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Dictionnaire raisonné du punk

Pierre Mikaïloff
Scali - 2007
Le Dictionnaire raisonné du punk de Pierre Mikaïloff est un passionnant ouvrage : ultra complet, joliment subjectif, aussi drôle que caustique et tout simplement indispensable pour qui s'intéresse un tant soit peu à la période punk, et donc à l’histoire rock 'n roll. L’auteur a le grand mérite d’avoir participé à la furieuse période punk avec Les Désaxés et Jacno, ce qui lui permet de connaître le sujet qu’il traite et de raconter quelques anecdotes croustillantes ayant eu lieu autour de l’année 1977.

La période punk est analysée dans sa globalité : les groupes (ou groupuscule) originaires d’Angleterre, des USA et de France ont leur place dans les pages de ce jubilatoire abécédaire. Les curieux, les fans et les novices auront droit à une foultitude de détails sur les formations et les carrières - souvent courtes - des Sex Pistols, des Clash, d’Asphalt Jungle, de Television, des Stinky Toys, de Suicide, de Metal Urbain, de Wire ou des Talking Heads… Le tout est expliqué avec précision, impertinence et avec force détails éclairants sur cette période fondatrice pour le rock d’aujourd’hui. La mode, les magasins de disques, la presse, les drogues, les salles de concerts et les festivals de l’époque figurent également en bonne place dans le Dictionnaire raisonné du punk. Comme les artistes annonciateurs ou proches du mouvement punk : le Velvet Underground, les Stooges, les New York Dolls, les groupes figurant sur la compile Nuggets, le MC5, Neil Young... Quant à ceux qui ont entraîné cette bonne claque à l’encontre de l’apathie et de l’immobilisme que fut le punk (le rock progressif, les guitaristes solistes et autres héros dispensables des années 70), ils ont droit à quelques piques bien senties. Pierre Mikaïloff donne son avis et a la critique franchement acerbe ; ses saines aversions pour U2, Mark Knopfler (Dire Straits), Billy Idol (Generation X) et Midge Ure (Ultravox) sont d’ailleurs l’occasion de jouissives saillies.

Quand il n’aime pas, il le dit, et sa franchise fait plaisir à lire, même si l’on ne partage pas son avis – à l’emporte pièce – sur Joy Division. Un groupe majeur qui a, comme tant d’autres à cette époque troublée, flirté avec une imagerie nauséabonde, celle des nazis. Et un combo ayant laissé une empreinte indélébile dans la grande histoire du rock, comme nombre de ceux cités dans cet ouvrage totalement indispensable en 2007, trente ans après le déroulement des faits.


www.scali.net/
www.myspace.com/mikailoff
minimumrocknroll.free.fr/


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 09/06/2007

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