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Buena Vida (Delivery)

Leonardo Di Cesare
Argentine - 2004
scénario : Leonardo Di Cesare
avec : Ignacio Toselli, Moro Anghileri, Oscar Núñez...
durée : 1h33
(Ce film sortira en salles le 16 février 2005)

Premier long-métrage de Leonardo Di Cesare, Buena Vida (Delivery) raconte les péripéties d’Hernan, 24 ans, dans une Argentine asphyxiée par une inflation galopante et une économie sans devises.
Hernan héberge Pato, une belle employée d’une station service, ou plutôt lui loue une chambre dans la maison familiale désertée par un grand frère et sa progéniture qui ont opté pour un exode vers l’Espagne et peut-être pour une meilleure vie …
Tout se passe pour le mieux, car entre Pato et Hernan se tisse une belle histoire d’amour, jusqu’au jour où les parents de la belle débarquent à l’improviste avec une petite fille de 7 ans pour une durée indéterminée. C’est à partir de ce moment que les ennuis commencent…
En partant d’un fait qui s’est déroulé dans son entourage, le réalisateur brosse un tableau assez pessimiste d’un pays exsangue, livré à lui-même et dont les seuls moyens de survivance sont la débrouillardise, l’oisiveté et l’amitié.
La caméra sur l’épaule, Leonardo Di Cesare saisit les soubresauts amoureux d’un couple uni par le « moins pire » avec beaucoup de grâce et de finesse. Sans tomber dans le misérabilisme, il se sert des nécessités du quotidien comme de rituels de survie.
Le film, et je ne vous raconterais pas la fin, alterne les scènes ordinaires d’une société en décrépitude avec des moments doux et intimes sans jamais perdre de vue l’humanité des personnages voués aux doutes et aux remords (on pensera à Ken Loach et à son cinéma synoptique de la masse prolétarienne).
Cette histoire douce-amère qui tourne au cauchemar, montre si besoin est, la force vive d’une nation qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour se sortir de la panade. L’accès à la démocratie nécessite-t-il autant de souffrance, de sacrifices et de renoncements ?...
La générosité et le talent que déploie l’ensemble des acteurs (l’énergie du désespoir ?…) pour incarner et faire vivre ce film donnera du baume au cœur à tous ceux qui comme moi croient encore que l’art et en particulier le cinéma, le théâtre et peut-être la musique peuvent incarner l’espoir d’un monde meilleur…


auteur : Poplunaire - poplunaire@foutraque.com
chronique publiée le 14/01/2005

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