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Dans Paris

Christophe Honoré
France - 2006
scénario : Christophe Honoré
avec : Romain Duris, Louis Garrel, Guy Marchand, Joana Preiss...
durée : 1h32
Dans Paris témoigne de ses milliers d'habitants. De ces milliers d’hommes et de femmes qui vivent chaque jour des histoires souvent attachantes, parfois joyeuses ou traumatisantes. Dans Paris, il y a des cris, des larmes, de l'amour, de la douleur, de l'espoir, des doutes, de la dépression. Il y a Paul (Romain Duris, ici fabuleux) reclus dans l'appartement familial ; perdu dans ses pensées, mutin dans sa dépression. A ses côtés, son père et son frère tentent petit à petit de lui reconstruire une vie. Son père par un amour un brin envahissant et son frère, étudiant dilettante, par le biais de jeux : va-t-il réussir à gagner Le Bon Marché suffisamment vite pour que son frère soit contraint à l'y rejoindre ? Dans Paris il y a aussi le fantôme d'une amante, des relations de couples conflictuelles, une mère absente et une soeur manquante. Avec tous ces petits bouts de vie, le spectateur navigue entre l’ennui du début, la fantaisie du milieu et la réflexion de la fin. Soit au final "l'autopsie", pas pesante, d'une famille en proie au doute et d'un homme face à ses sentiments et ses peurs.

Dans Paris, on croise souvent le fantôme de Truffaut comme l'ombre d'un maître adoré. Principalement dans les aléas amoureux de Jonathan déambulant dans la ville. Fantaisie d’une transformation où Louis Garrel joue les Antoine Doinel, ressemblant à s’y méprendre au jeune Jean-Pierre Léau. A côté de cette impétueuse et désinvolte jeunesse, on retrouve aussi les contours d’Alain Resnais, qui pointe le bout de son nez au début du film. Référence ouverte à Je t'aime, je t'aime dans ce télescopage incessant de fragments de vie, de vie de couple cherchant sans cesse le conflit. C'est d'ailleurs dans cette partie loin de Paris que l'on se plait le moins. L'univers est clos, le son fort, les paroles assassines, les gestes violents. Le tout un peu brouillon. A l'inverse dans Paris, le bruit, le son est plus diffus, le jazz remplace le rock débridé et l'autarcie du couple laisse place à la gaieté juvénile des sentiments libertaires. De ce fait, la détresse du coeur, cette peine nouvelle, trouve peu à peu sa place avant de se diluer dans ces tristesses éternelles que chacun de nous porte...

Bref, Dans Paris aurait bien aimé être l'enfant caché de la nouvelle vague mais n'y parvient pas tout à fait. Il reste tout de même un enfant touchant et assez attendrissant qui a le mérite de montrer de beaux acteurs talentueux et un parfait Guy Marchand en père grincheux éternellement affublé d'une robe de chambre démodée.


www.dansparis-lefilm.com

auteur : DrBou - drbou31@hotmail.com
chronique publiée le 18/10/2006

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