27/01/2020  |  5296 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 27/01/2020 à 17:39:51
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Les Indestructibles

Brad Bird
Etats-Unis - 2004
scénario : Brad Bird
avec : Voix VO : Craig T. Nelson, Holly Hunter, Samuel L. Jackson, Jason Lee...
durée : 2h03
Même si cette chronique ne « cadre » pas vraiment avec les intentions alter-mondialistes de foutraque.com, il en va de votre santé mentale que de succomber aux charmes délétères des Indestructibles ou The Incredibles (en VO).
Passé le cap de l’extinction des feux après la sempiternelle et pénible séance de bandes annonces et autres publicités, entendu les jérémiades légitimes du genre « Y'a plus de lumière : j’ai peur !... » ou « J’ai envie de faire pipi… » - histoire de nous rappeler que 80% des spectateurs ont tous moins de 6 ans - on se laissera langoureusement lover dans son fauteuil…

Parmi la kyrielle de films d’animation qui inondent le marché du cinéma depuis près de 10 ans, on peut sans se tromper distinguer 2 écoles : l’école japonaise sous l’égide d’Hayao Miyazaki –dont on attend avec impatience la sortie 2005 du film Le château ambulant- et l’école américaine des studios Pixar.
Hayao Miyazai propose depuis près de 20 ans des films d’animation aux histoires souvent épiques où il exorcise les démons impérialistes du Japon et où il tente de nous avertir des dangers des rapports humain-nature qui tendent de plus en plus à l’auto-destruction…
A l’opposé, mais de manière parfaitement complémentaire, l’école américaine et surtout les studios Pixar, a révolutionné l’I.G.C. (images générées par computers-ndr) dés son premier long-métrage, Toy Story. Au fil de ses réalisations digitalisées, Pixar a su dépasser ces exploits technologiques pour se concentrer sur des films d’animation de comédie et d’aventure.

Les Indestructibles ne déroge pas à ces nouvelles orientations puisqu’il mélange pêle-mêle comédie, aventure et exploits technologiques d’images de synthèse.
On pourrait facilement jaser sur le caractère lisse et aseptisé de l’animation américaine, pour qui les personnages sont l’épicentre de la réalité picturale ; il n’empêche que les mouvements des images et des héros sont à couper le souffle, tant la fluidité des mouvements fondamentaux (expression des visages, cheveux et vêtements…) est harmonieuse et vivante.
Cet exploit ne doit en aucun cas occulter l’histoire de ces Super-Héros adulés et vénérés, puis honnis et rejetés par une société égoïste et rancunière, et qui sont obligés de se fondre dans l’anonymat d’une vie banale et rangée.
De cette trame « philosophico-burlesque », les scénaristes n’ont pas oublié la psychologie des personnages, des rapports complexes du fonctionnement de la cellule familiale et on a droit à des situations croustillantes d’humour et de vérité. A fur et à mesure de l’histoire, les caractères des personnages se révèlent à la fois surprenants et attachants et on se surprend à les considérer comme des amis qu’on suit et qu’on soutient au quotidien !…
Malgré une débauche d’exploits visuels (l’eau et les cheveux bougent merveilleusement !...), de décors somptueux et d’un Super-Méchant « Freudien », les réalisateurs ont su garder « l’aspect rémanent » du cinéma de leur jeunesse et ont déployé des trésors d’espièglerie pour mélanger les James Bond (circa Sean Connery), les ThunderbirdsSpy Kids et surtout cette culture « Comics Heroes » (on pensera aux 4 Fantastiques) qui a bercé toute une génération de trentenaires patentés…

Au final, des bouts d'chou de 4-8 ans qui n’y comprendront pas grand chose sinon d’avoir enchaîné le Mac Do avant, mais pour moi, une réalisation incroyablement nerveuse et vivante, des Super-Héros « pas comme les autres » avec des prétentions existentielles assez triviales mais in fine parfaitement hédonistes, une comédie burlesque avec des moments grandguignolesques et... l’immense joie de se retrouver éternel grand-enfant.


www.lesindestructibles.fr

auteur : Poplunaire - poplunaire@foutraque.com
chronique publiée le 03/01/2005

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