26/02/2020  |  5315 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 26/02/2020 à 12:16:24
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3... Extrêmes

Programme de trois films réalisés par Fruit Chan / Park Chan-Wook / Takashi Mike
Hong-Kong / Corée / Japon - 2005
avec : Miriam Yeung, Bai Ling, Tony Leung Ka-Fai, Lee Byung-hun, Lim Won-hee, Gang Hye-jung, Kyoko Hasegawa, Atsuro Watabe
durée : 2h07
Le Docteur Bou a marqué sur mon ordonnance d’aller au cinéma pour sortir de mes angoisses sentimentales. Je ne suis toujours pas guéri. Cependant, aller voir trois films angoissants par leurs ambiances disons extrêmes, pour ne pas reprendre le titre, fait qu’une fois sorti j’avais la tête ailleurs. Pas longtemps c’est vrai. Ces trois films ont été réalisés en Extrême Orient par trois réalisateurs soucieux de traiter ce qui est peu visuel, peu esthétique : on y voit la souffrance sous toutes ses formes physiques ou morales, celle qu’on connaît ou que l’on va connaître. Tout le corps est retourné, il est normal d’être gêné.

Le premier film présenté est La Nouvelle Cuisine, réalisé par Fruit Chan. C’est l’histoire de la madame Ching Lee, autrefois célèbre par son passé télévisuel, qui cherche à se rajeunir. Elle a passé le cap de la quarantaine, son mari la trompe avec une plus jeune, elle cherche à le reconquérir. Elle a trouvé la solution chez Mei qui vend des raviolis pouvant être cuisinés de mille manières. Mei vit de cette vente de raviolis farcis plus efficace qu’une fontaine de jouvence. Les gros plans incessants sur les étapes de la préparation amènent les premiers haut le cœur et la musique nous fait attendre au pire ; pourtant nous ne saurons que plus tard avec madame Lee de quoi sont farcis les raviolis. Une grande enquête dans le Hong-Kong des raviolis au milieu de femmes de ce nouveau siècle en quête du parfait physique de l’occidentale conformée.

Le Coréen Park Chan-Wook offre après Old Boy et Sympathy for Mr. Vengeance : Cut. Un réalisateur sans reproches, Ryu, cinéaste adulé par la critique et le public, possédant une grande maison, accompagné par une femme pianiste et raffinée. Par la même occasion c’est un gentil en manque de pêchés. Mais là je vais m’attaquer au fait que l’expression « être gentil » n’a aucun sens et est une bourde de langue française, que je défends étrangement. Un être humain ou un animal ne peut être gentil. Il peut posséder un certain degré de gentillesse envers un groupe d’individus, mais ce degré peut évoluer selon les variantes de situation, de personne ou d’époque. Des personnes éructent dans un cas un excès de gentillesse alors que d’autres un excès de méchanceté pour une même occasion. Tout ça pour dire que ce type, pardon Ryu, a de la gentillesse à revendre mais il n’est pas le gentil et l’autre le méchant comme je l’entends à tout bout de champ. Oui, je vis aussi à la campagne. Alors j’ai décidé de tester la gentillesse de ce monsieur Ryu.
Donc, Ryu, qui un soir va quitter son lieu de tournage ressemblant exactement à son salon, pour rentrer chez lui comme chaque soir et suivre son régime alimentaire. Mais le hic, c’est que quelqu’un s’étant introduit chez lui va le ligoter. Il retrouve dans son décor de cinéma sa femme bâillonnée et maintenue comme un polichinelle au-dessus du piano, un enfant attaché aussi et son agresseur. Son agresseur est un ancien second-rôle de ses cinq derniers films. Il rêve d’un meilleur avenir. Il n’admet pas que Ryu est tout pour lui, et en plus il est gentil ce qui n’est pas donné aux gens riches, beaux et célèbres.
Ainsi, ce sous-fifre que j’ai envoyé va se charger de tester sa gentillesse, la mettre à l’épreuve par la souffrance qui sera de surcroît partagée entre les trois otages.
En conclusion, qu’il laisse tuer sa femme, de toute façon elle est conne et moche.

Le dernier film présenté est celui du Japonais Takashi Mike, il va peut-être rappeler aux plus nombreux une peur assez universelle. Vous êtes enfermés dans une boîte, sans savoir si l’on va vous libérer, vous sentez l’oxygène se raréfier, vous attendez sans savoir quoi, bref vous êtes condamnés. Moi je l’ai déjà rêvé mais c'est peut-être une psychose d'étudiant en architecture...
Au delà de ce thème, La Boîte traite de deux sœurs jumelles, Kyoko et Shoko. Chaque soir, elles se donnent en spectacle de contorsionnistes sous un chapiteau avec Hikita, leur père adoptif. Malheureusement, bien qu’elles soient presque siamoises, Kyoko va être jalouse de sa sœur, elle trouve que Hikita lui accorde plus d’attention. Par un incidental incendie, elle va entraîner le décès de Shoko. Des années plus tard, elle est écrivaine, elle cherche à retrouver ce père qui va finalement lui donner un rendez-vous à l’endroit même où se trouvait le chapiteau incendié.


www.wildsideproject.com/site/3extremes

auteur : Sylvain Silver - sylvainsilver ate hotmail.fr
chronique publiée le 09/05/2005

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