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Parfum d’acacia au jardin

Jean-Louis Murat
Labels / EMI Music France - 2004
Après la réussite du double album studio Lilith - 23 titres publiés fin août 2003 -, on se demandait un peu jusqu’où Jean-Louis Murat irait… La réponse arrive, cinglante, le 17 février 2004 : et bien carrément jusqu’au dvd live en studio avec treize nouveaux morceaux, le tout accompagné par un C.D. audio d’une demi-heure avec cinq versions alternatives et… deux inédits ! Le plus exceptionnel dans cette histoire, c’est que notre homme arrive à concilier production foisonnante et qualité artistique, à une ou deux exceptions près…
Filmées en noir et blanc à l’arrache en une journée par Don Kent, les 71 minutes du dvd sont une occasion unique de découvrir Murat et son groupe en train d’enregistrer au studio Guillaume Tell. On assiste donc à la prestation d’un JLM ultra concentré sur son chant, ses guitares, son piano et son harmonica… On n’est pas là pour rigoler ! Dans un costume noir et une chemise brodée évoquant les riches heures d’Elvis Presley, l’auteur de Parfum d’acacia au jardin se lance dans un brillant numéro avec chant marmonné, mélodies imparables, textes aux petits oignons et musiques percutantes.
Les morceaux sont dans la lignée de ceux de Lilith : blues (Parfum d’acacia au jardin), rock avec guitare abrasive à la Neil Young (La petite idée derrière la tête), ballades magistrales en duo avec Camille (Ce qui n’est pas donné est perdu, Plus vu de femmes), chevauchées débridées avec riffs à la Creedence Clearwater Revival (Ton pire ennemi, Dix mille (Jean) Louis d’or) et bien sûr exceptionnels morceaux folk/rock/pop en solo évoquant parfois Bob Dylan ou Neil Young débranché (Cabaret, En souvenir de Jade, On se découvre en regardant et Qu’entends-tu que je n’entends pas ?)… Seuls les mielleux Elle avait le béguin pour moi et Fille d’or sur le chemin et l’anecdotique Call baby call sont en dessous du lot.
Pour habiller ses chansons, Murat s’est entouré d’une fine équipe qui sait booster certains morceaux, en jouer d’autres discrètement ou même s’effacer quand il n'y a besoin que d’une voix, d’un piano ou d’une guitare. La section rythmique (Stéphane Reynaud et Fred Jimenez) est parfaite, Christophe Pie - le batteur de Rogojine - fait preuve d’une grande finesse dans ses interventions à la guitare Wah Wah ou au Fender Rhodes, enfin la chanteuse Camille confirme tout le bien qu’on pense d’elle : sa voix se marie parfaitement avec celle de JLM et son tempérament volcanique apporte un plus indéniable.
Avec Parfum d’acacia au jardin, on passe donc un moment délicieux en compagnie d’un songwriter d’exception. Ceux qui en redemandent encore pourront se délecter des versions alternatives présentes sur le C.D. audio avec en bonus les inédits Chappaquiddick - un surprenant reggae rock - et Marquis, une très grande chanson. JLM a véritablement plus d’une petite idée derrière la tête... et plus d’un tour dans son sac !


www.jlmurat.com
www.labels.tm.fr

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 29/02/2004

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