16/07/2019  |  5211 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 15/07/2019 à 16:47:51
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Immortel (Ad Vitam)

Enki Bilal
France - 2004
avec : Linda Hardy, Charlotte Rampling, Thomas Kretschmann, etc.
durée : 1h42
J'adore ce que fait Enki Bilal, en général, et plutôt sur papier. Maintenant que cela est posé, j'ai bien peur que mon amour de la production de ce noble dessinateur soit loin d'être inconditionnel. Et malheureusement Immortel (Ad Vitam) ne fait que renforcer cette impression.

Ceux qui ont vu Le cinquième élément (Luc Besson / 1997) se sentiront en territoire connu, car pour de très nombreuses raisons Immortel ressemble à une mauvaise redite du blockbuster de Besson, les moyens en moins, sachant que ce dernier était plus ou moins une sous-adaptation "People" du Blade Runner (Ridley Scott / 1982) de l'incommensurable Ridley Scott.

On est à New York (la bd était située à Paris... dommage) en 2095, ville exagérément verticale, voitures volantes, vues vertigineuses, ambiance crade / polluée : déjà vu dans le 5e Elément, et bien avant dans Blade Runner, rien de nouveau côté décor donc.

Jill, l'héroïne (non-interprétée par Linda Hardy) est totalement à l'Ouest, avec des cheveux couleur vive, un fâcheux manque de vocabulaire et de vertige, et n'est que partiellement humaine : Liloo (Milla Jovovich / 5e) ou Pris (Daryl Hannah / BR)?

Le Héros, Nikopol, n'est habité par un dieu que dans le scénario, car pour ce qui est de son talent d'acteur, il a du le laisser dans Le pianiste (2001) de Polanski, donc, jeu plat et convenu, récitation sans relief par moment, pub Amora à d'autres... passons.

Ce qui pouvait sauver Le cinquième élément de son scénario "bruckenheimeresque", autrement dit le jeu des acteurs (j'ai dit les acteurs, pas Milla Jovovich), les seconds rôles géniaux, une post-production impeccable, des costumes (JP Gaultier!) et des décors (Mézières) éblouissants , le rythme implacable de l'action, le cadrage et les mouvement de caméras impromptus et inventifs ; rien de tout cela n'est malheureusement au rendez-vous dans Immortel.

Mention spéciale pour les images de synthèse qui sont d'un niveau absolument ridicule : l'animation des personnages, rigides, plastiques et tout sauf naturels ferait plutôt penser aux images de synthèses des émissions de Mac Lesggy dans E=M6 qu'à une production long métrage. Rien à voir avec la perfection atteinte, par exemple, dans Final Fantasy, The Spirits Within (Hironobu Sakaguchi / 2001), on se croirait presque dans une mauvaise cinématique de jeu vidéo de la fin des années 90.

N'est pas metteur en scène, ou scénariste de film qui veut, Enki Bilal mérite plus et mieux que sa propre adaptation de son chef d'œuvre, La foire aux Immortels (1980), qui, elle, n'a pas pris une ride en 25 ans, alors que le film est déjà obsolète et superfétatoire à sa sortie.

Pour le prix de 2 places de ciné, payez vous la bd !


www.immortel-lefilm.com/


auteur : Steve Golliot-Villers - steve@foutraque.com
chronique publiée le 21/04/2004

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