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Tricatel Universalis

Jean-Emmanuel Deluxe
Maison Cocorico - 26 octobre 2018
Les éditions Huginn & Muninn viennent de créer un nouveau label/collection au nom sans équivoque de Maison Cocorico, pour mettre en avant une certaine idée du « made in France ». Les trois premières références sont : Belmondo le magnifique, Filles de la pop et Tricatel Universalis. Tricatel (en référence au film de Claude Zidi, L’Aile ou la cuisse) est un label qui a été créé en 1996 par l’artiste compositeur, arrangeur et producteur Bertrand Burgalat. Mais que l’on ne si trompe pas, Bertrand Burgalat dit page 12 : « Le danger pour un musicien qui monte un label, c’est de ne sortir que des gens qui travaillent dans la même direction que lui ».

En 22 ans d’activité, ce label c’est fait une place à part dans le paysage pop et musical français, en signant des artistes (français et étrangers) atypiques qui ont en point commun d’avoir une identité forte (musique, look, visuel, univers). Parmi ces artistes, il y a Valérie Lemercier, April March, Helena, Etienne Charry, Eggstone, Ladytron, Michel Houellebecq, Ingrid Caven, Count Indigo, Les Shades, Catastrophe, Chassol, évidemment Bertrand Burgalat et le groupe « maison Tricatel » A.S Dragon. L’autre particularité du label est la réhabilitation d’artistes en marges en rééditant à travers des compilations des figures tels qu’André Popp, David Whitaker et Robert Wyatt. Avec ce « catalogue » de prestige reconnu jusqu’à l’étranger, dont le Japon, le label Tricatel possède aussi une image forte avec son visuel, son logo et surtout la personnalité de Bertrand Burgalat, bien loin du dandy branché parisien, malgré les apparences « trompeuses » du à sa classe vestimentaire. Le journaliste Jean-Emmanuel Deluxe connait bien Bertrand Burgalat, il suit son actualité depuis le début. Ainsi en tant qu’érudit de Tricatel, tout ce qui entoure « l’esprit Tricatel » n’est pas inconnu au dandy rouannais Jean-Emmanuel Deluxe. Il est totalement imprégné par l’image, le choix des artistes et le travail artistique de Bertrand Burgalat, qui lui a rendu la pareille en lui ouvrant toutes les portes de son album de famille, riche en expériences et rencontres. Ainsi avec une belle mise en page et beaucoup d’archives (photos, illustrations, documents, dessins de Luz) le texte de Jean-Emmanuel Deluxe nous plonge dans une belle aventure humaine, réalisé avec des coups de cœurs, un peu de sous, mais beaucoup de pertes financières, car le public n’est pas toujours au rendez-vous. Ce qui est clair, à travers les 240 pages du livre, Tricatel a porté et portera encore une belle luminosité pour une certaine musique « populaire » qui demande de l’attention. Il suffit de lire le chapitre « Discographie » avec une sélection des 53 albums commentée par Burgalat pour se rendre compte de l’importance des choix non balisés et de qualités du label. Pour nota, l’album Histoire de Melody Nelson de Serge Gainsbourg n’avait pas été en 1971 un grand succès en matière de vente d’album et pourtant aujourd’hui en 2018, cet album fait partie des perles française à travers le monde. Tricatel, c’est un peu la même histoire, pas assez de ventes dans son présent, mais l’histoire du temps donnera raison à ce beau label français qu’il faut soutenir en achetant les disques et en allant voir les artistes sur scène. Merci à Bertrand Burgalat de ne pas lâcher prise, malgré les lois du marché ! Ce beau livre nous montre que rien n’est perdu, même si on est un petit artisan.


/huginnmuninn.fr/fr/collection/maison-cocorico
tricatel.com/site/tricatel/
www.youtube.com/watch?v=gcLRdjgjaLc

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 15/11/2018

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