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Printemps de Bourges - jeudi 22 avril

2004

Jeanne Balibar, Laetitia Shériff

Bourges, Théâtre Jacques Coeur (France)

du : 20
au : 25 avril 2004
Quand les femmes s’en mêlent, on ressort tout « chose » du Théâtre Jacques Cœur… Laetitia Shériff et Jeanne Balibar, les deux charmantes chanteuses qui se sont succédées sur les planches au cours de cette soirée ont séduit par leur beauté et par leur musique, pourtant assez différentes. Avec Codification, son premier album qui vient tout juste de paraître après de nombreuses années de concerts prometteurs (de 2001 à 2003), la carrière de Laetitia Shériff risque de subir un coup d’accélérateur assez violent. Car, désormais entourée par les précieux Olivier Mellano (guitares) et Gaël Desbois (batterie), la jeune femme semble parée pour séduire avec une musique à la fois chaotique, volcanique et réconfortante. Les morceaux - souvent dissonants et teintés d’expérimentations soniques - sont chantés d’une voix mutine, cela produit un effet redoutable à tous les coups : on se laisse emporter par ce maelström d’émotions à fleur de peau.

Le set de Jeanne Balibar et Rodolphe Burger n’en manquera pas lui non plus, d’émotion… Même si tout commence par le premier morceau de l’album Paramour, un Tour du monde un peu étranglé par l’émotion justement, la suite sera riche en instants magiques. Cela on le doit bien évidemment à la voix de la troublante Jeanne. Parlons-en de cette voix : tour à tour aiguë et stridente ou grave et pénétrante, elle est toujours singulière et peu soucieuse de sonner juste… Comme Jeanne Balibar mime ses textes, malheureusement pas toujours intelligibles, avec des gestes lents et gracieux, le spectateur se laisse bercer par cette musique truffée d’arrangements aventureux et cette gestuelle qui part un peu dans tous les sens (à l’instar de sa voix). En chef d’orchestre inspiré, Rodolphe Burger lance des boucles avec un sampler tout en jouant toujours admirablement de sa guitare à effets. Grâce à un son de guitare hallucinant, chacune des interventions du leader de Kat Onoma irradie les morceaux d’une présence absolument extraordinaire. Bien calé dans son siège, on se demande presque si ce que l’on voit et entend est réel ou relève purement et simplement du rêve éveillé ; à l’heure où ces lignes sont écrites, on se le demande encore ! On se souvient tout de même d’un rappel où Les petits papiers du grand Serge sont effeuillés comme autant de promesses d’un avenir meilleur pour les sans papiers. En sortant, un peu sonné, le regard hagard, on se dit en retrouvant le lumière que l’on ferait bien le Tour du monde Paramour pour cette Jeanne là…


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auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 30/04/2004

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