24/11/2017  |  4914 chroniques, 162 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 23/11/2017 à 16:00:35
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Festival Mo'Fo vendredi 28 janvier

2011

Heavy Trash, Cheveu, Crane Angels, Eldia, Yaya Tova, The Fishermen 3, Oh! Tiger Mountain

Saint-Ouen (France)

du : 28
au : 30 janvier

Excellent début de festival, vendredi 28 janvier, pour Mo'Fo 2011 dans le cadre rock 'n roll et intimiste de Mains d'Oeuvres, à Saint Ouen avec, par ordre d'apparition sur scène : Oh! Tiger Mountain, The Fishermen 3, Yaya Tova, Eldia, Crane Angels, Cheveu et Heavy Trash... Ambiance cool, accueil sympa, public nombreux (la soirée, qui se déroule dans les deux salles du lieu, affiche complet), respect du timing annoncé, ce qui permet de passer d'une scène à l'autre sans louper quoi que ce soit, il n'y a presque rien à redire... Tant et si bien qu'à la fin des concerts, on a déjà envie d'y retourner le soir suivant, même si l'endroit est un peu perdu au milieu du dédale des rues de Saint-Ouen, non loin des fameuses puces de Clignancourt et du stade de l'équipe de foot du Red Star. Compte rendu :

Oh! Tiger Mountain

Joli début folk 'n blues pop avec Oh! Tiger Mountain, un jeune marseillais très à l'aise pour trousser des morceaux captivants, fleurant bon l'Americana et truffés de mélodies, riffs de guitare, petits détails sonores et autres choses tout droit sorties d'un épatant bric à brac musical. Si la voix est un peu emphatique à certains moments, la présentation scénique (en compagnie de Kid Francescoli aux percussions et bidouillages), décontractée et souriante, donne envie d'en savoir plus sur le songwriter à la fin de son court set...

The Fishermen 3

On enchaine juste après sur l'autre scène située à quelques mètres avec une prestation impeccable d'un folksinger américain très, très doué : The Fishermen 3, un ami de David et Neman d'Herman Dune, qui pour fêter les 10 ans de Mains d'Oeuvres (où ils répétaient à leurs débuts) et des 9 ans de Mo'Fo (festival 100% indé qu'ils ont initié) ont le " droit " d'inviter leurs amis. Sorte de sosie dégarni de Paul Simon, le chanteur/guitariste de Fishermen 3 évolue dans un style folk rock à la Bob Dylan : mélodies accrocheuses, ambiances rustiques à la guitare sèche et voix mélancolique. Classieux mais un tantinet tristounet au début, le concert de The Fishermen 3... Puis le musicien se décontracte, l'apport d'un choriste/guitariste électrique détendant l'atmosphère, tout en permettant à notre homme de raconter une excellente histoire sur sa rencontre en Espagne, après un concert un peu arrosé, avec un policier et un alcootest... Quoi qu'il en soit, même si cet artiste roule un peu bourré avec 0,8 g d'alcool dans le sang (mais en toute légalité sur les routes espagnoles, où le taux légal est plus élevé qu'1 gramme, d'après lui !), The Fishermen 3 est à découvrir !

Yaya Tova

Avant sa prestation en tête d'affiche avec Herman Dune le dimanche soir (pour un excellent concert sur lequel nous revendrons bientôt), David-Ivar Herman Dune - aka Yaya pour les intimes - présente son projet - expérimental, free jazz et très rock - intitulé Yaya Tova.

En compagnie de Quentin Rollet, saxophoniste aux idées larges et aux multiples talents d'improvisateur, et de Ludwig Dahlberg, batteur attitré d'International Noise Conspiracy (groupe culte s'il en est !), David Ivar propose un set aventureux fait de solos bizarres, de gros riffs électriques à la Neil Young & Crazy Horse/Rolling Stones, de dérapages déjantés instrumentaux et de morceaux chantés. C'est surprenant, légèrement complaisant à certains moments – genre, j'ai un gros son et je joue au rocker, quoi ! – mais souvent prenant et très stimulant pour l'esprit.

Eldia

Groupe parisien clairement orienté du côté pop de la force, Eldia offre un set des plus marquants, en axant sa courte prestation sur ses morceaux les plus accrocheurs et directs. Le groupe qui nous avait plu en première partie de Spoon sur la grande scène de l'Elysée Montmartre il y a peu, semble se trouver plus à l'aise dans un lieu plus intimiste : la voix est convaincante, les morceaux pètent le feu et les arrangements guitare/basse/batterie/orgue électrique/voix explosent en pleine tête. Cette pop rock joliment psyché et patiemment travaillée fait de l'effet en live et a sans aucun doute de l'avenir...

Crane Angels

Ah la la, comme c'est réjouissant cette vague des chorales pop rock 'n roll ! Après les divins Rémois de Bewitched Hands, c'est au tour des très agités Bordelais de Crane Angels de s'y coller... Sur scène, Crane Angels propose un tourbillon de chansons euphorisantes chantées par une flopée de choristes et de musiciens, qui ont l'air de sévèrement prendre leur pied. Et qui du coup, envoient des "Good Vibrations" très communicatives vers le public, qui peut ensuite surfer dessus à loisir... Baignant dans les mélodies enchanteresses propulsées vers les cieux par les soubresauts des morceaux à rebondissements de Crane Angels - oui, ce début de phrase est un peu too much, mais ceci est provoqué par l'enthousiasme créé par cette chorale ! -, on pense aux Beach Boys des années 60 et 70, à Polyphonic Spree et à Arcade Fire... Et à la fin du set, l'on se demande comment ces musiciens font pour nous envoyer en l'air si facilement !

Cheveu

Après ce début de soirée canon, on arrive donc gai comme un pinson et bien énervé positivement au concert de Cheveu, dans l'autre salle de Mains d'Oeuvres. Là, il faut déjà réussir à se faufiler pour entrer, la foule s'étant massée dans ce lieu exigu, surchauffé et parfait pour accueillir un live de rock 'n roll électro hip hop garage Lo Fi symphonique shit gaze... On peut appeler ça comme on veut, mais une chose est sûre : cet excellent groupe qu'est Cheveu a pris une dimension supplémentaire avec son nouvel album, 1000. Et ça se voit clairement en live, où les titres explosent littéralement à la gueule du public, qui en redemande. Les fans sont là, hystériques, les groupies sont présentes (elles sont reconnaissables aux cris suraigus qu'elles poussent quand le chanteur, David Lemoine, fait son apparition sur les planches... ), bien énervées elles aussi et le reste du public attend le déluge de son de pied ferme... Il ne reste plus au groupe également composé des très concentrés Olivier Demeaux (synthés, beats de Casio pourri et samples de violons etc) et Etienne Nicolas (guitare blues punk) qu'à enchainer les titres, tous plus marquants les uns que les autres – Quattro Stagioni, Like a deer in the headlights, No Birds, Lola langusta, Ice Ice Baby, Clara Vénus, Sensual drug Abuse etc etc – pour transformer l'endroit en infernale pétaudière sonique.

Résultat des courses, le tiercé gagnant David + Etienne + Olivier donne un concert de feu, sans temps mort, avec uniquement des points forts teintés de schizophrénie punk blues électro hip hop, de très bons moments de communion avec le public (présentations surréalistes des morceaux, petits discours, saut dans la foule... ) et un sentiment final de joyeux bordel parfaitement maitrisé. Un peu comme si Cheveu, avec son chanteur impressionnant d'énergie et au registre très étendu (cris de dingue, chant de damné psychopathe, bidouillages sur micro, attitude de primate sous produits... ), son guitariste machine à riffer et sa section rythmique deux (ou trois) en un, avait trouvé la formule magique. Celle qui provoque mille émotions en un quart de seconde.

Heavy Trash

Difficile de passer immédiatement à autre chose après le choc Cheveu ! C'est pourtant ce qu'il faut faire (pas facile la vie, hein ! on plaisante !), les fameux et très attendus par des fans inquiets – " c'est sur cette scène que Jon Spencer va jouer ? " nous a-t-on demandé plusieurs fois... – Heavy Trash de Jon Spencer et Matt Verta-Ray ayant pris d'assaut l'autre scène du festival Mo'Fo. Sans surprise, le groupe décoche son traditionnel set de rockabilly blues country rock 'n ' roll : des titres sauvages, chantés comme un loup garou en rut par le sempiternellement en forme Mr Spencer, admirablement joués par Mr Verta Ray – toujours imparable à la six corde électrique ! – et par le groupe Power Solo, au grand complet (batterie, contrebasse et guitare slide). Heavy Trash sur scène, c'est toujours la grande classe ! Même si le groupe semble un peu ronronner - pas trop de nouveautés à proposer -, il ne fait pas semblant en live, en dévoilant une à une ses cartes maitresses en forme de chansons sexy, vintage, épicées et fiévreuses. Heavy Trash conclut donc en beauté une soirée très, très réussie à Mo'Fo 2011 !

A lire également, une interview de Cheveu réalisée en janvier 2011 et les chroniques des deux derniers jours du festival Mo'Fo 2011 : The Vaselines, Viva & The Diva, The Big Crunch Theory, Majeure, Etienne Jaumet, Câlin et Antilles, le 29 janvier, et Herman Dune, Da Brasilians, Turner Cody et Stranded Horse, le 30 janvier.

Photos : Flore-Anne Roth www.floreanneroth.com...

Liens : www.mainsdoeuvres.org, http://cheveu.tk, www.myspace.com/ohtigermountain, www.myspace.com/thefishermenthree, www.myspace.com/eldia, www.myspace.com/thecraneangels, www.myspace.com/cheveu, www.myspace.com/heavytrash, www.heavytrash.net...


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 23/02/2011

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