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Jacques Higelin, L’enchanteur

Stéphane Deschamps
Hors Collection - 17 octobre 2019
Un livre grand format (32,2 x 24,7 cm) de 168 pages, richement illustré de photos inédites en couleurs, en noirs et blancs et des documents d’archives (partitions, paroles, lettres manuscrites, ), le tout avec un texte érudite, fluide et passionné écrit par Stéphane Deschamps (ex journaliste des Inrockuptibles, responsable des programmes à Radio France, co-fondateur du festival Les nuits de l’alligator… ), il fallait au moins ça, pour rendre hommage au grand artiste Jacques Higelin, parti rejoindre une autre troupe de saltimbanques le 6 avril 2018.

Jacques Higelin est né à Brou-sur-Chantereine (77) en 1940, soit pendant la seconde guerre mondiale. Son père Paul est cheminot, sa mère Mariette est femme au foyer, elle s’occupe de Jacques et de son grand frère Paul. Depuis tout gamin, Jacques a la musique dans la peau. Ses parents et grands-parents l’encouragent. A l’âge de 16 ans, Jacques Higelin entre au cours Simon à Paris. A l’armée, à Rastatt en Allemagne il rencontre Areski, qui jouera un rôle important pour ces débuts en tant que musicien. Mais avant d’être le chanteur à succès, il est acteur dans de nombreux films (Nathalie, agent secret, La verte moisson, Bébert et l’omnibus, Par un beau matin d’été…) auprès de grands comédiens (Martine Carol, Claude Brasseur, Jean Paul Belmondo, Jean Richard…), ainsi qu’au théâtre et à la télévision. Mais le cinéma et la musique ne sont jamais loin, ainsi en 1961 dans le film Saint-Tropez Blues, on le voit faire un duo à la guitare avec Marie Laforêt (qui vient juste de le rejoindre là-haut). Son premier disque est un EP avec des reprises de Boris Vian. On est en 1965. Mais il faudra attendre 1969 pour que sa personnalité de saltimbanque se dévoile et se personnalise avec la rencontre de Rufus, Brigitte Fontaine et Serge Barouh qui vient de créer son label Saravah grâce aux royalties récoltés suite au succès de la BO du film Un Homme et une femme de Claude Lelouch. Ses deux premiers albums aux couleurs très poésie libre et folk hippie sont édités sur Saravah. Certes le succès, n’est pas au rendez-vous, mais au moins il peut laisser libre court à toute sa fantaisie musicale, grâce à l’élégance de Serge Barouh. A partir de 1975, Jacques Higelin passe au rock avec l’album Bbh 75 et en 1976, l’album Irradié avec à la guitare Louis Bertignac, futur Téléphone. Son premier succès public arrive en 1978 avec le morceau Pars, extrait de l’album No Man’s Land. Succès qui ne va plus le quitter. Autre points importants de sa personnalité, ce sont ses performances scéniques, proche avec l’esprit de troupe avec ses saltimbanques en tout genre. Il est tellement à l’aise sur scène, que ses performances durent 3 heures. Ainsi le public peut ressortir de la salle, la tête dans les étoiles, ou... en l'air. En témoignage gravé, le triple album vinyle Higelin à Mogador sortie en janvier 1981, quelque mois avant l’élection de François Mitterrand, soit la gauche au pouvoir, fêté par un concert de Jacques Higelin sur la place de la République devant 170000 personnes. Tous ses instants sont évoqués dans cet ouvrage rédigé en forme de biographie illustrée. Le tout avec des témoignages répertoriés dans la presse, médiats de l’époque. Enfin, à noter que la préface est écrite par Rodophe Burger, qui l’a bien connu. Il finit sa préface avec cette belle phrase : « (…), je veux saluer l’ami, le grand vivant, l’artiste irréductible, l’Higelin unique. ». Bref, fan ou néophyte de l’artiste Higelin, vous devriez y trouver de quoi avoir envie de vous (re)plonger dans sa discographie.


fr-fr.facebook.com/HorsCollection/
www.youtube.com/watch?v=eNmoKIIwoWQ

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 10/11/2019

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