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Cash, l'autobiographie

Johnny Cash avec Patrick Carr
Le Castor Astral / Volumen - 25 novembre 2005
Publiée en anglais en 1997, la traduction française (par Emmanuel Dazin) de l’autobiographie de Johnny Cash vient de paraître en France. La date est bien choisie puisque le film de James Mangold consacré à la vie de l’homme en noir - Walk the line - sera bientôt sur les écrans français, quelques mois seulement après la parution d’un best of en quatre volumes intitulé Johnny Cash, The legend. Autant le dire tout de suite, l’ouvrage est passionnant, à une ou deux exceptions près. La franchise des révélations et les détails que donnent Johnny Cash sur sa vie faite de hauts (d’incroyables succès discographiques) et de bas (drogue, alcool, dépression, comportement erratique avec ses proches) sont absolument saisissants : c’est un vieil homme en paix avec lui-même - grâce à la religion - qui se présente tel qu’il est, c'est-à-dire avec ses défauts et ses qualités.

Quand cette légende de la musique country folk rock américaine raconte son enfance dans une famille de cultivateurs de coton dans l’Arkansas, c’est tout simplement bouleversant, et très éclairant sur les racines du musicien John R. Cash. Quand l’auteur de I Walk the line raconte ses débuts avec Sam Phillips chez Sun Records puis les péripéties de sa carrière, ce n’est rien moins que l’histoire de la musique que nous écoutons aujourd’hui. Car les compagnons de route et d’enregistrement de ce chanteur à la voix grave si profondément marquante sont Elvis Presley (ils ont débuté presque en même temps et ont beaucoup tourné ensemble), Carl Perkins (qui fut un sérieux concurrent d’Elvis, avant de devenir guitariste de Cash), Jerry Lee Lewis (le pianiste psychopathe aussi chaud lapin que religieux, qui joua souvent avec lui malgré son caractère tempétueux), Roy Orbison (ils étaient amis et voisins), June Carter (sa femme, qui fut aussi un grand songwriter et une chanteuse importante dans la musique country), la liste pourrait être encore très longue… Cash n’est pas avare en histoires croustillantes, drôles, dramatiques ou pathétiques sur ses amis hauts en couleurs, et il se fait fort de répondre aux nombreuses questions que le commun des mortels se pose sur son parcours chaotique.

Si la plupart des passages de cette autobiographie coécrite avec Patrick Carr sont littéralement haletants (pour qui s’intéresse un tant soit peu à la musique), il y a certains digressions sur sa foi et sa vie de tous les jours qui ne revêtent que peu d’intérêt. A la place de ces lignes, on aurait aimé que Cash se penche plus en profondeur sur sa période pop/rock avec Rick Rubin comme producteur ; mais le livre se termine en 1997, alors qu’ils ont continué à enregistrer ensemble quasiment jusqu’à sa mort, en 2003. L’histoire de la vie de Cash par lui-même comporte néanmoins une grande majorité de chapitres extrêmement intéressants qui donnent, s’il était besoin, envie de se replonger dans ses œuvres toutes périodes confondues…

A signaler, la parution chez le même éditeur d’un livre très complet sur la carrière des Pixies, ainsi que la publication du numéro 2 de la très bonne revue Minimum Rock 'n' roll...


www.johnnycash.com


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 26/12/2005

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