17/09/2019  |  5230 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 17/09/2019 à 13:41:23
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Marbles On The Road

Marillion
2004 - Intact Recordings
D’abord, lever le malentendu. Non, Marillion n’est pas un «horrible groupe de hard-fm» des années 80, mais une formation de pop-progressive qui n’a eu de cesse au fil des années de réinventer son univers, album après album, sans jamais sombrer dans la facilité ou dans le compromis bassement commercial. Le «crime originel», celui que la presse musicale ne leur a jamais pardonné, c’est d’avoir ressuscité au début des eighties le rock progressif que l’on disait agonisant… Comment imaginer en pleine période post-punk et new-wave qu’un groupe ose sonner comme le «Genesis de Peter Gabriel» ? Comment imaginer à l’heure du minimalisme des Young Marble Giants qu’une musique puisse se montrer si baroque, si complexe, avec ses «constructions» musicales en forme de labyrinthe ? Qu’importe les médisances et les bassesses, le succès du groupe se fera triomphal en 1985 avec l’acclamé Misplaced Childhood, album-concept d’une rare intensité, où le chanteur Fish épanchera toute sa verve poétique. En 1988, ce dernier prend le large pour «voguer» vers une carrière solo, pensant, à tort, que Marillion ne pourra lui survivre, tant la fascination qu’il exerce sur les fans est grande…
C’était sans compter sur les facultés de rebond de Steve Rothery (guitariste), Mark Kelly (clavier) et Pete Trewavas (bassiste) qui allaient rapidement tomber sur la perle rare, en la personne de Steve Hogart, «beau-gosse» au timbre de voix exceptionnel (à mi-chemin entre Brian Ferry et Mark Hollis de Talk Talk). A partir de ce moment, la musique de Marillion va peu à peu faire sa «révolution», et laisser de côté les «oripeaux» seventies pour une approche plus contemporaine. Le sommet de cette mutation musicale interviendra au milieu des années 90, avec 2 chef-d’œuvres consécutifs, Brave (1994) et Afraid Of Sunlight (1995).

En 2004, le gang de Aylesbury n’a rien perdu de sa superbe, et a sorti en mai dernier l’album qui synthétise le mieux ses 22 ans de carrière, le double et magistral Marbles. Difficile de rester insensible (même avec beaucoup de préjugés) aux 14 minutes hypnotiques de The Invisible Man, à la subtilité musicale des «interludes» Marbles Part.1,2,3,4, aux charmes vénéneux de Drilling Holes et Fantastic Place

Filmé les 11 et 12 juillet dernier à l'Astoria de Londres, le DVD live Marbles On The Road est le témoignage d’une tournée longue de plusieurs mois, où le groupe à sillonné les 4 coins de la planète (Italie, Espagne, France, Allemagne, Hollande, Norvège, Suède, République Tchèque, Canada, Mexique et Etats-Unis, où, pour la petite anecdote, Kiefer Sutherland, «le» Jack Bauer de 24 Heures Chrono est allé les applaudir au House Of Blues de Los Angeles). Bénéficiant de moyens conséquents, 15 caméras, son Dolby Digital 5.1, ce DVD permet de découvrir le «dernier grand groupe progressif» au sommet de son art. Alors que la première partie du set est consacrée exclusivement aux titres du dernier album, la seconde propose un bon aperçu du «Marillion seconde période», avec des «classiques» comme Uninvited Guest (album Seasons End, 1989), The Party (Holidays In Eden, 1991) ou Between You & Me (Anoraknophobia, 2001).

Même si l’image souffre sur certains passages d’un léger «halo bleuté» (dû apparemment à un problème de compression), la qualité visuelle de l’ensemble est plus que correcte, et couplée au son 5.1, permet une immersion totale dans ce concert londonien où Marillion, une fois de plus, a su comme nul autre pareil, émouvoir et stimuler la sensibilité et l’imaginaire qui sommeillent en chacun de nous…

A lire également, une interview de Marillion réalisée en juin 2001 à Toulouse.


www.marillion.com
www.thisfrenchengine.com

auteur : Olivier Marin - olivier.marin@foutraque.com
chronique publiée le 16/12/2004

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