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Festival Mo'Fo samedi 29 janvier

2011

The Vaselines + Viva & The Diva + The Big Crunch Theory + Majeure + Etienne Jaumet + Câlin + Antilles

Saint-Ouen (France)

du : 28
au : 30 janvier

Après une excellente première soirée passée au festival Mo'Fo 2011 le 28 janvier, poursuite du programme libre et réjouissant le lendemain à Mains d'Oeuvres (Saint-Ouen). Avec encore une fois, une très belle affiche peuplée de découvertes bienvenues et de gloires indie rock Câlin, Antilles, The Big Crunch Theory, Majeure, Viva & The Diva, Etienne Jaumet et The Vaselines... Chronique :

Câlin

A la guitare et aux bidouillages divers et variés, le monsieur dégarni, doué et extrêmement drôle dans ses discours pince sans rire (" ce morceaux a pour thème la démarche qualité ") qui se cache derrière le très tendre nom de Câlin fait passer un excellent moment avec ses titres entre électronique expérimentale et planante, rock très étrange et pop si émouvante qu'elle donne envie de chialer comme une madeleine... En aventurier de l'arche perdue du son DIY, do it yourself pour les intimes, Câlin fait feu de tout bois, essaye de mélanger tous les styles qu'il affectionne et réussit à être captivant sur chacune de ses tentatives... Très belle découverte !

Antilles

Après les câlins généreusement prodigués par le groupe précédent, place maintenant à une belle séance de gifles pour les adeptes du sado masochisme sonique ! Le trio Antilles - nouveau projet du duo bruitiste Sister Iodine (Eric Minkkinen et Lionel Fernandez) avec Lori Schonberg (Berg SanS Nipple, Herman Dune) à la batterie – se charge d'offrir au public un set de rock hyper noise à base de larsens triturés, d'expérimentations sonores et de rythmes virulents...

Pas consensuel pour un sou, peu accessible et violemment extrémiste, Antilles en live, c'est une expérience qui fait mal aux oreilles, certes, mais qui fait surtout du bien aux cerveaux avides d'aventures.

The Big Crunch Theory

Le nouveau projet de Lisa Li-Lund, dont on apprécie les chansons en solo ou avec French Cowboy, s'intitule The Big Crunch Theory. Sa prestation au festival Mo'Fo, gâchée par des problèmes de sons (on n'entend pas souvent le chant et il y a des larsens récurrents), est trop décousue et pas suffisamment préparée pour être convaincante, malgré des morceaux paraissant potentiellement intéressants et des invités de marque : David Ivar Herman Dune, à, la guitare électrique, et Quentin Rollet, au sax... Il faudra donc revoir The Big Crunch Theory une autre fois sur scène pour pouvoir vraiment donner son avis.

Majeure

Un peu hermétique dans sa présentation (un homme seul et pas très expressif derrière des machines infernales), le projet made in USA de Majeure navigue à vue entre électro pop aérienne, virées kraut rock et successions de montées et de descentes psychédéliques... C'est classe, cinématique et particulièrement prenant ! Mais il faudrait sans doute une mise en scène un peu plus travaillées, des projections en fond de scène et un passage plus tardif devant une salle plus "chaude" pour que Majeure fasse un effet encore plus important sur le public...

Viva & The Diva

Ensuite, c'est le choc Viva & The Diva qui balaie tout sur son passage, avec un set survolté montant en puissance jusqu'à l'explosion finale... Emmené par une chanteuse/guitariste à la présence magnétique et à l'attitude particulièrement furieuse, la délicieusement vulgaire et outrageusement dominatrice Sir Alice, le groupe – très remonté lui-aussi – ferraille des boogie rock avec riffs de guitare reptiliens et parties vocales arrogantes... C'est basique, enlevé, beaucoup " punk rock groovy " et un peu " électro pop délétère ", et ça donne envie de bouger, de gueuler, de baiser... de vivre quoi ! A suivre, Viva & The Diva !

Etienne Jaumet

Dans un style radicalement différent et peu de temps après dans l'autre salle de Mains d'Oeuvres, Etienne Jaumet (moitié de Zombie Zombie, qui assure la programmation sur cette scène aujourd'hui) officie derrière ses machines, en grand prêtre dingue de l'electro kraut rock psyché cosmique... Habité par sa musique, comme électrocuté dès qu'il trafique ses synthés et tourne les boutons de son armada instruments vintage, le célèbre binoclard grassouillet fou d'électronique (voire plus si affinités), rend son public extatique et déluré. Bras levés et cris de joie se succèdent donc, alors que les surprises défilent à vitesse grand V : une dame d'un certain age vient épauler Monsieur Jaumet pour faire des vocalises puis actionner une vielle à roue, rendant le tout encore plus surréaliste et stratosphérique...

The Vaselines

Toute personne étant fan de Kurt Cobain et de Nirvana et ayant écouté en boucle le génial Unplugged in New York et les disques de raretés du combo de Seattle ne peut que comprendre la joie de découvrir sur scène les auteurs de Jesus doesn't want me for a sunbeam, Molly's Lips et Son of a gun, Frances McKee et Eugene Kelly, du groupe écossais The Vaselines (formé à Glasgow en 1987)... On attendait ça depuis longtemps, même si on avait déjà vu Eugene Kelly seconder au chant Isobel Campbell, à l'occasion de La Route du Rock, il y a quelque temps... Et l'on n'a pas pas été déçu !

Certes, les visages ont vieilli, certes Eugene Kelly a le visage un peu crispé, mais l'envie de jouer est bel et bien là, le groupe est très bon et les morceaux – entre pop et punk – sont interprétés façon indie rock bien punk, gardant toute leur force ironique et leur sex appeal. Car comme pour la plupart des gens, la seule chose – ou presque – qui intéresse les Vaselines (ce nom assez glissant, déjà...), c'est le sexe ! Leur dernier album s'intitule Sex with an X et ils blaguent volontiers en français sur les petits et grands saucissons ou sur la rapidité à la détente des français. Cela pourrait être graveleux et lourd, mais Frances McKee et Eugene Kelly maitrisent l'art et la manière de trousser des pop songs tout à la fois poétiques, mélodiques, salées, acides, tendres et revêches… Des morceaux qui ont inspiré Nirvana donc, mais aussi d'autres Ecossais, comme Belle & Sebastian. Et des morceaux qui sonnent toujours actuels et frais en 2011 ! Tant et si bien, qu'on passe un moment de rêve, bien calé aux premières loges, juste derrière le pogo et les slams provoqués par le titres les plus virulents des Vaselines... Et si les magistraux et cultes Jesus doesn't want me for a sunbeam, Molly's Lips (avec le roadie à dreadlocks du groupe venant donner des petits coups de klaxons, comme sur l'enregistrement studio... ) et Son of a gun sont interprétés vers la fin du set, les autres titres - anciens ou récents - des Vaselines sont, eux aussi, excellentissimes ! A voir en live autant que faire se peut !

A lire également, une interview de Cheveu (réalisée en janvier 2011), qui jouait la veille ici-même...

Photos : Flore-Anne Roth www.floreanneroth.com...

Liens : www.mainsdoeuvres.org, www.myspace.com/aepaterra, www.myspace.com/etiennejaumet, www.myspace.com/thebigcrunchtheory, www.myspace.com/calincanin, www.myspace.com/vivaandthediva, www.myspace.com/thevaselinesband...


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 23/02/2011

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