22/11/2017  |  4911 chroniques, 162 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 20/11/2017 à 16:13:07
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Brown / Forsythe / Lancelot

Ballets / Trisha Brown / William Forsythe / Francine Lancelot
Opéra Garnier - Paris
décembre 2004

avec : le Ballet de l'Opéra (distribution complète à consulter sur le site de l'Opéra de Paris)
La danse contemporaine « officielle » était jusqu’à présent l’apanage de l’Opéra Bastille et du Théâtre du Châtelet. C’est donc avec beaucoup d’excitation que je gravissais les magnifiques marches de l’Opéra Garnier avec enfin un programme inventif et osé, à des années lumières des pensums des ballets classiques.
La première partie s’ouvrit par un magnifique solo du danseur étoile Kader Belarbi qui, sur la troisième Suite de violoncelle de J.S. Bach nous montrait toute la virtuosité et la beauté de sa technique sur une chorégraphie de Francine Lancelot.
Ce n’étaient pas seulement les prouesses de danse qu’on appréciait, mais c’était aussi cette dualité avec le violoncelliste Christophe Coin, qui délaissait momentanément la direction de l’Ensemble Baroque de Limoges pour retrouver la joie de son instrument fétiche, le violoncelle.
On adorera le legato de Christophe et la douceur angélique de Kader.
Le second ballet, « Glacial Decoy », de Trisha Brown, s’avèrait être la pierre d’angle de cette représentation, tant l’interprétation en silence des 4 danseuses, magnifiées par des tenues diaphanes, fut éblouissante d’harmonie et de poésie.
La chorégraphie, tout en allégresse et virtuosité, nous fera vibrer par les entrelacements lascifs et les arabesques virevoltantes des danseuses : un vrai régal !...
Sur une musique de Laurie Anderson, la troisième partie fut interprétée par 2 danseurs et une danseuse qui alternèrent les portés, les duos et les solos avec beaucoup d’opiniâtreté et de poésie ; on se surprendra à sombrer dans une béatitude nocturne.
En final, le très attendu ballet de William Forsythe, qui par son style syncopé et répétitif donnait un dynamisme et un brin de folie à cette vieille institution que représente l’Opéra Garnier. Les danseurs, plus d’un douzaine, s’enchevêtraient avec passion et élégance sur une musique industrielle de Thom Willems, qui a du rendre sourd la centaine de mégères apprivoisées qui peuplaient cet Opéra enfin en accord avec son temps et son époque...


www.opera-de-paris.fr/?Rub=Fiche&Id=705

auteur : Poplunaire - poplunaire@foutraque.com
chronique publiée le 22/12/2004

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