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Les Transmusicales de Rennes, vendredi 4 décembre

2009

Gablé, Cass McCombs, Brightblack Morning Light

Rennes (France)

du : 2
au : 5 décembre
Juste avant de se lancer à fond dans la première soirée au Parc des Expos de Rennes pour l'avant dernière journée des Transmusicales 2009 - au menu : FM Belfast, The Phantom Band, Chocolate Donuts, Slow Joe & The Ginger Accident, Detroit Social Club, Major Lazer -, un petit détour en centre ville par la case "Salle de la Cité" permet de prendre encore une fois une bonne rasade de musique enthousiasmante dans ce bel endroit intimiste. Avec les hippies solaires de Brightblack Morning Light, les musiciens hip rock complètement fous de Gablé et le splendide folk rock pop de Cass McCombs

Brightblack Morning Light

Arrivé au milieu du set de Brightblack Morning Light, un étrange combo du Nouveau Mexique, on constate immédiatement que la troupe de renards du désert - enregistrant avec de l’énergie solaire sous une tente - a dû tomber sur un gisement de drogue aussi lysergique que super puissante. Travaillant un même riff de guitare pendant 15 minutes, le chanteur guitariste a l’air complètement parti dans son monde à lui ; de temps à autre, il vocalise un petit peu au travers d’un effet qui lui donne une voix de loup garou échoué dans une communauté hippie ou alors il décide de faire un solo joliment barré. Le tout pendant que la rythmique alanguie continue sa route. Ouch ! Quel trip mes aïeux ! Capable d’emmener le public dans ses délires folk ‘n gospel rock camés,Brightblack Morning Light est le groupe idéal pour faire langoureusement l’amour après avoir consommé des quantités astronomiques de substances opiacées. Impossible de faire la guerre avec une telle musique, on pense juste à se rapprocher façon "collé serré" de son prochain, c’est une bonne chose… Peeeeaaaaaaaaace annnnd looooooove. Après avoir recueilli une belle ovation, le groupe quitte d’ailleurs la scène en délivrant un - court mais passionné - message anti guerre.

Gablé

Un an après leur dernier passage à L’Ubu, les régionaux de l’étape de Gablé ont, cette fois encore, fait un triomphe hyper mérité auprès du public, et ce en présentant un spectacle enrichi avec une chorale de… vieux. Idée iconoclaste s’il est mais idée prenant tout son sens sur scène ; cette chorale apportant une dimension surréaliste à l’univers déjà passablement perturbé de Gablé. En début de set, on retrouve les chansons foutraques qui ont fait le succès critique et public d’un groupe hallucinant de bonne humeur, d’invention borderline et de volonté de communiquer sa passion pour les mélanges épicés. Les quatre Normands évoluent en effet sur des sables émouvants en perpétuels mouvements entre hip hop décalé, rock bruitiste, pop détonante et BO de dessins animés pour adultes avertis…

L’énergie remarquable, la jovialité de la troupe et les projections de BD bizarroïdes contribuent à créer une ambiance de rêve : c’est la fête, sans être festif ! Puis la fameuse chorale (une trentaine de personnes âgées) fait son entrée, réalise des chœurs très marquants, avant de se saisir chacun d’une guitare utilisée de manière détournée afin de faire un raffut de tous les diables… Encore une bonne idée de Gablé, décidément ces gens-là n’en manquent pas ! La prestation de la troupe se termine par une chanson traditionnelle sur la Normandie interprété par deux femmes ravie d’être là. Très drôle.

Puis, le chanteur guitariste se lance dans une reprise d’Elvis avec un masque du King et unea façon de jouer pas très conforme à l’esprit figé régnant désormais à Graceland. A la fin de leur show gratiné, les quatre hurluberlus récoltent des tonnerres d’applaudissements, ce qui n’est que justice avec une prestation aussi ébouriffante !

Cass McCombs

L’ambiance retombe un peu et les gens commencent à déserter la salle de La Cité pour le pourtant très beau concert de Cass McCombs, un artiste inspiré ne cherchant pas exactement la facilité… Ses premiers morceaux ne sont en effet pas les mieux choisis pour rentrer dans sa musique, leurs côtés lancinants et vaporeux ne contribuent pas à accrocher l’assistance qui trépigne d’impatience de partager sa joie d’avoir communier avec Gablé. Un léger effort de concentration plus tard, on constate avec joie que ce songwriter américain possède une voix bouleversante, un sens de mélodie qui tue et un don pour trousser des pop songs mâtinées de folk et de rock. L’ensemble se révèle rapidement très classe, délicieusement suranné et particulièrement captivant, une fois la porte d’entrée trouvée. On navigue à vue entre Neil Young, Joy Division, Roy Orbison et Cure mais en gardant une ligne directrice : la chanson pop/rock parfaite. La voix et la guitare (pouvant être caressante ou musclée) sont admirablement et discrètement aidées dans cette mission par une batterie – battant le rythme comme il faut – et des synthés – parfois cold wave – aussi discrets que toujours à propos. Encore une jolie découverte faite aux Transmusicales de Rennes ! Une de plus !

Sites internet : www.lestrans.com, www.myspace.com/brightblackmorninglight, www.myspace.com/cassmccombs, www.myspace.com/gableacute, http://gable1.free.fr/index.html.

Photos live : Flore-Anne Roth


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 19/12/2009

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