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Les femmes s'en mêlent - jeudi 29 avril

2004

Kaito, Prototypes, France Cartigny

Paris (Café de la Danse) (France)
Stupeflip / Prototypes : même combat ?
Hormis la rime (en hype ?), on peut en effet trouver quelques similitudes dans ces deux projets "développés" par des sous-labels de majors du disque.
Campagnes de promo tous azimuts, retombées presse effarantes, premier single qui "tue" (j'fume'pu'd'shit / Danse sur de la merde), attitude anticoformiste des musiciens : débilité (assumée) pour Stupeflip, branchitude décalée pour Prototypes (sa chanteuse travaille en "intérim" dans des happenings arty ultra-tendance).
Résultat des courses, avant le verdict SACEM (20 000 ex. écoulés pour King Ju et ses acolytes, pour mémoire, c'est à dire peanuts) ?
Pour un Stupeflip absolument éreintant sur scène, on a droit avec Prototypes à un show gentiment ordonné, avec une chanteuse, Isabelle Le Doussal, qui focalise l'attention, quand les Bosco jouent les utilités à ses côtés (dernière occase pour eux de goûter au succès ?).
Bizarrement lookée, quand même, Mademoiselle Bubble Star : revêtue d'un short à fleurs affreusement branchouille, recouvrant très partiellement ses longues jambes, - le même, peu ou prou, occasionna mon retrait des terrains de foot, traumatisé que j'étais, gamin, à l'idée de devoir le porter -, et d'un haut corbeau laisant joliment deviner ses attributs féminins, elle déclenche fort logiquement les "A poil" habituels, après quelques pas de danse gentiment aguicheurs, mais ne paraît pas s'en formaliser.
Le répertoire (?) "bubble-rock" du groupe, aux textes assez insignifiants, est survolé sans véritable passion, sans même que le fameux "single" Danse sur de la merde ne déclenche l'hystérie dans des travées quelque peu clairsemées : finalement, seul Sheena is a punk rocker, titre des Ramones exécuté (c'est bien le terme approprié) en rappel provoquera quelques réactions, moult "Gabba Gabba Hey" s'élevant des gradins.

On aura logiquement préféré à cette piètre prestation le set d'ouverture de France Cartigny, impeccable. Ayant pris place, comme d'habitude, au centre de la scène, derrière ses fûts, la batteuse/chanteuse débutera sa performance par un de ses nombreux tubes pop : Un monde de rêve, qui à l'époque, en 1998, avait connu son petit succès. Accompagnée par deux acolytes armés de guitares, elle passera une demi-heure sur scène à ravir le public avec ses comptines gentiment décalées, sa fraîcheur et son enthousiasme communicatif. Un nouvel album sort dans les prochaines semaines : on espère que ce petit bout de femme rencontrera enfin le succès qu'elle mérite.

Kaito, quatuor anglais semble-t-il encensé par pas mal de canards qui font et défont les modes, concluera la soirée avec une musique proche de Sonic Youth ou Blonde Redhead, sur laquelle se pose un chant dissonnant, parfois un peu éreintant. Le parti-pris "expérimental" du groupe est à l'occasion exaspérant, mais au final, restent quelques bons moments, ceux où les quatre de Brighton partent à l'unisson sur des versants plus pop, autrement convaincants.

Bien entendu le week-end arrive, et "Tout le monde cherche quelque chose à faire"... Un détour par le Café de la Danse n'est pas forcément une mauvaise idée, plutôt qu'à rester chez soi à "danser sur la merde qui passe à la radio" : le festival les femmes s'en mêlent se conclut avec des artistes aussi passionnantes que Shannon Wright, Under Byen ou Aroah, vous savez ce qu'il vous reste à faire !


www.lfsm.net

auteur : Jérôme Crépieux - jerome_(at)_foutraque.com
chronique publiée le 30/04/2004

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