15/09/2019  |  5229 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 01/09/2019 à 18:56:09
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Rock And Roll Circus

The Rolling Stones
ABKCO - 2000
Alors que les infatigables (ou presque) Rolling Stones viennent de faire paraître un nouvel album – A Bigger Bang –, prétexte à une énième tournée mondiale, retour sur le dvd The Rolling Stones Rock And Roll Circus qui permet de les découvrir jeunes et beaux, avec Brian Jones (pour la dernière fois) et partageurs (avec en guise de premières parties : Jethro Tull, The Who, Taj Mahal, Marianne Faithfull, John Lennon & Yoko Ono).

Enregistré dans un cirque le 11 décembre 1968 pour une diffusion à la télévision anglaise, ce film d’un rafraîchissant amateurisme est resté dans les cartons jusqu’en 1996. Les Stones ne se trouvaient pas particulièrement bons à l’écran, selon les rumeurs… Si le combo de Mick Jagger et Keith Richards a en effet donné des prestations plus enflammées devant des foules plus nombreuses (ici une poignée d’invités déguisés et survoltés, cela change des stades quand même), cela n’enlève pas le principal intérêt de ce concert : être un document sur la fin des années 60, l’atmosphère de l’époque et les chantres du rhythm & blues en Angleterre.
Entre divers numéros de cirque et présentations des titres par les Stones themselves, le fan de musique découvrira avec plaisir un bon morceau de Jethro Tull (la flûte est discrète, ouf… ), un long et accidenté titre des Who (entre pop et rock), un blues rugueux de Taj Mahal, une belle petite chanson de la très craquante Miss Faithfull et un Yer blues d’anthologie avec John Lennon au chant et à la guitare rythmique, Eric Clapton en soliste inspiré (c’était avant qu’il devienne gâteux et chiant comme la mort), un Mitch Mitchell (Jimi Hendrix Experience) en forme sur son kit de batterie et un Keith Richards en bassiste appliqué. Nous éviterons de parler trop longuement des couinements insupportables de Yoko Ono sur le morceau suivant…
Par contre, c'est un plaisir d'évoquer le mini set des Stones auquel on assiste juste après, car ils interprétent sobrement le meilleur de leur répertoire. Un tube imparable au riff génial (Jumping Jack flash), un blues superbe (Parachute woman), une folk song avec Brian Jones à la slide guitar (No expectations), le sautillant You can’t always get what you want, le diabolique Sympathy for the devil, puis un très décontracté duo final Jagger/Richards sur Salt of the earth et le tour est joué. Sur ces six excellents morceaux, le très beau et androgyne Mick Jagger fait sans cesse du gringue à la caméra (déjà… ) ; mais il n'oublie pas de chanter avec talent, donc ça va… Très féminin lui aussi, Keith Richards reste relativement discret ; mais comme il joue de la guitare comme un dieu, on lui pardonne. Brian Jones est, quant à lui, déjà un peu absent, ses sourires fous laissent entendre qu’il a encore une fois pris les « meilleurs » produits. Enfin, la section rythmique (Bill Wyman et Charlie Watts) est aussi excellente que transparente au niveau présence scénique. Dans la salle Lennon et Keith Moon (le génial batteur des Who) s’éclatent… Devant son écran, presque quarante ans après, le spectateur fait de même.

Une petite précision : surtout ne croyez pas Philippe Manœuvre quand il prétendra - à la télé ou dans son petit fanzine sur Mick, Keith, Charlie et Ron - que le dernier disque des StOOOOOOOOOOOnes comporte des morceaux aussi bons que les six interprétés ce soir de décembre 68.

A lire également : une chronique du concert des Stones à Bercy en 2003, ainsi qu’une critique de la compilation prétexte à la tournée Forty licks.


rollingstones.com


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 07/09/2005

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