26/02/2020  |  5315 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 26/02/2020 à 12:16:24
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique Livre
San Francisco, 1965-1970 les années psychédéliques

Barney Hoskyns
Castor Music - 2006
Remarquable ouvrage sur l’explosion de l’utopie hippie, San Francisco, 1965-1970 les années psychédéliques permet de comprendre les événements qui se sont passés à cette époque pas si bénie que ça. Le livre de Barney Hoskyns – traduit par Emmanuel Dazin – décrit très bien la période où le Grateful Dead, Janis Joplin, Jefferson Airplane, Country Joe and The Fish ont commencé à jouer, à faire des acid tests, à avoir du succès et à attirer une foule de beatnicks dans le fameux quartier de Haight-Ashbury… Avant que le soit disant esprit du Summer of love de 1967 soit balayé par la guerre du Vietnam, la tragédie d’Altamont, les festivals de Monterey et Woodstock, les meurtres commis par les adeptes de Charles Manson et les magouilles peu reluisantes du music business.

Dans les pages de San Francisco, 1965-1970 les années psychédéliques, on comprend mieux comment les hippies ont cru qu’ils pouvaient changer le monde en mettant des fleurs dans leurs cheveux, en baisant à tout va et en prenant des doses massives de drogues psychédéliques lors de grands concerts/orgies. A la place de la vie en rose et de la paix universelle, tout le monde a eu droit à une sévère gueule de bois dont beaucoup ont eu le plus grand mal à se remettre. Les carrières respectives de Bill Graham (gérant de la salle mythique du Fillmore), Jerry Garcia (The Grateful Dead), Grace Slick (Jefferson Airplane), Moby Grape, Creedence Clearwater Revival, The Lovin Spoonful et The Chocolate Watchband – entre autres – se croisent, s’entremêlent au gré des séances d’enregistrement chaotiques (où se mélangent folk, rock, pop et rock garage), des festivals peace and love, des concerts se prolongeant en soirées de débauche et autres coucheries sous produits.

Le récit est captivant et bien mené, de nombreuses anecdotes permettant de mettre la situation en perspective avec la réalité politique du moment et de découvrir avec effroi les débuts d’une industrie du disque broyeuse de talents. De tout cela, il reste de nombreux titres mémorables, de bien naïves tentatives d’éveil des consciences politiques se traduisant au final par plus de passivité et une leçon à retenir, signée Grace Slick : « J’ai cru qu’avec cet incroyable blitzkrieg médiatique, tous ces livres, cette notoriété, tu pouvais changer les gens. Mais tu ne peux pas. La seule chose que je puisse changer, c’est moi. »


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 15/06/2007

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire