28/07/2017  |  4850 chroniques, 161 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 26/07/2017 à 16:53:20
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La Route du Rock Collection été 2011 se profile à l'horizon...

Alors que l'édition 2011 de la Route du Rock Collection été 2011 se profile à l'horizon (du 12 au 14 août, à Saint-Malo), retour sur les meilleurs moments de la mémorable édition précédente...

Après deux belles soirées de concerts (vendredi 13 août avec Dum Dum Girls, Owen Pallett, Yann Tiersen, The Black Angels et French Cowboy en surprise puis samedi 14 août avec Hope Sandoval, Martina Topley Bird, The Hundred In The Hands, Foals et Massive Attack), la vingtième édition estivale de la Route du Rock à Saint-Malo s'est terminée en apothéose le dimanche 15 août avec les prestations de Thus:Owls, Archie Bronson Outfit, Serena Maneesh, The National, Josh T. Pearson et The Flaming Lips. Récit d'une salve de shows particulièrement marquants avec en feu d'artifice final, le set époustouflant et pharaonique des toujours miraculeux Flaming Lips.

Thus:Owls

Du premier invité de la soirée, Thus:Owls, qui remplace Ganglians au pied levé, l'on ne verra que le long dernier morceau... Une sorte de voyage folk 'n baroque avec voix lyriques, arrangements façon chorale psyché, ambiance follement débridée et vision panoramique sur un univers aussi foisonnant que protéiforme et sur le fil du rasoir émotionnel. Un seul morceau c'est peu, mais il est tellement bon, qu'il suffit à rendre heureux et à attiser la curiosité au sujet de ces extra terrestres dotés de petits pouvoirs spéciaux utilisés à très bon escient.

Archie Bronson Outfit

Après cette très jolie entrée en matière, un petit tour du site (où subsistent quelques stigmates humides des torrents de boue provoqués par la grosse pluie de la veille), place au show titanesque et ultra rock 'n roll d'Archie Bronson Outfit, une troupe de musiciens - habillés comme des gourous prêchant l'apocalypse du son fade ! - sachant pousser le rock dans les affres du psychédélisme et de l'expérimentation. En fait, Archie Bronson Outfit sur scène c'est comme sur disque (où le groupe excelle dans la décharge viscéralement sexuelle avec riffs acérés, chant chamanique et rythmiques dingues) mais en plus hargneux, si c'est possible ! Le public, ravi, est en présence d'une genre de rock tétanisant servis très frais, par des musiciens peu communicatifs mais semblant définitivement partis en transe. Archie Bronson Outfit en direct live, on peut dire que c'est du grand art sonique et que ça mérite absolument le coup d'œil, plutôt deux fois qu'une ! Qui veut prendre une bonne claque en concert, qui ?

Serena Maneesh

La suite s'avère être un ton en dessous mais pas ratée pour autant... Les néo shoegazers de Serena Maneesh proposent un rock psyché délétère avec des série de poses un peu trop appuyées lors de l'interprétation de leurs morceaux remarquablement déglingués et bruitistes. Si le leader du groupe en fait trop dans le style faussement déjanté voulant s'attirer les faveurs du public et si la sculpturale bassiste est une blonde machine à fantasmes posant à tire larigot, le musique des Danois de Serena Maneesh reste impressionnante en live.

On aurait préféré une prestation sans bla bla et en ombres chinoises comme aux Transmusicales de Rennes il y a quelques années mais malgré cela le court set de cet extrémiste combo permet de se plonger à nouveau avec délectation dans les tempêtes de bruit déclenchées par les cultissimes My Bloody Valentine. Comme pour le concert de ces derniers l'année dernière, le public malouin semble diversement apprécier ces tentatives de pop song saccagées avec une touche arty outrancièrement bruyante. Mais il y a de très belles promesses chez cette bande de turbulents petits jeunes !

The National

La troisième prestation des New Yorkais de The National au Fort de Saint-Père restera dans les annales de La Route du Rock... Ce soir, dans l'enceinte du festival l'on sent un groupe au sommet de son art, désormais habitué à jouer son dernier album - le long en bouche et excellent High Violet -, plus libéré que lors de sa pourtant déjà mémorable première partie de Pavement au Zénith de Paris début mai 2010, et animé par un prégnant désir de donner le meilleur de lui-même pour une structure et un public qui l'ont toujours soutenu.

Matt Berninger, très énervé par ces réjouissantes retrouvailles, se lance dans des joutes vocales oscillant entre caresses graves et cris sauvages faisant presque décrocher le son du micro... Tout cela est d'autant plus divin que le public, complétement à fond, a l'immense chance d'être en contact rapproché avec le son d'un groupe en état de grâce : les rythmiques basse/batterie des frères Devendorf, les enchevêtrements de guitares des frangins Dessner, les chœurs, le violon ou les synthés de Padma Newsome et la section de cuivres toujours à propos se chargent de créer la bande son idéale à la jouissance pop folk post rock. Issus du dernier opus en date ou piochés avec goût dans la discographie sans tache de The National, les morceaux s'enchainent comme dans un rêve éveillé, faisant régulièrement monter les larmes aux yeux et entrainant souvent la formation de chair de poule dans le dos.

Affichant une générosité scénique sans faille lors de son live, The National prouve également vers la fin de son concert qu'il est généreux dans ses rapports humains en citant et en remerciant Sébastien, un compagnon de route ayant tourné avec le groupe dans l'Europe Entière en tant que conducteur de mini bus et homme à tout faire pendant des années ; l'homme a le droit de monter sur scène avec ses amis et de finir le concert aux premières loges. La générosité s'ajoutant à l'intensité et à la puissance émotionnelle, à la rage sonique, au sens mélodique et à l'inspiration pour les arrangements, The National bénéficie donc de la panoplie complète du groupe génial à voir sans faute sur les planches.

Josh T. Pearson

Alors que l'énorme machinerie des Flaming Lips commence à être mise en place par les roadies et le très expansif leader du groupe en personne, on entend une douce mélopée s'échapper de l'autre côté du site... Le temps de se déplacer de quelques mètres et l'on aperçoit un soie de Jésus (quelle barbe fournie mes aïeux !) armé d'une guitare et d'un micro, en train de proposer un aller simple vers la Terre Promise folk rock... C'est Josh T. Pearson, qui fait une apparition christique à l'opposé de la scène en haut des remparts du fort de Saint Père. Son court set, malheureusement perturbé par les balances des Flaming Lips, permet de constater avec allégresse que l'ex leader de Lift To Experience est encore animé par un feu sacré peu commun. Sa voix hyper émouvante et gorgée d'écho, ses arpèges de guitare vintage et ses morceaux sont d'une prodigieuse classe. A suivre !

The Flaming Lips, définitivement le meilleur groupe du monde pour voyager en première classe au milieu des nuages !

Comme prévu, le final de la Route du Rock, vingtième du nom, le concert des doux dingues de The Flaming Lips se révèle mémorable, le groupe américain réussissant l'exploit de sortir la grosse artillerie pyrotechnique (écran géant en Led, mise en scène hyper travaillée, énormes canons à fumée et à confettis, généreux lâchers de ballons, figurants dansant de chaque coté de la scène, animaux géants faisant des apparitions, lasers sortant des mains géantes de Wayne Coyne, projection sur l'écran du visage de ce dernier etc etc... ) tout en offrant un set de pop 'n folk rock psyché de très haute tenue et presque intimiste... On savait le combo d'Oklahoma City franchement barré – sa prestation au Printemps de Bourges 2006 nous avait laissés sur le cul, la tête dans les étoiles -, mais à la Route du Rock il nous a encore une fois bluffés.

Dès l'intro avec les musiciens sortant un à un de l'étincelant vagin projeté sur l'écran géant, le ton est donné : ce show sera démentiel ou ne sera pas. Le morceau joué s'intitule In Excelsior Vaginalistic et il permet de rentrer de plain pied dans l'univers tourné vers la voute céleste et la vulve magique des Flaming Lips... Juste après, Wayne Coyne se retrouve dans une grosse bulle transparente et se jette à l'intérieur de celle ci dans le public, qui le porte avec joie. La musique hyper planante et cette vue d'une sorte de Jésus slammant sur la foule pour porter la bonne parole fait boum dans le cerveau : l'on se demande si l'on ne vit pas une sorte hallucination collective provoquée par un excès de drogues lysergiques. Mais non, après s'être pincé et avoir manqué de s'étouffer plusieurs fois à force de hurler de joie et de rire de manière incontrôlée, il faut se rendre à l'évidence : on est au paradis de la pop psyché grâce à un groupe doué pour dégager des Good Vibrations et rendre une foule extatique... Les confettis volent dans le vent malouin, les fumigènes donnent l'impression d'assister au décollage d'une fusée vers la Lune et au milieu de ce grand Barnum, Mr Coyne chante comme un illuminé dans son mégaphone, juché sur un ours (!), avec sa voix déraillant admirablement...

Quel pied ! C'est vraiment le bonheur de passer la totalité d'un concert sur un tapis volant en compagnie d'artistes sachant écrire des chansons du niveau de The Fear, Worm Moutain, She Don't Use Jelly, The Sparrow Looks Up at the Machine, I Can Be a Frog, Yoshimi Battles the Pink Robots, Pt. 1, See the Leaves, Taps, The W.A.N.D. ou Do You Realize?? Déjà hyper trippants sur disque, ces morceaux prennent une autre dimension en live avec le génial son du concert et la mise en scène hallucino dinguo... Et le miracle se produit : impressionnant et saisissant dans les déluges sonores avec ses amis cosmonautes, Wayne Coyne prouve que ses chansons sont aussi bonnes quand il se produit quasiment seul avec sa guitare sans aucun effet ou fracas distordu... Sur les complétement folles I can be a frog ou Yoshimi, on a la troublante impression que le leader de cette troupe d'entertainers classieux chante juste pour nous... même si sa voix est presque fausse. Et en plus il prend le temps de remercier le ciel, clément aujourd'hui, et de faire un petit speech contre la guerre en Irak, en demandant au public de faire le V de la paix avec ses doigts. Mr Coyne est touchant, il est conscient que les "grands" de ce monde ont peu de chance de changer leur comportements suite à une chanson pour la paix, mais la poignante mélodie joué à la trompette et la chanson Taps donnent envie d'y croire, encore un peu...

Après ce joli moment de communion - c'est réconfortant tous ces bons sentiments et cette absence de cynisme ! -, le set des Flaming Lips prend fin de la plus belle des manières : avec l'interprétation du tube Do You Realize ? avec chaque refrain appuyé par force fumigènes et confettis. Juste après, on repart avec des étoiles dans les yeux, une belle provision de mélodies addictives en poche et une énorme envie de propager la bonne parole pro Flaming Lips, définitivement le meilleur groupe du monde pour voyager en première classe au milieu des nuages ! Un peu d'amour et de finesse dans un monde de haine mené à sa perte par des brutes épaisses... Tout cela donne très envie de revoir ce précieux groupe en chair et en os sans oublier de continuer à venir chaque été à La Route Du Rock !

A lire également, le compte rendu du vendredi 13 août à La Route du Rock 2010 avec The Black Angels, Yann Tiersen & Dust Lane Inc., Dum Dum Girls, Owen Pallett, Lonesome French Cowboy, celui su samedi 14 août avec Massive Attack, Foals, Martina Topley Bird, The Hundred In The Hands et la chronique du concert de Hope Sandoval le même jour...

Liens : www.laroutedurock.com, www.myspace.com/laroutedurock, www.facebook.com/routedurock, www.flaminglips.com, www.myspace.com/flaminglips, www.facebook.com/routedurock, www.americanmary.com, www.myspace.com/thenational, www.archiebronsonoutfit.com, www.myspace.com/archiebronsonoutfit, www.myspace.com/serenamaneesh, www.myspace.com/thusowls, www.myspace.com/joshtpearson.

Photos live par Flore-Anne Roth, www.floreanneroth.com


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
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