28/05/2017  |  4819 chroniques, 160 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 26/05/2017 à 15:10:50
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La Route du Rock 2011 - dimanche 14 août

2011

Chelsea Wolfe, Josh T. Pearson, Other Lives, Okkervil River, Cat's Eyes, Fleet Foxes, Crocodiles, Dan Deacon, Mondkopf

Saint-Malo (France)

du : 12 août
au : 14 août
Quand on est rincé du samedi, il n’y a rien de mieux que de réattaquer par le Palais du Grand Large qui accueille des concerts à l’abri et de manière plus confidentielle. Ainsi, l’auditorium du Palais des Congrès de Saint-Malo reçoit pour ce dernier jour de festival Chelsea Wolfe, Josh T. Pearson et Other Lives.

Chelsea Wolfe

Pendant que le soleil fait son apparition pour le plus grand bonheur de l'office de tourime du pays malouin, certains festivaliers choisissent de se fondre, et non de rôtir, dans les fauteuils d'un obscur auditorium admirablement sonorisé. Chelsea Wolfe, californienne de son état, encagoulée dans un niqab de dentelle noire, et accompagnée ici d’un claviériste, présente un répertoire éclectique qui a comme point d’orgue l’univers gothique. Avec des nappes d'électronique, des fumigènes et des hurlements sauvages, elle nous enchante à revisiter d'une manière ténébreuse la folk music. A rapprocher avec les univers de Bat for Lashes, de Zola Jesus, voire de Salem.

Josh T. Pearson

Josh T. Pearson a eu du succès, lorsqu’il est apparu pour l’édition précédente du festival (à lire ici) pendant que les techniciens des Flaming Lips mettaient leur concert en place et gonflaient les ballons de baudruche. Attendu de nouveau cette année, et toujours armé d’une guitare folk, Josh T. Pearson expose les chansons de Last Of The Country Gentlemen sorti sur le label Mute. Son humour et sa maîtrise de la langue française permettent au texan twès mawant, installé à Paris, de conquérir le public assis sans la salle dès les premières notes. La longueur de ses morceaux ne se ressent pas, au contraire j’ai l’impression de vivre une seule et unique chanson, et la manière de frapper de ses doigts les cordes ainsi que les variations du volume de sa voix me séquestrent sur mon fauteuil avec émerveillement. Le rappel est bien mérité.

Other Lives

Les ballades des membres de Other Lives viennent clôturer avec complémentarité cet après midi. Accompagnés de multiples instruments à faire pâlir tout magasin de musique de renom, le quintet nous régale de ses arrangements qui diffèrent à chaque chanson. Leurs chansons épiques, à l’image de For 12, nous enveloppent dans une moderne et flottante bande originale de western. Eux aussi feront honneur à Léonard Cohen en reprenant également The Partisan.

Okkervil River

De retour au Fort Saint-Père, nous sommes accueillis par une tignasse brune à la barbe rousse, auteur d’un chant beuglé et escorté par des instrumentations parfois mièvres, parfois cacophoniques. La prestation de Okkervil River ressemble plus à celle d’un Bruce Springsteen à moitié bourré qu’à une démonstration instrumentale et vocale de Neutral Milk Hotel. Je n'overlike pas : je suis overkillé.

Cat’s Eyes

Chez les félins sociables, la communication est primordiale pour une bonne entente. Pourtant, Cat’s Eyes ou Farris et ses peintres du dimanche ne se regardent pas. Tandis que la douce et belle soprano est égarée à côté des ingénieurs du son des retours, Farris Badwan et son intermittent de bal musette à la guitare sont aux premiers rangs mais s’ennuient éperdumment équipés pourtant de deux belles guitares mais sans mélodies à se mettre sous les dents. J’entends davantage des rythmes de batterie médiocres et simplistes. L’auteur de ces coups de casseroles se cache derrière une collection de tom sans pour autant les utiliser. Les réserve-t-il pour le festival de métal Motocultor qui se tient dans quelques jours en Bretagne ? En tout désespoir, je crie à Farris, qui me fait frémir dans son quintet The Horrors, d’arrêter la guitare et de changer de copine.

Fleet Foxes

Les Fleet Foxes ne me charment pas pour me ramener au-devant de la scène et profiter au mieux de leurs morceaux. Ne souhaitant pas froisser les amateurs, je me contenterai de dire que je ne les ai pas vus au profit d’un moment magique de festival : être attablé avec des amis autour d’une poubelle mobile.

Crocodiles

Brandon Welchez et Charles Rowell ont amené 3 invités pour les accompagner. D’allure débraillée, bouteille de pastis sur l’ampli, la prestation est néanmoins précise dans le jeu. Mention spéciales aux morceaux Hearts of Love, Mirrors et I wanna kill.

Dan Deacon

Beaucoup de monde se presse devant la petite scène sur laquelle se produit Dan Deacon. Difficile d'apercevoir de la fosse ce dernier, mais on peut l’identifier à un crâne vert qui fait partie de ses instrument et s’élève au-dessus de la masse. Jonglant entre son clavier, ses oscillateurs, son vocoder, ses delay, sa voix pitchée en personnage de cartoon, le Bézu indie de Baltimore a offert aux festivaliers le concert électronique le plus mouvementé. Dan Deacon est le führer du dimanche soir, réussissant à dompter la foule, et la déplacer les bras levés.

Mondkopf

Mondkopf, jeune DJ Toulousain réfugié sur Paris, clôture la soirée par un bal électronique sombre et dansant. Malgré une coupure électrique qui arrête net musique et projections visuelles, le jeune DJ surmonte l’épreuve et relance la musique sans bavure mais sans projections. Son set minimal et élégant me conduit à la soirée de fin animée par les Magnetic Friends et Los Curators.

Pour finir, cher Papa, chère Maman, je retiens des trois jours : la séduisante reformation d’Electrelane, l'électro-transe de Suuns, la découverte de Still Corners, l’atmosphère gothique de Chelsea Wolfe, et la prestation furieuse de Dan Deacon. J'espère revenir l'année prochaine. Bisous.


En remerciant Julien Nédélec pour les photos de Okkervil River, Fleet Foxes, Dan Deacon et Mondkopf.
Photos de Chelsea Wolfe, Josh T. Pearson, Other Lives, Cat's Eyes et Crocodiles par Sylvain Silver.


www.laroutedurock.com
rdr2011.tumblr.com/

auteur : Sylvain Silver - sylvainsilver ate hotmail.fr
chronique publiée le 25/08/2011

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