27/01/2020  |  5296 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 27/01/2020 à 17:39:51
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Mondovino

Jonathan Nossiter
France / Etats Unis - 2003
scénario : Jonathan Nossiter
avec : Robert Paker, Michel Rolland, Hubert de Montille, Aimé Guibert...
durée : 2h15
A la veille des fêtes de fin d’année, des traditionnels repas familiaux et des bonnes bouteilles de vin, un film retient toute l’attention de nos chers journalistes français. Mondovino squatte en effet toutes les couvertures des magazines, qu’ils soient branchés ou pas. Une question vient tout de même à l’esprit après avoir vu le-dit documentaire : les journalistes l'ont-ils bien visionné, ou ont-ils passé leur temps à se regarder le nombril ?

Le film a de quoi plaire sur le papier. Il parle en effet d'un de nos biens les plus précieux : le vin. Ce breuvage fait depuis des millénaires, jalousement préservé tout au long de notre histoire. Oui mais l’histoire elle aussi avance, et les grands viticulteurs d’aujourd’hui doivent avant tout se tourner vers l’extérieur pour pouvoir vendre le fruit de leur labeur. En un mot, le vin, comme tous les produits d’aujourd’hui, est devenu un bien de consommation mondial. De cela Jonathan Nossiter ne nous apprend rien. Il en va de même pour tout, si bien qu'un documentaire sur les filières du fromage aurait sans doute dressé un constat identique : l’uniformisation du goût et des couleurs. Non, ce n’est pas le propos du film qui est intéressant, ce sont plutôt les hommes qui l’habitent. Une vraie galerie de portraits atypiques et savoureux. Pêle-mêle, on pourrait parler de Michel Rolland, véritable mégalomane, dont la seule obsession pourrait se résumer à l’oxygénation des vins ; de Robert Paker, semblable à Marlon Brando, régnant en parrain sur l’industrie du vin. A Hubert de Montille, aristocrate par famille mais maniant la langue sans faute note boisée, Aimé Guibert, viticulteur belliqueux mais légèrement hypocrite. Bref la liste pourrait être longue, tant chacun des personnages a un côté outrancier qui amuse ou horrifie (voir le témoignage de ces viticulteurs argentins fascistes et racistes).

Si les personnages sont intéressants, le documentaire l’est beaucoup moins. D’abord par sa longueur (2h15) et surtout par sa manière de filmer caméra à l’épaule : ceux qui ont le mal de mer, s’abstenir. Le film n’est jamais cadré, la caméra survoltée n’arrête pas un seul instant de partir dans tout les sens, cadrant tout ce qui lui passe devant. D’autre part, le montage du film est lui aussi aléatoire, ne cessant de stigmatiser les tics de ses personnages (le rire tonitruant de Michel Rolland), qui à force portent sur les nerfs et desservent le propos, souvent excessif. On regrettera d’ailleurs de n’avoir à aucun instant l’avis d’un amateur éclairé qui puisse contrebalancer certaines "vérités" : l’oxygénation des vins est-elle un mal ? Les vins californiens sont-ils buvables ? Peut-on réellement faire des bons vins avec des procédés mécaniques ? Puisque visiblement nous n’auront jamais de réponses à ces questions, je vous conseille plutôt d’investir dans une bonne bouteille de vin et de la déguster entre amis. Tchin tchin !


www.mondovino-lefilm.com

auteur : DrBou - drbou31@hotmail.com
chronique publiée le 23/11/2004

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