23/06/2017  |  4830 chroniques, 161 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 20/06/2017 à 19:09:27
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique film
Paris, Je T'aime

Olivier Assayas, Frédéric Auburtin, Sylvain Chomet, Walter Salles, Nobuhiro Suwa, Gus Van Sant.... / Gurinder Chadha, Isabel Coixet, Daniela Thomas
France - 2006
avec : Gena Rowlands, Ben Gazzara, Nick Nolte, Ludivine Sagnier, Bob Hoskins, Fanny Ardant...
durée : 1h50min
C'est un ami parisien qui m'a soufflé un jour cette définition : Paris est une petite ville dont on a vite fait, géographiquement parlant, le tour ; mais toute une vie ne suffit pas, pourtant, à la découvrir totalement. Paris est ainsi faite qu'elle ne cesse de changer au gré du temps et du quotidien des gens qui l'habitent pour au final rester toujours aussi mystérieuse et envoûtante. Qui mieux qu'elle peut créer ces rencontres, ces petites aventures extrêmement ordinaires qui viennent chambouler nos habitudes ? Reflet de cette réalité, le projet Paris Je T'aime donne carte blanche à 18 réalisateurs pour illustrer leur Paris.

Le premier court commence dans les rues de Montmartre où Bruno Podalydès (ici acteur et réalisateur) dresse le bilan de sa vie sentimentale, faite d'échecs, avant que la providence ne mette sur son chemin un événement qui va bousculer son existence. De ces romances, fortuites ou non, beaucoup de réalisateurs sélectionnés dans le film usent souvent avec brio comme ce petit court prenant place dans le dixième arrondissement entre Nathalie Portman et un aveugle (Melchior Beslon). Tout aussi attendrissante, cette histoire naissante entre un jeune homme et une fille aux cheveux voilés ou de cet homme prêt à quitter sa femme mais qui, poussé par le destin, retombe amoureux de celle-ci. A noter également la belle surprise de Wes Craven faisant revivre au cimetière du Père Lachaise le fantôme d'Oscar Wilde pour un court so british bien loin de ses films habituels. Certains ratent quelque peu le coche comme Gus Van Sant (le moins bon court métrage de tous ceux présentés) ou Oliver Schmitz qui filme ici une histoire touchante mais un peu trop cadrée. D'autres, tout au contraire, démystifient le mythe de Paris ville de tous les amours comme Olivier Assayas qui met en scène une rencontre avortée entre une actrice américaine et son dealer ; ou ce court métrage très attendrissant qui montre la chronique d'une américaine à Paris à mille années-lumière de la vision idyllique de Vincente Minnelli.

Paris est aussi l'occasion de nombreuses rencontres et de duos d'acteurs surprenants et émouvants : entre Nick Nolte et Ludivine Sagnier sous fond d'amour générationnel, entre Bob Hoskins et Fanny Ardant recherchant la flamme de leur amour perdu, entre Juliette Binoche et Willem Dafoe perdus entre vie et mort ou encore entre Gena Rowlands et Ben Gazzara pour leur dialogue finement ciselé. D'autres réalisateurs se servent de Paris comme d'un prétexte pour mieux mettre en image leurs visions et leurs rêves, comme le très beau hommage de Sylvain Chomet (Les Triplettes de Belleville) à Marcel Marceau. On peut aussi citer le court des frères Cohen, admirable par sa lumière et le jeu d'acteur de Steve Buscemi ou, pour finir, le court du très discret Christopher Doyle qui signe ici une folle histoire d'amour entre un représentant de shampoing et une patronne de salon de coiffure sous fond de kung-fu, de traditions asiatiques et de coiffures alambiquées. Décalé et azimuté, Christopher Doyle signe sans doute le court le plus survolté et le plus brillant (photographie admirable et plans irréprochables). Reste aussi, parmi ces courts un peu hors normes, la vision de Vincenzo Natali d'une histoire d'amour de vampire rigolote mais un peu facile. La palme de ces différents films revient toutefois à Walter Salles et Daniela Thomas pour leur histoire simple du quotidien qui nous rappelle bien que Paris, ville lumière, peut être celle où l'on passe sa vie à se déplacer en sous-terre et dont on ne ressort que pour aller travailler les yeux rivés sur sa montre, de peur de tout louper.

Bref, Paris Je T'aime sème un kaléidoscope d'images et d'histoires où s'entremêlent drames intimistes et rencontres amoureuses sous fond de joies et de pleurs. Le lot quotidien de nos vies mais aussi celui de Paris.


www.parisjetaime-lefilm.com

auteur : DrBou - drbou31@hotmail.com
chronique publiée le 31/07/2006

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire