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I.L

Osamu Tezuka
Casterman - 2006
Dans la pantagruélique bibliographie d'Osamu Tezuka (plus d'une centaine de titres), I.L fait un peu figure d'un entre-deux non conventionnel coincé entre Nanairo Inko - L'Ara aux 7 Couleurs - travestissement permanent du personnage principal et découpage de la série en histoires courtes et MW pour sa charge sociale et engagée profondément ancrée dans les années 70.

S’inspirant des scénarios improbables des films des studios Universal, Osamu débute son histoire de manière assez conventionnelle et enfantine. Un cinéaste au bout du rouleau, dont personne ne veut plus, se retrouve on ne sait comment propriétaire d'une maison énigmatique où séjournent d'étranges monstres. Leur chef, M. Alucard, confiera au cinéaste déchu un étrange cercueil dans lequel vit I.L, une femme à la beauté parfaite pouvant prendre l'apparence de n'importe quelle femme. S'en suivra une série d'histoires dans lesquelles I.L fera tout ce qui en son pouvoir pour satisfaire ses clients.

Si Osamu Tezuka a toujours confessé ne savoir dessiner le corps d'une femme, ses personnages féminins tiennent pourtant une grande place dans son œuvre. De Princesse Saphir à Ayako, de victimes en maîtresses de leur destin, les personnages féminins apportent toujours dans l’oeuvre d’Osamu une part de rédemption salvatrice au monde forgé par les hommes. I.L n’échappe pas à la règle mais véhicule en elle (et contrairement au autres) une part d'érotisme un brin désuet qui parfume l'ensemble des histoires qui composent ce manga. En plus de son aspect charmeur, I.L s’avère être un manga politique et profondément ancré dans son temps. Rarement Osamu n’aura abordé autant de sujets sérieux sur une trame scénaristique pourtant fantaisiste. Pêle-mêle, on retrouve dans I.L la guerre du Vietnam et ses folies passagères, une charge politique contre le communisme, une machination étatique et des personnages toujours en proie à d’horribles perversions (Les Papillons) confrontés tout autant à leurs peurs qu’à la mort. Bref I.L est un manga à double sens de lecture et un parfait résumé d’une partie de l’œuvre d’Osamu Tezuka.


auteur : DrBou - drbou31@hotmail.com
chronique publiée le 06/06/2006

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