26/02/2020  |  5315 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 26/02/2020 à 12:16:24
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J'aime la vie, je fais du vélo, je vais au cinéma

Francis Fourcou
France - 2004
avec : Les équipes des cinémas Utopia, Cinambule, Aremberg... et Alain Juppé !
durée : 1h30
J’aime la vie, je fais du vélo, je vais au cinéma. Voilà un titre qui pourrait résumer bien des vies, à commencer par la mienne. Mais je vous rassure, loin de parler de mon existence, Francis Fourcou explore une facette rarement mise en valeur dans le cinéma : sa distribution. Il est vrai qu’un film n’est rien qu’un bout de pellicule et que c’est une myriade de salles qui lui donne, chaque jour, la vie. Des milliers de salles partageant un même amour pour le septième art. Cependant la réalité nous montre que ce partage est bien loin d’être aussi idéaliste et égalitaire.

Avant l’ère de la télévision, le cinéma était l’élément capital des villes. Situé en plein centre, il se faisait le reflet du monde par ses films et par ses actualités. Un centre névralgique où se concentraient rêves et passions en tous genres. Avec l’arrivée de la télévision, les grands distributeurs de films ont du s’adapter : ainsi, dans les années 70, les cinémas de centre ville se sont mués en multiplexes. Plus de salles, plus d’horaires, plus de films, tel fut le credo de cette première révolution dans la distribution cinématographique. Les années 80 firent ensuite le bonheur des studios hollywoodiens. Grosses recettes, plans médiatiques outranciers favorisent peu à peu une radicalisation de la distribution, avec d’un côté les grands distributeurs français historiques (Pathé, Gaumont, UGC) centrés sur les films à fort potentiel de spectateurs et d’un autre côté les petites salles de proximité et d’art et d’essai. Radicalisation amplifiée dans les années 90 avec l’arrivée des multiplexes situés en bordure des grandes surfaces. Faciles d’accès par leurs nombreux parkings, salles confortables et climatisées, ces multiplexes se sont transformés en véritables rouleaux compresseurs (allant parfois jusqu’à plus de 20 salles !!!) broyant les cinémas de centre ville tout en imposant leur visions à coup d’écrans géants et de dolby surround surpuissants.

Loin d’être pessimiste sur cette vision mercantile, Francis Fourcou préfère mettre l’accent sur le cinéma : le vrai, l’unique. Celui qui fait vibrer, rêver les gens au-delà de toute notion d’argent, car aimer le cinéma c’est avant tout le partager et non l’offrir bêtement sur un plateau. En soi ce documentaire contient de vrais moments de bonheur et d’amour. Bonheur de voir que même au fin fond de la France existent des associations qui se mobilisent pour montrer une autre vision du cinéma. Amour quand on voit ces passionnés capables de parler des heures et des heures de leur passion et de déplacer des montages. Ainsi on suit au fil des années l’aventure Utopia, distributeur de films implanté dans le grand sud. Militant, Utopia s’est toujours battu pour un autre cinéma : celui délaissé par tous car soi-disant non rentable. Pourtant l’aventure marche, les cinémas Utopia sont toujours là et montent même de petits multiplexes à échelle humaine, chaleureux et animés. Comme le souligne l’un des intervenants du film, ces distributeurs offrent la quintessence du cinéma au plus bas des prix, alors pourquoi s’en passer et pourquoi se laisser duper par un paquet de pop-corn trop sucré ?


www.cinemas-utopia.org/vie-velo-cine

auteur : DrBou - drbou31@hotmail.com
chronique publiée le 10/01/2005

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