15/09/2019  |  5229 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 01/09/2019 à 18:56:09
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MW

Osamu Tezuka
TONKAM - 2004
Comme il n’y a pas que la musique dans la vie et que Foutraque se veut le reflet de la définition que lui donne le dictionnaire, le site va enfin avoir sa première chronique de BD, et pour être plus précis de manga. Et oui le manga est paraît-il à la mode, s’affiche un peu partout et commence sérieusement à grignoter l’espace réservé traditionnellement à notre BD Franco-Belge. Loin d’être un plan médiatique échafaudé depuis des années, le manga est avant tout un effet de culture pour toute une génération élevée au Club Dorothée et nourrie aux dessins animés nippons. De par sa force narrative, son format (celui d’un livre de poche) et de son prix, le manga s’est imposé comme la forme ludique des romans à épisodes traditionnels. (cf Alexandre Dumas - Les Trois Mousquetaires). Avec un trait énergique, un style incomparable et un suspense haletant, le manga a peu à peu conquis notre cher territoire qui en fin de compte ne demandait que ça.

Parmi les auteurs prolifiques (Adachi Mitsuru, Masakazu Katsura) et les grands classiques (Dragon Ball, Ghost In The Shell…), un auteur aura incarné à lui tout seul l’essence du manga : Osamu Tezuka. Ainsi, Tezuka pourrait être comparé à Hergé, mais si ce dernier s’est limité au simple format papier, Osamu aura de son vivant tout fait, tout expérimenté. Les animés, les séries pour adolescents (Shonen), les séries pour les filles (Shojo) et surtout les histoires matures destinées à un public plus enclin à réfléchir sur l’histoire qu’à gober les images qu’on lui propose. Parmi l’impressionnante bibliographie de l’auteur (presque une centaine de titres) on notera MW, manga fait entre 1976 et 1978. Pour bien centrer le propos de MW, il faut signaler que comme tout auteur de sa génération, Osamu a connu la guerre et le choc autant psychologique que matériel de la bombe nucléaire. C’est dans ce trauma que ce situe MW ; oeuvre dense, complexe et d’un cynisme rarement atteint par l’auteur.

Michio Yuki a tout pour plaire : un physique athlétique, une bonne situation, un entourage qui le respecte et même l’admire. Pourtant Yuki est sans nul doute l’un des hommes les plus dangereux de la planète. Alors qu’il était un tout jeune enfant, Yuki a connu l’horreur du gaz MW qui a profondément endommagé son cerveau, le transformant en un démon vivant dénué de sentiments et de culpabilité. Seul le père Garai connaît son secret mais un sentiment des plus ambigu les unit, ce qui contraint ce dernier à se taire et à laisser faire Yuki dans son interminable tuerie.

Graphiquement plus adulte que ses précédents mangas, Tezuka abord ici le thème des effets de la bombe atomique par le biais du gaz MW. On ne sera dès lors pas étonné d’apprendre que ce gaz a été conçu par des américains peu soucieux des causes qu’il pouvait engendrer. MW est une évocation sans concession de l’Histoire et ses conséquences, reflet de l’aveu d’un optimisme en sursis face aux événements du monde. Ce n’est pas trente ans plus tard que l’on contredira l'auteur.


www.tezuka.co.jp

auteur : DrBou - drbou31@hotmail.com
chronique publiée le 01/12/2004

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