28/07/2017  |  4850 chroniques, 161 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 26/07/2017 à 16:53:20
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Je suis un vinyle maniaque !

Depuis 1978, j’achète des disques vinyles. Autant dire qu’aujourd’hui en 2012, chez moi, entre l’appart et la cave, il y a pas mal de kilos de musique gravée sur ces formes rondes en plastiques noirs ou parfois en couleurs vives, sans oublier les pictures disques.

J’adore le disque vinyle, mais je reconnais qu’il a deux défauts :
1- Son poids, les disques vinyles sont lourds. Quand on déménage, les potes apprécient moyennement de les porter, à moins d’être content d’avoir à l’œil une séance de musculation.
2- Le côté non pratique. On ne peut pas écouter le vinyle (à l’inverse de la K7/CD/MP3) où on le désire, soit par exemple dans les transports ou sous la tente (à moins d’avoir un pick-up au son horrible). Il faut le confort intérieur avec une bonne platine et des bonnes enceintes.

Sinon rien que des qualités. Même les craquements font plaisir à entendre, sauf si un chewing-gum est resté collé. Combien de DJ (surtout dans le style trip hop) on utilisé les craquements de vinyles dans leurs compos (sur CD) ? Par contre, pour rappel, il ne faut pas laisser le vinyle trainer à côté d’une source de chaleur, car écoutez un vinyle gondolé, ce n’est pas top.

Les deux qualités majeures du disque vinyle:
1- Le SON. Le vinyle possède (à l’inverse du CD), un grain vivant et non pas froid, ni métallique.
2- Le format de la pochette. Le 33 tours a la même taille qu’un beau livre ou un tableau d’artiste.

La pochette d’un disque 33t est quelque part une œuvre d’art, que celle du format CD n’aura pas réussi à faire oublier. Vous allez chez un disquaire, et là vous voyez les nouveautés accrochées aux murs. On se croirait dans une exposition de photos ou de peintures. D’ailleurs j’ai vu de nombreuses expos où l’on y voit des disques vinyles. Les plus marquantes étant Sensasion Fix réalisé par Sonic Youth, Des Jeunes Gens Modernes à la Galerie Agnès B, et l’expo Dites 33 où, sur une idée de Jef Aérosol, 33 plasticiens ont imaginé 333 pochettes de disques.

Chez le disquaire d’occasions, c’est encore plus émouvant, car on y voit sur les murs des pochettes collectors n’arguer notre portefeuille: Velvet Underground, Rolling Stones, Residents, Serge Gainsbourg, Can… Si vous êtes de passage à Paris n’hésitez pas à aller chez Plus de Bruit (pour réaliser des affaires) et à Monster Mélodie (mais là, vous irez après expliquer le découvert à votre banquier, car chez Monster Mélodie les prix sont justement monstrueux).

Il y a de cela 25 ans, on donnait le disque vinyle pour mort, ce qui faisait la joie des amoureux de la rondelle en plastique, qui pouvaient trouver dans les vides greniers des 33t à 5 ou 10 francs (entre 70 centimes et 1.5 euros). Aujourd’hui, le vinyle est « enfin » de retour, en pleine forme (et donc plus cher! regardez les prix des rééditions à 180 gr), tandis que le CD est plutôt mal en point. On trouve même à acheter des cadres pour exposer sur les murs ses pochettes de disques. Par exemple des pochettes cultes tel que Unknow Pleasure (Joy Division), Man Machine (Kraftwerk ), London Calling (The Clash), Raw Power (Iggy Pop & The Stooges), Pornography (The Cure), Miami (The Gun Club), 1/2 Mench (Einsturzende Neubauten), Sticky Fingers (Rolling Stones), Heaven Up Here ( Echo & the Bunnymen ), 1969 live(Velvet Underground), Neu! 2(Neu!) sont des œuvres d’arts à part entière où la photo et le graphisme sont si magnifiques et originaux qu’on ne se lassera jamais de regarder. Comme on est maniaque (combien de couples se sont prit la tête suite à une pochette abimée à cause d’un café renversé dessus, des traces de doigts sur la rondelle, ou d’un disque mal rangé ?), pour bien les conserver, on les glissera dans une pochette en plastique transparente. Après on les classera soit par ordre alphabétique ou par style, mais là c’est plus dur, car certains groupes sont inclassables. Pour bien comprendre la complexité du classement, je vous recommandes de lire Haute Fidélité (Hight Fidelity) de Nick Hornby .

Les pochettes sont des souvenirs, des repères dans mon parcours rock. Je me rappelle où et quand je les ai acheté. Du coup ça me ramène à des souvenirs. A l’inverse essayez de vous rappeler à quelle occasion vous avez téléchargé en MP3 tel album. Ouvrir la pochette d’un disque vinyle réserve aussi des surprises. En plus de la pochette intérieure de protection, on y trouve parfois, un livret de plusieurs pages avec les textes des chansons et des photos, un poster, des cartes postales (l’album blanc des Beatles, Dark Side On The Moon de Pink Floyd), des photos, dessins, lunettes 3D (Of The Bones des Cramps), ou Positive Touch des Undertones destiné aux non voyants. Dans les groupes actuels, Black Angels prend un soin particulier pour ses disques vinyles. Leurs simple/double/triple albums gaufrés sont magnifiquement psychés. Il y a aussi des formats étonnants qui une fois dépliés deviennent des œuvres d’art. Par exemple Black Moses d’Isaac Hayes avec sa pochette en forme de croix, Spectrum le premier album solo de Sonic Boom (Spacemen 3) avec la pochette psyché et la rondelle de plastique qui tourne en explosant les yeux tel l’effet d’un stroboscope.

Par contre le cauchemar absolu, est le dégât des eaux (rien de pire qu’une pochette trempée. Une fois sèche, elle est toute gondolée puis au fil du temps de la moisissure et des auréoles apparaissent).
Allez, je vous laisses, je vais m’écouter le magnifique triple vinyles (avec pochette en sérigraphie pailletée, livret et CD) Heligoland de Massive Attack.

Quelques une de mes pochettes préférées:



Nota : Si vous n’avez pas de disques vinyles chez vous à regarder, alors rabattez-vous sur les magnifiques livres chez l’éditeur Stéphane Bachès dans « Collection Musique ». Ses livres, dont le New Wave Vinyls (interview de l’auteur ici ) , regroupent des reproductions de plus de 600 pochettes de disques.



auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
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