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On a tué John Lennon

Jacques Colin
Le Castor Astral - 07 mars 2019
Jacques Colin, ex rédacteur en chef de la revue Rock & Folk, a eu la curieuse idée d’écrire un livre sur Marc David Chapman, l’homme qui a tué John Lennon avec quatre balles de révolver, juste devant l’entrée de la résidence de la star, c’était le 8 décembre 1980 à 22h52. Si le sujet fait un peu peur, car on peut facilement tomber dans le fait divers sordide, on est au bout de quelques pages rassuré, car l’écriture de Jacques Colin est fluide, stylé et proche du roman noir, du moins dans la première partie. Car le livre est divisé en deux parties. La première est consacrée à Marc David Chapman, la deuxième à John Lennon, avec en toile de fond les années 60 et 70’s avec sa contre-culture et surtout la jeunesse, cible toute fraiche pour la société de consommation.

Marc David Chapman est à première vue un homme ordinaire. John Lennon est quant à lui aussi célèbre que Jésus-Christ. En tuant John Lennon, Marc David Chapman a l’espoir d’être aussi célèbre que John Lennon et donc de Dieu. Mais dans sa tête il y a beaucoup de contradictions. Il se bat avec une petite voix intérieure qui serait en relation avec le diable. Il a donné un nom a cette voix, Holden Caulfield, personnage du livre L’Attrape-Cœur de John D. Salinger. Toujours est-il qu’il va être jugé coupable de son acte, car il n’est pas considéré d’être un fou. Ainsi en 2019, âgé de 63 ans, il est toujours derrière les barreaux dans une unité spéciale, et s’il veut rester en vie, car de par son geste radical, il est dans le viseur de pas mal de fans de la star, la prison est le seul endroit où il est protégé.

Le chapitre consacré à John Lennon n’est pas là pour nous évoquer son génie en tant qu’artiste, mais pour nous montrer ses failles et ses contradictions. Ici c’est le John Lennon Teddy boy qui vient de la classe ouvrière. C’est l’homme qui peut être blessant en se moquant des handicapés et des homosexuels. Si John Lennon est aussi célèbre que Jésus-Christ, il reste avant tout un être humain avec ses qualités et ses défauts. L’auteur met aussi en avant, les 5 années qui ont précédé son assassinat. Pendant l’après album de reprises nommé Rock ‘n’Roll jusqu’à la sortie de l’album Double Fantasy, John Lennon est papa poule. Il s’occupe de son fils Sean, tant désiré avec sa femme Yoko Ono. Ainsi pas d’albums, pas de concerts mais une vie de « bobo » qui profite de sa fortune. Là on n’est plus dans les années hippies « peace and love ». L’auteur évoque aussi la bêtise des fans près à dépenser une fortune pour s’acheter une mèche de cheveux de l’ex Beatles, le disque Double Fantasy dédicacé à Marc David Chapman juste avant le drame ou encore une lettre écrite à une ex-femme. Yoko Ono, qui n’est pas insensible à l’odeur des dollars n’hésite pas satisfaire les fans de son défunt mari. Bref, les 192 pages de ce livre ne sont pas là pour nous conter fleurette. Justement, cet ouvrage fait partie d’une nouvelle collection qui a pour titre A Day in the Life (titre d’une chanson des Beatles qui figure dans l’album Sgt. Pepper’s Lovely Hearts Club Band) et dont la ligne éditoriale est de raconter « le récit d’une journée particulière » et d’évoquer « un moment clé de l’histoire de la musique et de ses conséquences ».
On a tué John Lennon entre bien dans ce cadre, mais ce livre va-t-il trouver ses lecteurs ? Car revenir en 2019 sur le cas Marc David Chapman n’est pas évidant. Et pour les fans de John Lennon, ici l’auteur parle peu de sa musique (ce n’est pas le sujet) et préfère écrire façon le Yin et le Yang sur cette icone intouchable et vénérée. Bonne lecture en écoutant Imagine au casque !


www.castorastral.com/livre/on-a-tue-john-lennon/

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 04/03/2019

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