolated0nuts, www.myspace.com/fmbelfast, www.myspace.com/thephantombandpage, www.myspace.com/detroitsocialclub, www.myspace.com/majorlazer.

Photos live : Flore-Anne Roth


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 17/12/2009

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