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La Science des Rêves

Michel Gondry
France / Angleterre - 2006
scénario : Michel Gondry
avec : Gael Garcia Bernal, Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat, Miou-Miou
durée : 1h45
Dormir et se réveiller au pays des songes, vivre dans un monde fantasmé à mi-chemin entre réalité et onirisme, où notre subconscient relate nos histoires aléatoires entre cauchemars inavoués et fantasmes exacerbés ; voilà ce que dessine La Science des Rêves, troisième film de Michel Gondry. Poursuivant les obsessions de ses clips, le réalisateur passe, cette fois-ci, à l'écriture du scénario pour une histoire d'amour schizophrène entre la naïveté des rêves de l'enfance et la dure réalité des attentes du présent. Basculant sans cesse son film entre rêves et réalité, le cerveau du spectateur passe lui aussi entre émerveillements et dubitations sans cesse vacillant entre bonnes et mauvaises impressions.

Côté mauvaise impression, La Science des Rêves se révèle beaucoup moins abouti au niveau de l'histoire que Eternal Sunshine Of The Spotled Mind. Pour preuve le film peut se résumer en deux ou trois phrases : l'histoire de Stéphane jeune artiste mexicain qui revient à Paris à la suite la mort de son père décédé d'un cancer. Un retour nostalgique qui s'accompagne d'un nouveau boulot, alimentaire plus qu'artistique, et d'une nouvelle charmante voisine. Soit une romance parisienne un peu courte et classique loin des chausse-trappes et des retournements de situations que pouvait constituer Eternal Sunshine Of The Spotless Mind. Une simplicité des choses qui nuit quelque peu au propos car en extrapolant légèrement on se retrouve avec un film où l'histoire sert de prétexte à un ensemble de micro-clips délirants où l'imagination sans fin de Michel Gondry laisse libre cours à ses divagations (mains gigantesques, village en carton, bureau baignoire ect....). C'est sans doute jouissif (on rit, on pleure, on en prend plein les yeux) mais rien ne ressort réellement. Heureusement les acteurs principaux sont absolument parfaits à défaut des personnages secondaires trop souvent transparents (Miou-Miou) ou complètement exubérants (Alain Chabat). Malgré tout, La Science des Rêves recèle de remarquables passages, simples et magnifiques. Les scènes de rêves se passant à l'extérieur sont, à ce titre, d'une incroyable beauté, comme cette maison en ruines qui abrite en son sein un tapis de vinyles et les affiches des idoles des années 80' (Vanessa Paradis...). De même que la scène finale entre Gael Garcia Bernal et Charlotte Gainsbourg est admirable de sensibilité et de justesse, à tel point qu'à la fin on s'imagine vraiment chevauchant Golden Poney dans la campagne.

Pour tous ces petits passages, le coeur du spectateur bascule tout entier vers cet ailleurs touchant tout à la fois au merveilleux et à la réalité, un entre-mondes où la nostalgie des souvenirs passés et la romance du présent prennent corps dans un tourbillon d'images rêveuses. En revanche cette rêverie ne masque pas tout et La Sciences des Rêves garde au final quelques défauts révélateurs d'un projet moins abouti qu'Eternal Sunshine Of The Spotless Mind.


www.lasciencedesreves-lefilm.com

auteur : DrBou - drbou31@hotmail.com
chronique publiée le 22/08/2006

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