27/01/2020  |  5296 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 27/01/2020 à 17:39:51
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Samaria

Kim Ki-duk
Corée - 2004
scénario : Kim Ki-duk
avec : Lee Uhl, Kwak Ji-min, Seo Min-jung
durée : 1h35
Si il y a une dizaine d’années l’émergence du cinéma asiatique se focalisait autour de Hong-Kong, du Japon ou des prémices du cinéma chinois, aujourd’hui il faut plus compter sur la Thaïlande ou la Corée. C’est ainsi que certains réalisateurs, inconnus il y a quelques temps, accèdent aujourd’hui à la renommée et à la reconnaissance du cinéma mondial. Ce n’est d’ailleurs pas anodin si Samaria, troisième film du réalisateur coréen Kim ki-duk, a été couronné à Berlin par l’ours d’argent du meilleur réalisateur.

Après Printemps, été…, Kim Ki-duk réalise une œuvre tout aussi forte, mais plus contemporaine. Yeo-jin et Jae-youg sont deux lycéennes à l’amitié ambiguë, l’une essaye de se trouver une identité, tandis que l’autre prend le plaisir là où il vient, sans ce soucier des conséquences. Pour se payer un voyage en Europe, toutes les deux choisissent le métier le plus rentable et accessible pour une femme : la prostitution. Malgré l’attachement permanent de Jae-youg à ses partenaires, tout semble être comme dans un jeu d’enfant, excepté le jour où une descente de police va faire basculer les deux vies des adolescentes. Si le thème de l’amitié coupable et charnelle entre deux lycéennes a déjà été abordé dans le cinéma coréen (Memento Mori), Kim Ki-duk y insuffle une troisième entité, tout aussi forte que les deux premières, celle du père emprunt de culpabilité : il n'a pu sauver sa femme assassinée. C’est par ce trio de présences, conscientes ou rêvées, que s’opère l’histoire d’une intensité rarement égalée. Si les deux parties vont crescendo dans l’abnégation des actes des protagonistes, la troisième partie, en apparence plus calme, capte par sa tension palpable.

Au-delà de l’histoire, le réalisateur met en exergue les maux de la société coréenne. Errance de la jeunesse insoucieuse de ses actes, perte des repères et des traditions. La religion, thème de chevet du réalisateur, est aussi présente par le biais d’histoires, semblables à des contes, mettant en scène de grandes figures du Bouddhisme comme du Christianisme. Cette ambivalence entre croyances et brutalité des actes fait de ce film une œuvre trouble et originale qui ne passera pas inaperçue lors des palmarès de fin d’année.


auteur : DrBou - drbou31@hotmail.com
chronique publiée le 16/11/2004

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