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André Robillard, en chemin

Henri-François Imbert
Libre cours - Décembre 2013
Dans les derniers « grand vivant » de l’art brut, André Robillard est certainement un des plus importants.
Découverts en 1964 par Jean Dubuffet grâce au docteur Paul Renard, André Robillard (fils d’un garde forestier) réalise depuis 50 ans dans l'hôpital psychiatrique de Fleury-les-Aubray à coté d’Orléans, des fusils. Attention, notre « artiste » n’est pas un terroriste n’y un guerrier. Ces fusils ne tueraient même pas une mouche, car ils sont en bois. Oui, c’est juste un morceau de bois qu’il a découpé en forme de fusil et qu’il recouvre d’objets divers qu’il a récupéré (glané) ici et là.
André Robillard est un poète. Avec juste de la récup et beaucoup de sensibilité, il réalise des sculptures/fusils d’une force qui aimante l’œil. Son style, sa méthode est unique. André Robillard réalise aussi de très jolis dessins aux feutres de couleurs où l’on voit divers animaux (de la poule jusqu’au dinosaure), cosmonautes et spoutniks.

Henri -François Imbert est un cinéaste qui a réalisé de nombreux documentaires. En 1992 il réalise le documentaire A coup de fusil sur André Robillard (également disponible en DVD). Depuis il est resté en relation avec André.

Ce nouveau documentaire intitulé André Robillard, en chemin relate les nombreuses rencontres qu’ils ont eu ensemble depuis l’hiver 2004 jusqu’à 2012. Ici pas (ou peu) de voix « of », pas d’interview frontale, Henri François Imbert reste discret. Non, ici le but est de montrer Robillard dans son quotidien. On le voit chez lui, dans sa petite maison rempli de peluches, de babioles (j’aime ce mot) et de bric à brac. On le voit déambuler dans les couloirs du centre hospitalier pour allez voir son tuteur, ou pour allez chercher son linge. Par contre on le voit très peu créer. Les moments où il « construit » ses fusils ou quand il dessine sont dans le documentaire assez court. Par contre on le voit partir en train, loin de chez lui à ses vernissages (moment fort également filmé dans A coup de fusil lors d’un vernissage en Allemagne). On ne le voit pas également faire du vélo (une autre passion), n’y jouer de l’accordéon, de l’harmonica, n’y de sa batterie maison (un baril pour la grosse caisse et des cartouches de fusils qu’il met au bout des doigts pour les baguettes). Il n'y a pas non plus d’impressions sur la pièce de théâtre Tuer la misère dans lequel il a joué son propre rôle. Par contre on marche, on marche (d’où le titre du doc) avec Robillard, et malgré ses 82 ans, il à toujours la santé (et pas un cheveu blanc !).

De part sa durée (78 minutes), ce documentaire permet de faire la connaissance du quotidien (un peu façon émission Strip tease sur la 3) d’André Robillard, jusqu’à parfois nous mètre mal à l’aise. Le passage quand Robillard s’excite avec sa TV, car il n’arrive pas à la régler les programmes est déstabilisant. Aussi à travers le doc, on se rend compte qu’au fil des années, Robillard dit souvent les mêmes choses, notamment que son travail artistique est un cadeau de la vie. Ce qui n’est pas faux.

J’avais passé un après midi chez lui en 1995, et les propos qu’il raconte dans le doc, sont exactement les mêmes qu’il m’avait dit. Mais qu’importe, passer un moment avec Robillard est un vrais moment touchant, car de part sa « simplicité » il donne beaucoup. Oui vraiment beaucoup. A défaut de passer un après midi chez lui, ce documentaire vous donnera déjà un bon aperçu de ce qu’est un moment en la compagnie d’André Robillard.


www.lecinemadehenrifrancoisimbert.com/

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 20/01/2014

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