26/02/2020  |  5315 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 26/02/2020 à 12:16:24
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    chronique film
Qui a tué Bambi ?

Gilles Marchand
France - 2003
avec : Anne Caillon, Sophie Guillemin, Catherine Jacob, Laurent Lucas, Françoise Pinkwasser, Sophie Quinton, Lucia Sanchez, ...
durée : 125'
J'ai pu voir en avant première Qui a tué Bambi ?, le film de Gilles Marchand sélectionné au dernier festival de Cannes dans le cadre du festival "Premières rencontres du cinéma français" organisé par le valeureux cinéma Le Méliès à Pau.

L'action du film se passe pratiquement dans un lieu unique : un hôpital. C'est un endroit inquiétant, déshumanisé, aseptisé au possible et ultra-moderne. Seules quelques scènes oniriques sont filmées dans une forêt très Lynchienne (cf Twin Peaks). Une ambiance pour le moins glaciale s'installe renforcée par le choix des couleurs bleutées des couloirs vides de l'hosto et la musique inquiétante très proche du travail d'un Angelo Badalamenti (Lynch encore). Le parti pris de la mise en scène (éblouissante par ailleurs) prend le contrepied de la représentation que l'on peut avoir d'habitude du monde hospitalier.
On est très loin par exemple de l'ambiance survoltée de la série Urgences ou du constat de la dégradation de nos services hospitaliers (due à un manque de personnel) révélé par la catastrophe sanitaire de cet été.

Mais retour à l'intrigue : l'héroine du film Isabelle (remarquable Sophie Quinton) - dite Bambi car elle souffre de vertiges et ne tient pas sur ses jambes comme le personnage inventé par les studios Disney - est une jeune étudiante infirmière qui fait son stage dans cet hôpital. Elle est interpellée mais aussi attirée par le comportement étrange du Dr Phillip (interprété par l'excellent Laurent Lucas dont on ne vantera jamais assez la variété du jeu d'acteur) qui ne semble jamais quitter l'enceinte de l'hôpital. Ses agissements déviants envers ses patientes sont rapidement dévoilés par le réalisateur. Malgré tout le film reste captivant (sur un sujet très proche du dernier P. Almodovar, Parle avec elle) jusqu'à la fin que je ne vous dévoilerai pour vous mettre l'eau à la bouche.

On peut simplement inciter ceux qui ont adoré Harry, un ami qui vous veut du bien de D. Moll, auprès duquel Gilles Marchand a fait ses premières armes, à aller voir le film dans leur salle favorite car ils vont à coup sûr se régaler à la vision de ce film Hitchcockien à souhait.


auteur : Jérominus - jerominus@foutraque.com
chronique publiée le 14/11/2003

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