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Lizzy Mercier Descloux, une éclipse

Simon Clair
Playlist Society - 12 mars 2019
En France, auprès du grand public, l’artiste Lizzy Mercier Descloux est surtout connu pour son tube Mais Où Sont Passées les Gazelles, sorti en 1984. Ce morceau a beaucoup tourné sur la bande FM et dans les soirées entres potes, voir en famille. Mais avant 1984, Lizzy Mercier Descloux avait déjà sortie deux albums, devenu avec le temps des classiques de la no wave et du funk blanc. Née en 1956 dans « le ventre de Paris » aux Halles, d’un père inconnu et d’une mère qui l’a abandonné, Lizzy a été élevé par sa tante Maurisette. A noter que sur son troisième album, il y a le morceau Momo qui lui est dédié. A Paris Lizzy fréquente les disquaires Harry Cover et l’Open Market. Avec ses longs cheveux au volume sauvage et son look vestimentaire, la pétillante Lizzy ne passe pas inaperçu. Elle fait la connaissance de Michel Esteban avec lequel elle va allez en décembre 1975 à New York. Grace à Michel, elle rencontre Patti Smith qui deviendra une amie et Richard Hell qui sera épisodiquement son petit ami. Elle fréquente le CBGB et de fil en aiguille elle saisit une opportunité pour enregistrer un album. Elle ne sait pas chanter, elle n’a pas envie d’apprendre, bref dans le sillage arty punk no-wave de la grosse pomme, cette attitude est dans l’esprit du moment. Ainsi son chant est instinctif, à base d’onomatopées et de cris, murmures. Le résultat donne Press Colors, un album avec quatre titres originaux et quatre reprises, dont le générique de la série TV, Mission Impossible. Le disque sort sur le label ZE Records tout juste créé par les deux frères Esteban. Malheureusement en 1979, Press Colors ne trouvera pas son public, juste un succès d’estime. Par contre, depuis l’album est devenue culte et a fait des petits, de LCD Soundsystem, The Rapture à !!!, soit des groupes qui ont l’art de créer du groove primitif aux rythmes enflammées. Merci à la « frenchy » Lizzy et aux Talking Heads.

En 1984, toujours avec Michel Esteban a ses coté, Lizzy part en Afrique du Sud pour composer le fameux LP (sans titre) qui contient LE tube. La galette est plébiscitée par radio Nova et sera là l’origine de la sono mondiale, vulgairement nommé la world music. En 1988 elle va au brésil pour l’album Suspense, mais là à cause d’une production trop massive, le résultat n’est pas convaincant. C’est un bide. Sniff…

Le journaliste Simon Clair nous racontes l’essentiel de la discographie de l’artiste (5 LP et une pléiade de 45t), mais surtout la personnalité à la fois en mode « banque route », fragile et surtout adorable de Lizzy, argumenté d’interviews de proches. Car elle marque chaque personne qu’elle rencontre et qu’elle fréquente. Avec son tempérament « tout feu tout flamme », elle ne passe pas inaperçu et surtout son charme ne laisse pas indifférent. C’est une femme qui vit, qui donne de la lumière. Mais, punk dans l’esprit (= pas de concessions artistique), Lizzy a du mal à vivre de son art. Est-ce que l’éditeur Michel Esteban lui a bien versé tout son dû ? Espérons que oui, car des artistes qui figurent sur ZE Records n’ont pas tous été payé (notamment pour les rééditions), c’est du moins ce qu’Alan Vega et James Chance ont dit dans des interviews parue dans la presse. Et il y a eu aussi des saisies à la douane, des disques du label à cause de royalties non payés. Bref, Lizzy vivote et picole dès le matin, ce qui n’est pas bon pour sa santé. En 2003, elle qui a pourtant évité la maladie des années 80, le sida, est frappé par « pas de chance », le cancer. Ne voulant pas se faire soigner, surtout pas de chimio, elle part en banqueroute. Le résultat, elle meurt le à 20 avril 2004 à seulement 47 ans. Ses sandres sont éparpillées en Corse. Ainsi s'en est allé la belle Lizzy, laissant derrière elle beaucoup d’orphelins et une musique qui n’a pas fini d’inspirer les prochaines générations de musiciens et chanteurs.
A chaque éclipse on pensera à elle.


www.playlistsociety.fr/book/lizzy-mercier-descloux-une-eclipse/
www.youtube.com/watch?v=tfGOyqAwxSg
www.youtube.com/watch?v=0V9cZhGgdiU

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 11/03/2019

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